Santé

Slow sex : l'amour au ralenti

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Diana Richardson, auteure de l’ouvrage Slow Sex, Faire l’amour en conscience, nous explique les bienfaits de l’amour au ralenti.

Ralentir est à la mode. Slow food, slow travel, slow life. Et même « slow sex ». Un concept porté en premier lieu par Diana Richardson, auteure de plusieurs ouvrages, dont Slow Sex, Faire l’amour en conscience, paru en 2013, et plus récemment d’un ouvrage à destination des adolescents et jeunes adultes, co-écrit avec Wendy Doeleman, intitulé Cool sex, sorti en librairie en février 2018. Diana anime, depuis 1993, des séminaires pour les couples, avec son conjoint Michael Richardson. Elle a répondu à nos questionnements sur le « slow sex ».

Ramener de la conscience dans l’acte sexuel

Diana Richardson explique dès l’introduction de son ouvrage qu’elle a été inspirée par le mouvement du « slow food », en particulier par l’ouvrage de Marc David, The Slow Down Diet : Eating for Pleasure, Energy and Weight Loss. Ce nutritionniste de formation explique notamment que ralentir et apporter relaxation et conscience lors de nos repas a des effets bénéfiques sur la digestion, l’assimilation et le maintien d’un poids approprié. Pour l’auteure de Slow Sex, Faire l’amour en conscience, ce même raisonnement est transposable à la sexualité. Ainsi, redevenir présent et conscient, en suivant les principes de la méditation de pleine conscience, permet de rendre l’acte sexuel plus épanouissant.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? « Le terme de « slow sex » lui-même prête à confusion. Il ne s’agit pas simplement de ralentir, mais surtout de redevenir conscient, explique la spécialiste. En étant plus attentif à ce que l’on fait de manière générale -marcher, parler, cuisiner- tout devient plus plaisant. »

L’idée, transposée au sexe, est de s’affranchir de tout objectif de performance. Ainsi, le « slow sex » s'oppose à une habitude bien ancrée : ici, la recherche de l’orgasme n’est pas l’objectif. Pour Diana Richardson, se focaliser sur l’orgasme empêche d’être concentré sur le moment présent, et d’apprécier les sensations du corps.

Prendre le temps de faire l’amour

Concrètement, comment faire ? Il n’y a pas une technique universelle, mais la préconisation est bien celle de « prendre le temps » de faire l’amour. En planifiant des rendez-vous dédiés, de 45 minutes minimum, voire de trois ou quatre heures, idéalement. En se fixant un bon rythme : deux, trois ou quatre fois par semaine. En aménageant un « espace sacré » pour se sentir bien. A vous de jouer ensuite, en tentant de rester ancré dans le moment présent. En reprenant contact avec soi-même, via la relaxation, et en se focalisant sur sa respiration, pour ne pas se laisser parasiter par ses pensées. Vient ensuite la prise de contact avec son partenaire avec le « regard réceptif ». Plusieurs pratiques sont conseillées, à commencer par la pénétration douce : extrêmement lente, millimètre par millimètre en s’arrêtant en cours de route pour apprécier chaque moment.

Retrouver de la simplicité

Les bénéfices de cette « sexualité douce » sont nombreux, explique Diana Richardson. « Dès lors qu’il y a plus de conscience, il y a plus de confiance en soi. » « De nombreuses personnes sont confrontées à des problèmes dans leur sexualité, liés à des traumatismes ou de l’insécurité. Les gens se sentent mal s’ils ne parviennent pas à atteindre l’orgasme. Cela vient d’une incompréhension de ce qu’est le sexe. » L’experte explique que le « slow sex » peut notamment aider les femmes ayant été brusquées dans leur rapport au sexe ou certains hommes, même jeunes, qui sont confrontés à des problèmes (d’érection, d’éjaculation précoce…). Pour elle, « si le rapport au sexe est perturbé, le reste de sa vie est impacté. » Ainsi, « en changeant sa façon de faire l’amour, en retrouvant de la simplicité, le reste de sa vie peut changer. C’est un challenge, précise-t-elle, mais cela en vaut la peine. »