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À Rennes, la Maison du mieux-être solidaire permet à chacun de se ressourcer

Le salon de coiffure de la Maison du mieux-être solidaire, à Rennes, accueille aussi bien des clients à la recherche d’un moment privilégié que des personnes touchées par une maladie ou un handicap.
Charlotte Hervot

À Rennes, la Maison du mieux-être solidaire permet aux plus modestes de bénéficier de séances de relaxation, à des prix abordables. L'objectif est d'étendre cette offre à d'autres soins proposés.

Des tapis de yoga et des plaids dans la salle de relaxation, une seule vasque dans le salon de coiffure particulier… La Maison du mieux-être solidaire, construite grâce au budget participatif à Rennes, a tout d’un espace détente classique. La salle de thérapie en plus. Une fois par semaine, Hélène, une "grande anxieuse" au quotidien, pousse la porte de cette discrète bâtisse inaugurée en novembre, dans le quartier Sud-Gare. 

Pendant une heure, elle se délasse au son de la voix douce de Mona André-Burato, relaxologue et sophrologue en formation. Pas toujours facile, d’autant que la trentenaire n’est pas la seule à profiter de ce moment de détente. À chaque séance en collectif, la praticienne accueille trois personnes dans son petit bureau parfumé aux huiles essentielles et éclairé par la lueur d’une lampe de luminothérapie. 

"Des outils pour affronter le quotidien"

"C’est mon petit luxe du jeudi", s’enthousiasme Hélène avant de se déchausser. Un "moment privilégié" qu’elle n’aurait pas pu s’offrir sans la carte Sortir !. Ce dispositif local permet d’accéder, à moindre coût et sous conditions de ressources, à des activités variées. "Je l’utilise plutôt pour aller au ciné ou à la piscine. C’est ma sixième séance, compte-t-elle. La carte m’a permis de tester. Sans ça, je n’y serais pas allée." Ici, cinq séances de relaxation en petit groupe lui coûtent 20 €. 

Anthony, un grand bouclé de 37 ans "en reconstruction", est aussi là grâce à la carte Sortir !. Il vit avec 800 euros par mois. Pour lui, ces séances lui apportent "des outils pour affronter le quotidien" et favorisent l’égalité des chances. "Quand on est en difficulté financière, ça engendre d’autres problèmes, comme le manque de sommeil. Ça joue sur le quotidien, confie-t-il. Et dans une société de compétition comme la nôtre, il faut pouvoir aller bien, ce qui est difficile en situation précaire. Ici, on a la possibilité de se ressourcer quand ce n’est pas possible de le faire chez soi."

Zina Bani, thérapeute systémique et Mona André-Burato, relaxologue (debout) ont fondé la Maison du mieux-être solidaire à Rennes. Elles ont ensuite été rejoint par une esthéticienne, socio-esthéticienne, coiffeuse et socio-coiffeuse et une conseillère en image.
©Charlotte Hervot

Les ateliers de Mona André-Burato, par ailleurs animatrice sociale depuis 15 ans, sont pour l’instant les seules prestations de la Maison du mieux-être accessibles à ce tarif. Avec Zina Bani, thérapeute systémique et également animatrice sociale, elle espère développer ces tarifs à toutes les activités de la Maison du mieux-être solidaire : comme les soins esthétiques, le conseil en image ou la coiffure. Mona André-Burato insiste, "c’est quelque chose qui nous tient à coeur".

"Socio-esthéticienne et socio-coiffeuse"

En attendant, chacune développe son activité en libéral. Avec quelques spécificités. Dans son salon particulier, au bout de la maison, Lydie Bellanger exerce comme coiffeuse et socio-coiffeuse. Elle explicite : "Je suis une diplômée de la Soco-Academy, et donc formée pour travailler dans le milieu social et médical." Elle reçoit aussi bien des clients à la recherche d’un moment privilégié que des personnes touchées par une maladie ou un handicap. 

"Si je rencontre une maman avec un enfant autiste, il se peut qu’on ne fasse pas la coupe au premier rendez-vous, le temps d’instaurer un lien de confiance. Dans un salon classique, le téléphone sonne, on n’a pas forcément le temps de créer ce lien, illustre Lydie Bellanger. Je peux aussi accompagner une personne qui apprend qu’elle va perdre ses cheveux à cause d’un cancer."

Les mois prochains, les six professionnelles pourraient aussi développer leurs activités hors les murs, via leur association Développement social humain de proximité (DSHP) : dans un institut médico-éducatif, un hôpital psychiatrique ou un centre social.