A proximité des littoraux, les herbiers de Posidonie permettent d'atténuer l'érosion des plages.
© A. Rosenfeld
Biodiversité

Herbiers de Posidonie : pourquoi et comment les préserver ?

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Aujourd’hui menacés de disparition, les herbiers de Posidonie offrent de nombreux services écosystémiques en Méditerranée. Ce sont notamment d’incroyables puits de carbone et réservoirs de biodiversité. Eclairage.  

On les appelle "les forêts bleues". Souvent confondus avec des algues, les herbiers de Posidonie (Posidonia oceanica) sont des plantes à fleurs sous-marines qui poussent entre 0 et 40 mètres de profondeur. En France, on les retrouve sur certaines parties de la Côte d’Azur et des côtes Corse. "La Posidonie océanique n’existe qu’en Méditerranée. Elle s’est adaptée il y a des millions d’années aux caractéristiques de cette mer", précise Catherine Piante, chargée du programme Posidonie chez WWF France.

Poumon de nos mers 

Espèce endémique, l’herbier de Posidonie joue plusieurs rôles fondamentaux. Il s’agit notamment d’un important puits de carbone naturel. Selon WWF France, il séquestre, dans ses sédiments et sa matte, jusqu’à 5 à 8 fois plus de carbone qu’une forêt tropicale. Poumon de nos mers, cette prairie sous-marine abrite également une multitude de plantes et d’animaux.

En Méditerranée, plus de 50 espèces de poissons vivent dans l’herbier de la posidonie. C’est un refuge et un lieu de reproduction pour plus de 400 espèces végétales et 1000 espèces animales", indique l’ONG. 

A proximité des littoraux, la Posidonie permet aussi d'atténuer l’érosion côtière. "Comme un arbre à terre, les herbiers marins vont perdre des feuilles chaque année. Déposées au fond de la mer, elles vont s’échouer sur les plages de sable pour former des banquettes. Une fois sèches, celles-ci vont permettre de protéger les plages de l’érosion, qui, sans ces Posidonies, auraient tendance à reculer en taille", explique Catherine Piante.

A la découverte des herbiers de posidonie

Protégé en France depuis 1988, ce riche écosystème n’en demeure pas moins menacé. Entre 1970 et 2000, les herbiers marins ont perdu plus de 10 % par décennie de leur étendue, d’après le rapport IPBES 2019 sur l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques. Au total, WWF France estime que 34 % de la Posidonie a disparu sur tout le littoral méditerranéen.

En cause : les activités humaines. "Il y a quelques années, les aménagements côtiers, notamment la construction de ports ou de digues, ont détruit la Posidonie de façon irrémédiable en s’implantant sur son périmètre. Aujourd’hui, le chalutage illégal représente une menace pour l’herbier tout comme les activités de plaisance qui ont explosé", note Catherine Piante. L’ancrage des bateaux arrache les feuilles des herbiers mais abîme aussi leur système racinaire.

Réduire les impacts liés au mouillage 

Afin de lutter contre cette pratique, la Préfecture maritime a interdit aux bateaux de plus de 24 mètres de long de mouiller (autrement dite de jeter l’ancre) dans les herbiers. Pour les autres embarcations, il n’existe pas de réglementation mais des interdictions de mouillage peuvent être mises en place dans certaines zones.

Puits de carbone, les herbiers marins sont également d'importants réservoirs de biodiversité.
© A. Rosenfeld

"Le déploiement de zones de mouillages et d’équipements légers (ZMEL) est une autre solution. Cela permet aux plaisanciers de ne plus jeter l’ancre et de s’amarrer sur des bouées", fait savoir Catherine Piante.

Dans les territoires où ces alternatives ne sont pas encore présentes, des actions peuvent être mises en œuvre par les navigants eux-mêmes. Dans ses recommandations, l’Office français de la biodiversité (OFB) préconise notamment de “rechercher les zones sableuses, plus claires mais aussi de suivre les balisages en place, lorsqu’ils existent”. En Méditerranée, l’application DONIA permet par ailleurs de localiser les habitats sensibles.  

Ces mesures de protection sont d’autant plus nécessaires que la restauration naturelle des zones dégradées peut prendre plusieurs décennies. L’OFB rappelle que la croissance des herbiers est très lente : environ 1 mètre par siècle en dehors de toute pression. 

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