Entre promesses marketing et réalité scientifique, les plantes d'intérieur séduisent autant qu'elles interrogent.
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Vie quotidienne

Ces plantes dépolluent-elles vraiment vos intérieurs ?

Entre promesses marketing et réalité scientifique, les plantes d'intérieur séduisent autant qu'elles interrogent : si elles participent au bien-être domestique, leur capacité réelle à dépolluer l'air reste largement surestimée.  

Solvants, produits d'entretien, peintures… Nos intérieurs concentrent une quantité de polluants jusqu'à 15 fois supérieure à l'extérieur, selon l'INPES. Cette pollution peut avoir des répercussions sur notre santé : maux de tête, allergies, voire intoxications. Ouvrir régulièrement les fenêtres reste donc essentiel pour renouveler l'air. Certaines plantes vertes sont également présentées comme capables d'améliorer la qualité de l'air et donc de protéger vos voies respiratoires. Mais qu'en est-t-il réellement ?

Le spathiphyllum (ou Lys de la paix)

Une plante miracle : c’est ainsi que le spathiphyllum est souvent présenté. Elle dispose de propriétés anti-polluantes inédites selon une étude menée par la Nasa. D'après les chercheurs, elle serait capable d'absorber un grand nombre de substances (ammoniac, benzène, formaldéhyde, toluène, trichloréthylène et xylène). Ses stomates, qui servent à la respiration, à la photosynthèse et à la régulation hydrique, permettent d'absorber efficacement ces polluants.

Autre atout : son entretien est plutôt aisé. Le lys de la paix tolère un manque relatif de lumière et apprécie des arrosages généreux. Elle présente également de jolies spathes blanches, des fleurs aux formes élégantes et caractéristiques. Une plante aussi esthétique qu'utile, qui s’intègre facilement dans tous les types d'intérieurs. Du moins, sur le papier…

L’epipremnum aureum (ou Pothos)

Si vous préférez les plantes qui peuvent grimper ou se suspendre, alors le Pothos est la solution idéale. Même si elle est surnommée le lierre du diable, cette plante a montré des résultats encourageants quant à sa capacité à dépolluer l'air. Selon une seconde étude de la Nasa, elle permet de diminuer la concentration de composés comme le benzène, le xylène ou le formaldéhyde.

Néanmoins, les conditions d'un laboratoire de test et d'un logement sont différentes. On peut alors imaginer que l'efficacité réelle de cette plante est limitée dans des espaces plus vastes, où l'air circule et les fenêtres s'ouvrent. Elle reste tout de même facile d'entretien et arbore un feuillage coloré : un parfait compromis pour votre intérieur.

Des effets largement surestimés 

Même si ces plantes sont souvent présentées comme miraculeuses, la priorité reste de limiter la pollution à la source. Comme le rappelait déjà l'ADEME en 2013, l'argument "plantes dépolluantes" n'est pas validé scientifiquement. Les niveaux de pollution rencontrés sont bien trop importants pour que quelques plantes installées dans son logement suffisent à améliorer significativement la qualité de l'air. 

"La priorité reste la prévention et la limitation des sources de pollution (entretenir les chauffe-eau et chaudières, réduire l'utilisation de produits chimiques ménagers...) accompagnées d'une ventilation ou plus généralement d'une aération des locaux (entretien du système de ventilation, ne pas bloquer les orifices d'aération, ouvrir les fenêtres quelques minutes tous les jours…)", conclut un rapport de l'organisme public.