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DOSSIER PARTENAIRE

Emmaüs France : un appel à projets autour de l'agriculture et de l'alimentation durable

Emmaüs France a lancé un nouvel appel afin d'accompagner le développement de projets autour de l’agriculture et de l’alimentation. 
©Emmaüs France DR

La Fondation Carrefour s'engage en faveur de la transition alimentaire solidaire en soutenant des projets axés sur l'anti-gaspillage solidaire, l'agriculture durable et solidaire, et/ou l'engagement sociétal. ID vous propose un dossier spécial publié à l'occasion de ses 20 ans : zoom sur l’un des projets qu’elle soutient aux côtés d’Emmaüs France.

Il a été fondé par l’Abbé Pierre il y a 70 ans. De quoi s'agit-il ? Du mouvement Emmaüs, évidemment. Outre ses 120 communautés, c'est-à-dire des lieux d’accueil inconditionnels qui se consacrent à divers programmes en lien avec le développement durable, il compte également 77 structures d'action sociale et de logement, ainsi que 51 structures d’insertion par l’activité économique*, dont le cœur de métier est le réemploi. 

Retrouvez l'ensemble de notre dossier sur la transition alimentaire solidaire par ici !

Les structures Emmaüs ont souhaité contribuer davantage à la transition écologique, et aller au-delà de l’économie circulaire, en développant des projets agricoles. Une manière d'élargir ses leviers d'insertion tout en s'intéressant de près à la recherche d'une alimentation et d'une agriculture plus durables pour tous. 

"La mission agriculture a été fondée en 2019, précise Casilde Gratacos, chargée de mission Agriculture pour Emmaüs France. Elle est née du constat que de plus en plus de structures Emmaüs voulaient développer des projets autour de l’agriculture et de l’alimentation. Nous avons constaté un engouement croissant pour ces questions et, depuis 2016, Emmaüs France a lancé une dynamique d’essaimage de la ferme de Moyembrie, une ferme d’insertion qui propose à des détenus en fin de peine un accueil à la ferme, avec un contrat d’insertion, autour d’activités de maraîchage et d’élevage biologiques. Nous avons une convention d’objectifs avec l’administration pénitentiaire pour dupliquer ce projet dans chaque inter-région pénitentiaire de France."

©ID, L'info durable

Questionner le système alimentaire

Pour poursuivre cette dynamique, Casilde Gratacos a rencontré la Fondation Carrefour. qui s'est montrée très intéressée par la nouvelle mission agriculture de l’association : grâce à son soutien, Emmaüs France a mis en place un premier appel à projets en 2019 afin de faire émerger des idées autour de l’agriculture. "On s’est rendu compte qu’il y avait un énorme engouement autour de ces questions car l’agriculture est un excellent support d’insertion, permettant d’accueillir différemment les personnes et de leur offrir une activité différente qui peut correspondre à certains profils", commente la chargée de mission. Et cela nous permet également de diversifier les activités proposées aux personnes accueillies, tout en renforçant l’ancrage territorial des structures. Cela permet de questionner le système alimentaire actuel : les modes de production, de consommation, les circuits courts, l’alimentation saine pour tous et de commencer à se réapproprier ces questions."

Fin août 2020, la mission a lancé un nouvel appel afin d'accompagner le développement de nouveaux projets autour de l’agriculture et de l’alimentation. Celui-ci a été également soutenu par la Fondation Carrefour. "L'idée est d’élargir le soutien aux projets d’alimentation durable. Il y a plein d’idées à développer autour de l’accessibilité à l’alimentation saine, des projets de circuits courts", d'ajouter Casilde Gratacos.

L'objectif de cet appel à projets était double : un volet agricole productif ciblait les projets permettant d’augmenter la résilience des structures, en favorisant l’autonomie alimentaire ou la diversification de sources de revenus ; un volet concernait les initiatives d’alimentation durable, comme l’amélioration de l’approvisionnement alimentaire, l’artisanat alimentaire, et les points de vente collectifs en lien avec les producteurs locaux… "Nous nous sommes dit qu’il fallait soutenir les structures Emmaüs s’intéressant à l’alimentation saine mais ne possédant pas de surfaces productives… La question de l’alimentation durable va en effet bien au-delà de la production et passe aussi par la distribution et la consommation. Sur les circuits courts, nous sommes persuadés que les structures Emmaüs, avec leurs 470 points de vente en France, disposent d’atouts pour développer la vente de produits alimentaires locaux" remarque la chargée de mission Agriculture. 

