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Santé

Hôpital : la transition écologique s'opère aussi dans les blocs

Le secteur hospitalier serait responsable de 700 000 tonnes de déchets par an.
©sfam_photo/Shutterstock

Gaz anesthésique, consommation d’énergie, déchets plastiques, le milieu hospitalier génère aussi de la pollution. Face à ce constat, certaines pratiques émergent dans les blocs opératoires pour réduire l’empreinte écologique des actes chirurgicaux. ID fait le point.

Au Royaume-Uni a eu lieu la première opération "zéro émission nette" au monde. Fin mai, le Solihull Hospital, dans le West Midlands, a réalisé une opération du cancer de l’intestin en réduisant les émissions carbones. Utilisation d’un liquide anesthésiant à la place du gaz et réduction de l’usage d’appareils électriques, plusieurs techniques ont été mises en place lors de cet acte chirurgical pour le rendre moins polluant. Selon le Réseau CHU, une opération génère en moyenne 27 kg de déchets. Le bloc opératoire s’avère donc un lieu particulièrement polluant, mais dans lequel il est aujourd’hui possible de réduire l’impact environnemental sans dommage pour la santé des patients. ID fait le point sur les solutions pour un bloc vert.

La gestion des déchets

L’hôpital serait responsable de 700 000 tonnes de déchets par an selon le guide pratique du la Société Française d’Anesthésie et de réanimation (SFAR), publié en 2021. Certains établissements tentent de réduire leurs déchets. Le CHU de Toulouse a par exemple mis en place le "Green bloc" afin d’améliorer leur traitement au sein des salles d'opération. Ceux-ci sont répartis en deux catégories : les DAOM (Déchets assimilés aux Ordures ménagères) et les DASRI (Déchets d’Activité de Soins à Risques Infectieux). Les deux types de déchets ne sont pas traités de la même manière. Tandis que les DAOM sont compactés avant d’être incinérés, les DASRI ne le sont pas, générant une plus grande quantité de CO2 lorsqu’ils sont brûlés. Interrogée dans le Social Lab, Charlotte Martin, médecin anesthésiste et initiatrice du projet, expliquait qu’avec l’opération "Green Bloc", les déchets DAOM étaient passés de 60 à 80% et les DASRI de 40 à 20%.

Certains types de déchets pourraient même être évités selon le guide pratique de la SFAR. Et ils sont nombreux. On recense le matériel à usage unique, qui, par son abandon, "permettrait de réduire de 53% le volume de déchet". D’autres déchets sont inutilement produits lorsque les dispositifs médicaux sont retirés de leurs emballages et restent inutilisés. C’est le cas par exemple des gants, des compresses ou des fils de suture.

Les gaz anesthésiques

Les produits anesthésiants représentent aussi une source non négligeable de pollution. Desflurane, sevoflurane, protoxyde d’azote, la plupart des anesthésiants utilisés sont considérés comme gaz à effet de serre. Lors de l’opération ils sont principalement rejetés par l’organisme du patient qui n’en synthétise qu’une part, mais aussi par les prises de sortie d’évacuation du gaz anesthésique dans les salles d'opération. Certains hôpitaux ont donc choisi d’abandonner le protoxyde d’azote comme les Hôpitaux universitaires de Marseille. Plusieurs pratiques permettent aussi de mieux contrôler le volume de gaz émis lors de l’opération comme le réglage du débit de gaz frais ou un système de recapture des gaz anesthésiques que recommande le guide pratique du SFAR.

Consommation énergétique

En octobre 2021, le Ségur de la santé a fixé un objectif de réduction de la consommation énergétique dans les établissements de 40 % en 2030 et de 60 % en 2050. Selon l’ADEME, les établissements du secteur de la santé sont responsables de 2 % de la consommation d’énergie nationale, notamment à cause du chauffage et de la climatisation. Il est pourtant possible pour le milieu de la santé de faire baisser la facture d’électricité. Pour se faire, l’ADEME a établi plusieurs recommandations comme l’équipement des hôpitaux en LED et en détecteurs de mouvements, l’optimisation du chauffage et de la ventilation.

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