A ce jour, plus de 80 % des océans demeurent inexplorés.

© Unsplash
Biodiversité

Sciences participatives : une application pour devenir un "espion" des fonds marins

Lancée par l’Ifremer, la plateforme "Espions des océans" propose aux citoyens d'analyser plusieurs séries de photographies sous-marines capturées depuis la rade de Brest jusqu’aux sources hydrothermales des grands fonds. Un moyen d’aider les scientifiques à accélérer les recherches sur ces écosystèmes encore méconnus. 

Avis aux explorateurs en herbe. Les scientifiques de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) recherchent des volontaires pour les aider à identifier les espèces qui peuplent les fonds marins. Pour participer, il suffit de se rendre sur l’application "Espions des océans". Lancée en août dernier, cette plateforme rassemble des milliers d’images que les citoyens peuvent inspecter. L’objectif est de retrouver les espèces listées par les scientifiques et de les annoter.  

"Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances spécifiques. Le système est conçu pour être pris en main facilement par n’importe qui", note Catherine Borremans, ingénieure biologiste imagerie et coordinatrice d’"Espions des océans".  

Une plongée dans l'invisible 

Avant de se lancer, trois missions sont proposées aux utilisateurs. Le volet "Espions des récifs profonds" permet d’explorer les coraux d’eau froide dans les canyons sous-marins au large de la Bretagne, à 780 mètres de profondeur. Un autre programme intitulé "Espions des côtes" invite les bénévoles à découvrir les nombreuses espèces de mollusques, de crustacés, d’échinodermes (étoiles de mer) et de vers marins présentes dans la rade de Brest.  

On retrouve également le projet "Espions des grands fonds", lancé en 2016 par l’Ifremer pour observer les sources hydrothermales situées à plus de 1 700 mètres de profondeur dans le milieu de l’Atlantique et le Pacifique. "Nous avions fait appel aux citoyens car nous avions de grandes quantités de données à traiter. Celles-ci provenaient d’observatoires, qui enregistrent des images en continu pendant toute l’année, mais aussi d’engins sous-marins", relève Catherine Borremans. Avec l’application "Espions des océans", les scientifiques étendent leurs recherches et ouvrent de nouveaux horizons aux citoyens, invités à percer les mystères du monde marin.

Accélérer les recherches 

A terme, cette initiative de sciences participatives doit aussi permettre d’élaborer un outil pour automatiser l’identification des espèces. "Les citoyens construisent des jeux de données d’annotation qui vont permettre de développer des approches par machine learning, un domaine d’intelligence artificielle utile pour obtenir des méthodes plus automatisées d’analyse d’images”, explique la coordinatrice d’"Espions des océans", avant d’ajouter : "les citoyens seront de nouveau sollicités pour valider les annotations proposées par l’algorithme."  

Avec les informations recueillies, les chercheurs espèrent faire évoluer les connaissances sur les fonds océaniques, encore largement méconnus. A ce jour, plus de 80 % des océans ne sont pas explorés. 

Vous avez apprécié cette information ? Abonnez-vous à notre newsletter en cliquant ici !  

Pour aller plus loin et agir à votre échelle, découvrez notre guide Idées Pratiques #12 : "Ecologie : gagner plus, dépenser moins”. 

Au sommaire : enjeux, analyses, entretien décryptages... 68 pages pour associer économies avec écologie ! 

Cliquez ici pour découvrir et commander votre guide Idées Pratiques. 

#TousActeurs