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Santé

Kinder, Buitoni... Après des rappels de produits, les contrôles alimentaires en question

Des contaminations par la bactérie Escherichia coli (E.coli) dans des pizzas Fraich'Up de la marque Buitoni ont été détectées.
©FRANCOIS LO PRESTI/AFP

La bactérie E.coli dans les pizzas, des salmonelles dans les chocolats, la listéria dans les fromages... Les rappels de produits se multiplient ces derniers jours. Quelles sont les étapes de contrôles alimentaires en France ? 

Les rappels massifs de pizzas Buitoni (groupe Nestlé), de chocolats Kinder (Ferrero), de fromage Graindorge (Lactalis) soulèvent des questions sur la sécurité alimentaire en France et en Europe, qui repose beaucoup sur l'autocontrôle des entreprises agroalimentaires, tandis que les effectifs d'administrations de contrôle ont diminué.

Quelle réglementation ?

Des produits Kinder soupçonnés d'avoir causé des cas de salmonellose en Europe ont été rappelés ces derniers jours, tandis que Buitoni a ordonné un rappel massif de pizzas surgelées après plusieurs cas graves d'enfants contaminés par la bactérie Escherichia coli.

L'ONG Foodwatch a tonné mercredi contre la faiblesse du modèle de sécurité alimentaire en vigueur en France comme en Europe. Ce sont les entreprises, notamment agroalimentaires, qui ont "l'obligation de faire des autocontrôles pour s'assurer qu'elles ne commercialisent que des produits non dangereux pour la santé", a expliqué Karine Jacquemart, sa directrice générale. En février 2019, la Cour des comptes en France avait regretté que des "insuffisances subsistent à toutes les étapes de la chaîne de contrôle de la sécurité sanitaire de l'alimentation, depuis les autocontrôles réalisés par les entreprises jusqu'à la publication des résultats des inspections".

Comment est-elle contrôlée ?

"C'est compliqué de faire reposer la sécurité des consommateurs sur les épaules d'une entreprise à qui on va demander de rechercher le profit maximum", souligne Roland Girerd, secrétaire général de Solidaires CCRF & SCL, d'autant que les moyens des administrations censées contrôler ces autocontrôles s'amenuisent. Son syndicat dénonce depuis des années la réduction des effectifs dans son administration, la DGCCRF, chargée de contrôler la sécurité et la conformité des produits, et dans les laboratoires qui les analysent.

Dans le Nord, où est implantée l'usine Buitoni mise en cause, les effectifs de la DGCCRF sont par exemple passés selon lui de 57,3 équivalents temps plein (ETP) en 2016 à 52 en 2020. Au global, les effectifs de la DGCCRF ont fondu de près de 30 % entre 2007 et 2020, de 3656 à 2673 agents. Les contrôles inopinés restent possibles, mais "il faut du temps, des effectifs, des moyens", poursuit Roland Girerd, alors que les alertes reçues par la DGCCRF se multiplient, passées de 1169 en 2016 à 1900 en 2020. L'essor, notamment, du commerce en ligne a aussi démultiplié le champ des contrôles.

Quels moyens de contrôle?

Plus généralement, les personnels réalisant des contrôles sanitaires sur les aliments sont rattachés au ministère de l'Agriculture (DGAL), au ministère de l’Économie (DGCCRF) et au ministère de la Santé. Or leurs moyens humains "ne permettent pas de couvrir, par un contrôle de premier niveau, une part significative des établissements de certains secteurs", notait la Cour des comptes en 2019.

La Cour citait le cas de "la remise directe au consommateur" - la distribution d'aliments et de restauration -, estimant que le taux de couverture de ce secteur "atteint par les services de contrôle" était de 9 % pour la DGAL et de 4 % pour la DGCCRF.

Foodwatch regrette aussi la faiblesse des sanctions qu'encourent les entreprises défaillantes. "Ce type d'affaire va rarement jusqu'au tribunal. Les fabricants s'en sortent trop souvent en toute impunité", dénonce l'ONG, qui souhaite des sanctions "dissuasives et exemplaires, pour que tous les opérateurs prennent leurs responsabilités".

Système d'alerte européen

Dans l'espace économique européen, le contrôle de la production dépend par ailleurs des autorités d'implantation des sites, y compris si le produit est commercialisé sur le marché français. L'Union européenne dispose toutefois d'un mécanisme d'alerte international (Rapid Alert System for Food and Feed), déclenché notamment lors de la crise de la contamination à l'oxyde d'éthylène, qui entraîne aujourd'hui encore et depuis novembre 2020 le retrait de nombreux produits.

Si Foodwatch a salué "la réactivité des autorités sur l'enquête liée à Buitoni", elle "s'interroge sur le délai de réaction concernant les œufs Kinder", l'alerte ayant été donnée en Europe le 25 mars. Mais "les autorités britanniques ont informé les citoyens dès le 2 avril. La Belgique d'où est partie la contamination Ferrero a procédé au rappel le 4 avril. Les autorités françaises ont envoyé un communiqué mardi 5 avril", détaille l'ONG.

Avec AFP. 

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