Des projets variés

En bref, côté alimentation, ont été pris en compte par exemple pour les projets internes visant à améliorer l'alimentation des personnes accueillies : la création d’ateliers pédagogiques d’éducation à l’alimentation, les ateliers cuisine, l'introduction de produits locaux dans la restauration collective, l'élaboration de nouveaux menus, l'introduction de repas végétariens... Pour les projets de création d'activité génératrices de revenus : l'activité de restauration sociale, la création d'un atelier de transformation de produits locaux, les productions artisanales alimentaires à base de récupération d'invendus… Et côté agriculture, ont été notamment étudiés les projets de fermes, les activités agricoles en circuit court… Sous réserve de remplir plusieurs autres conditions (dont la viabilité économique et les synergies avec le monde agricole local). 

Emmaüs France, en plus du soutien financier, va ainsi proposer accompagnement individuel et collectif aux lauréats, qui ont été désignés fin décembre 2020 : Emmaüs Norges, Le Village, la Ferme de Moyembrie, la Ferme Emmaüs Baudonne et Source d'Envol pour le volet agriculture, et Emmaüs Primelin, Emmaüs Roya, Emmaüs Solidarité - CHRS Lataste, Emmaüs Solidarité - CHRS Bois de l'Abbé, Tero Loko, Emmaüs Pamiers, pour le volet alimentation durable. 

*Les trois branches d’Emmaüs 

Emmaüs, c’est 290 structures en France dans 85 départements, organisés en trois grandes branches. Le détail, par Casilde Gratacos :

  • Branche communautaire : 120 communautés, lieux d’accueil, de vie, d’activité et de solidarité, qui fonctionnent sans aucune subvention et uniquement grâce à la récupération d’objets. Cette autonomie financière leur permet d’être innovantes, et libres de leurs actions. La personne accueillie à la communauté reste le temps qu’elle souhaite, avec pour seule obligation de respecter les règles de vie communes. Fidèles à l’accueil inconditionnel, les communautés accueillent des personnes de tous horizons et permettent de se « refaire une santé », de retrouver les repères d’une vie sociale organisée. Elle procure la fierté de se sentir à nouveau utile, et donne un sens à la vie en se mettant au service des plus démunis, grâce aux nombreuses actions de solidarité réalisées.
  • Branche action sociale et logement (80 structures) : Les structures d’accueil, d’hébergement et de logement (16 en 2020) proposent des solutions en matière d’accueil, d’accompagnement social, d’hébergement et de logement pour les personnes les plus démunies. Elles mènent des actions diverses : intervention et accompagnement social (maraudes, lutte contre l’illettrisme, accès aux droits, prévention spécialisée), accueil de jour, hébergement d’urgence, hébergement de réinsertion sociale, intermédiation locative, logement des personnes ayant de faibles ressources, et, enfin, gestion, construction et réhabilitation de logements sociaux. Les SOS Familles Emmaüs (61 en 2020), quant à eux, soutiennent les ménages en situation de précarité financière en les conseillant sur la gestion du budget familial et en leur apportant une aide financière remboursable, sans frais ni intérêt. Ils agissent en lien direct avec les services sociaux, qui orientent vers eux les personnes en situation de mal-endettement, et préviennent ainsi les risques de surendettement.
  • Branche économie solidaire et insertion (90 structures) : Effectuant la même activité que les communautés, les comités d’amis sont au nombre de 42. Portés par des équipes de bénévoles, certains comités d’amis accueillent aujourd’hui des salariés en contrat d’insertion, mais également des personnes devant effectuer des travaux d’intérêt général (TIG). Les recettes dégagées sont consacrées à des actions de solidarité : aide aux familles, soutien aux associations locales, participation aux projets d’Emmaüs international, etc. A leurs côtés, 51 51 structures d’insertion (chantiers d’insertion et entreprises d’insertion) mènent une action d’insertion sociale et professionnelle originale, en s’attachant à employer des personnes en très grande difficultés, les plus éloignées du monde du travail. Durant leur parcours au sein des structures d’insertion d’Emmaüs, on leur propose un accompagnement global et adapté, qui permet d’aborder un certain nombre de problématiques autres que le professionnel  (logement, santé, budget), et ainsi de favoriser l’intégration future dans des emplois durables.

Toutes ces structures sont fédérées par des valeurs très fortes que sont la solidarité, l’accueil inconditionnel, l’autonomie par l’activité, le développement durable et la capacité à se mobiliser (la parole politique)."

En partenariat avec la Fondation Carrefour.

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