Alors que le secteur du tourisme est appelé à réduire drastiquement son empreinte carbone dans les prochaines années, comment voyager sans renoncer à la liberté qu'offre la voiture ?
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Société

Cet été, comment privilégier les transports en commun plutôt que la voiture pour voyager ?

Chaque été, des millions de Français prennent la route des vacances. Si ce rituel est profondément ancré dans les habitudes, il constitue aussi l'une des principales sources d'émissions de gaz à effet de serre liées au tourisme. Alors que le secteur est appelé à réduire drastiquement son empreinte carbone dans les prochaines années, comment voyager autrement sans renoncer à la liberté qu'offre la voiture ?

Le tourisme représente près de 8 % du PIB français et fait vivre environ 2 millions de personnes. Chaque année, six Français sur dix partent en vacances. Mais cette activité est également responsable d'environ 11 % des émissions nationales de gaz à effet de serre. La mobilité en constitue de loin la principale source : près de 70 % de ces émissions sont liées aux déplacements des voyageurs.

Pour respecter les objectifs de l'accord de Paris, l'Agence de la transition écologique (Ademe) estime que les émissions du secteur devront diminuer de 40 à 50 % d'ici à 2030, par rapport à leur niveau de 2018. Un objectif qui passe nécessairement par une évolution des modes de transport.

Pourquoi la voiture reste la reine des vacances

Malgré les préoccupations environnementales, la voiture demeure largement dominante. En France, elle représente 79 % des arrivées touristiques, qu'il s'agisse des vacanciers français ou étrangers.

Ce choix ne s'explique pas uniquement par des questions pratiques. Selon un sondage IFOP réalisé en juin 2024 pour Roole, la voiture est avant tout associée à un imaginaire positif. 82 % des personnes interrogées y voient un symbole de liberté, 60 % apprécient sa capacité de chargement et 57 % évoquent le plaisir de conduire.

À ces arguments s'ajoute un sentiment de maîtrise. Contrairement au train ou aux transports collectifs, la voiture permet de partir à l'heure souhaitée, de modifier son itinéraire et d'éviter certaines contraintes comme les correspondances, les retards, les grèves ou l'affluence dans les gares.

Autre frein souvent évoqué : la question du"dernier kilomètre". Même lorsque le train dessert une destination, rejoindre son lieu de vacances peut s'avérer compliqué sans véhicule.

Un imaginaire largement entretenu

Cette préférence pour la voiture est aussi alimentée par la publicité. En 2023, les dépenses de communication commerciale consacrées aux voitures particulières ont atteint 1,885 milliard d'euros, contre 607 millions d'euros pour les voyages en avion et les croisières.

Les SUV concentrent à eux seuls 65 % des publicités automobiles. À l'inverse, les campagnes en faveur du vélo ou des transports collectifs restent très discrètes. Surtout, les messages diffèrent : là où les constructeurs automobiles mettent en scène l'évasion, l'aventure et la liberté, les campagnes pour les mobilités durables insistent davantage sur la responsabilité environnementale, un registre souvent moins attractif.

Rendre les alternatives plus simples

Pour réduire la place de la voiture, les spécialistes estiment qu'il ne suffit pas d'inciter les voyageurs à changer leurs habitudes. Encore faut-il leur proposer des alternatives crédibles.

Cela passe d'abord par le développement des transports collectifs dans les territoires touristiques. Des liaisons ferroviaires plus fréquentes, des réseaux de bus mieux connectés ou encore des navettes vers les principaux sites touristiques permettraient de limiter la dépendance à la voiture, tout en renforçant l'attractivité de destinations aujourd'hui moins accessibles.

La question du dernier kilomètre est centrale. Pouvoir poursuivre facilement son trajet après une arrivée en gare grâce à des bus, des vélos en libre-service ou des véhicules partagés est un levier essentiel pour convaincre davantage de voyageurs.

L'autopartage, une solution complémentaire

Parmi les pistes de développement figure également l'autopartage. Le principe consiste à mettre à disposition des véhicules que plusieurs utilisateurs peuvent réserver ponctuellement, comme le proposent des réseaux tels que Citiz.

Cette pratique poursuit sa progression. Selon le baromètre de l'Association des acteurs de l'autopartage, la France comptait plus d'"un million d’abonnés" en 2025. Un utilisateur actif sur cinq y a recours pour partir en vacances ou en week-end.

L'autopartage permet ainsi de combiner les avantages des transports collectifs pour les longues distances avec l'usage ponctuel d'une voiture une fois sur place. Une solution qui pourrait contribuer à réduire le nombre de véhicules individuels sur les routes tout en conservant une certaine flexibilité pour les vacanciers.

Au-delà du choix individuel, la transition vers un tourisme moins émetteur dépendra donc largement des investissements réalisés dans les transports collectifs et les services de mobilité. Car si les Français sont nombreux à vouloir réduire leur impact environnemental, encore faut-il que les alternatives à la voiture soient accessibles, pratiques et suffisamment attractives.