Edito

Pollution de l'air : quand respirer tue

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La pollution de l’air est responsable de nombreuses morts prématurées, ont rappelé l'agence européenne de l'environnement et l'OMS cette semaine. Face à ce constat, quelles mesures seront prises pour que l’on puisse enfin respirer un air sain ?

L’air que nous respirons est trop pollué. Particules, dioxyde d’azote, ozone… Les concentrations de ces polluants sont toujours bien trop élevées, en particulier dans les grandes agglomérations. Le problème n’est pas nouveau, mais les derniers chiffres publiés cette semaine font froid dans le dos. En Europe, la pollution aux particules PM2,5 était responsable en 2015 de 422 000 décès prématurés, a alerté l’agence européenne pour l’environnement (AEE) dans un rapport publié le 29 octobre 2018. Au niveau mondial, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est penchée sur les effets de la pollution sur les jeunes enfants. Dans un rapport publié le même jour, l’OMS fait état de son côté de 600 000 enfants décédés d’infections respiratoires en raison de la qualité de l’air. Ce sont même 93 % des enfants de moins de 15 ans qui respirent un air pollué, qui peut être nocif pour le développement de nombreuses manières, précise l’organisme. En cause : la pollution de l’air extérieur mais également de l’air intérieur.

Affaire à suivre ?

Ces deux rapports ont été publiés la veille du lancement de la première conférence mondiale sur la pollution de l’air et la santé qui s’est tenue à Genève du 30 octobre au 1er novembre. L’objectif de l’OMS, à l’origine du rassemblement : diffuser "un appel à action urgente". Ici aussi, la réduction des émissions de gaz à effet de serre est une nécessité. Mais les mots seront-ils suivis d’actions ? Espérons-le. Et en attendant, tentons de nous protéger cependant.

Heureusement, sur ce sujet-là aussi, la société civile se bouge. Respire, l’association nationale pour la prévention et l’amélioration de la qualité de l’air met en œuvre de nombreuses actions de prévention. Nous parlions il y a quelque temps de l’application lancée par l’association afin de connaître et signaler les zones polluées autour de chez soi et des recours formés par des citoyens victimes de la pollution de l’air. Et à notre échelle, en attendant que des mesures fortes soient mises en œuvre, nous pouvons prendre quelques précautions. A l’extérieur, favoriser les sports doux, éviter les grands axes et vérifier la qualité de l’air avant de faire du sport en ville. A l’intérieur, aérer quotidiennement, éviter les produits ménagers toxiques ou d’autres sources de pollution, telles que les bougies et l’encens.