Santé

No Poo : ils disent adieu au shampoing industriel

De plus en plus de personnes prennent soin de leurs cheveux sans shampoing.
©Pete Bellis / Unsplash

De plus en plus de consommateurs bannissent le shampoing industriel de leur salle de bains. Pas question pour autant de ne pas prendre soin de leur chevelure !

Depuis plus d’un an, Amandine, 34 ans, n’a pas ouvert une bouteille de shampoing. Et pourtant, ses longs cheveux frisés respirent la santé et attisent les convoitises. Son secret ? la jeune femme fait partie des adeptes du No Poo. Le diminutif de “no shampoo”, pas de shampoing.

Santé, protection de l’environnement, simplicité, économies financières : les motivations des partisans du No Poo sont nombreuses. Hélène, la trentaine également, s'"intéresse au minimalisme depuis plusieurs années et aspire à une vie plus simple en général". Marie, elle, va partir faire un tour du monde en van : "Toute astuce pour économiser de l’eau est une aubaine".

Karine Touya, animatrice des ateliers de cosmétiques naturels Selon George, constate au quotidien cet engouement pour un retour au naturel. De plus en plus de personnes se disent lassées par les polémiques autour des cosmétiques.

Si elle insiste sur le fait que "les shampoings industriels ont un dosage très étudié, pour être les moins irritants et les moins allergènes possibles" et que, "utilisés normalement", ils ne représentent pas de risque (d’autant qu’ils sont rincés), le Dr Haudrey Assier, dermatologue à l’hôpital Henri Mondor à Créteil, confirme l’intérêt croissant de ses patients pour le naturel.

Des apprentis chimistes

Qui dit No Poo ne dit pas pour autant négligence. Compote de pommes, oeufs, bicarbonate de soude, banane, bière, miel, huile de coco… les ingrédients utilisés par les fans de No Poo sont souvent accessibles dans la cuisine ! A ceux qui doutent, Karine Touya l’affirme : certains produits ont un pouvoir lavant. D’autres hydratent ou nourrissent. "Le jaune d’oeuf, par exemple, contient de la saponine, il est très intéressant. Je conseille aussi l’argile blanche ou le rhassoul, des terres qui lavent."

Aujourd’hui, Amandine n’utilise plus que de l’eau et du vinaigre de cidre de temps en temps. "La clé c'est de brosser ses cheveux matin et soir pour aider à enlever les poussières et répartir le sébum", explique-t-elle. Karine Touya nuance : "il n’y a pas de solution miracle, applicable à tous". Mais effectivement, en oxygénant suffisamment le cuir chevelu avec une brosse, il est possible de bannir - au moins pendant quelques semaines - les lavages.

C'est désormais pour moi un acte citoyen, militant et anticapitaliste.

Une quête du graal

Concevoir sa routine de soins capillaires représente une quête du graal semée d’embûches ! Il va falloir tâtonner, sans se décourager, et accepter une période d’adaptation avant de trouver SA recette. Hélène en a fait les frais : "j'ai testé un lavage à la farine de pois chiche. L'odeur était tellement insupportable que j'ai failli vomir sous ma douche." Autre échec pour elle, le savon d’Alep : "je me suis retrouvée avec une crinière de sorcière : un volume de fou mais des cheveux quand même gras et emmêlés. Pas terrible !", s’amuse-t-elle.

Le Dr Assier conseille cependant de ne pas jouer les apprentis sorciers, au risque de développer des allergies ou des irritations qui peuvent parfois être graves. "Le citron, exposé au soleil, peut provoquer des brûlures", avertit-elle, par exemple. Et les huiles essentielles peuvent être très allergisantes.

Réfléchir à sa consommation

Une fois la recette adaptée à leurs propres cheveux identifiée, les trois jeunes femmes sont enthousiastes. "Finies les démangeaisons du cuir chevelu, j’ai espacé les lavages et mes pointes sont moins sèches", se félicite Marie, qui souligne également le gain financier.

Au-delà de l’aspect ludique et beauté, les trois jeunes femmes revendiquent une démarche engagée. "C'est désormais pour moi un acte citoyen, militant et anticapitaliste, confie Amandine. Ça me permet d'avoir une réflexion plus globale sur la consommation et les différentes alternatives pour mieux et moins consommer."