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Gaspillage alimentaire, chlordécone, projet de loi des finances... L'info durable de la semaine

©Jacky D/Shutterstock

Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, commission d'enquête parlementaire sur le chlordécone, projet de loi des finances pour 2020 en débat à l'Assemblée... Voici ce qu'il ne fallait pas manquer cette semaine. 

Journée nationale du gaspillage alimentaire

16 octobre 2019, journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. Le 14 octobre, la FAO nous apprenait dans un rapport que près de 14 % des aliments disparaissent entre la ferme et les rayons du supermarché. Face à ce constat, l’agence de l’ONU pour l’alimentation préconise des mesures pour enrayer ce phénomène et rendre l'agriculture et l'industrie agroalimentaire plus durables. Diviser par deux le volume mondial de déchets alimentaires par habitant d'ici à 2030 ou encore réduire les pertes alimentaires tout au long des chaînes de production sont autant d’objectifs annoncés dans le cadre du programme de développement durable de l’ONU.

Dans le même temps, l’UNICEF a alerté sur la malnutrition des enfants dans un rapport publié le 15 octobre : un enfant de moins de cinq ans sur trois ne reçoit pas l'alimentation dont il a besoin pour bien grandir, y apprend-on. Dans le monde en 2018, sur 676 millions d'enfants, environ 227 millions (soit un tiers) étaient sous-nutris ou en surpoids, tandis que 340 millions (soit la moitié) souffraient de carences alimentaires. Évoquant un "triple fardeau", l'UNICEF met en avant la mondialisation des habitudes alimentaires, la pauvreté persistante et le changement climatique, qui mettront à mal les pays cumulant ces différents visages de la malnutrition. 

Aussi, une "multiplication des crises alimentaires" est à craindre dans différents endroits du monde sous l'effet de plusieurs facteurs simultanés, démographiques, environnementaux, climatiques et financiers, s'inquiète un autre rapport scientifique diffusé par la FAO et la Commission européenne le 17 octobre. Intitulé "Système alimentaire en danger", celui-ci pointe les risques de pénurie et de famine dans certains pays, notamment en Afrique, sous l'effet du réchauffement climatique et des conflits armés, mais aussi les risques d'augmentation de l'obésité ou de "choc" de prix sur les marchés mondiaux des denrées agricoles. "La disponibilité en alimentation sur la planète s'élève à un peu moins de 3000 kilocalories par personne et par jour, alors que les besoins pour nourrir la population sont estimés à quelque 2200 kilocalories en moyenne, avec des variantes selon le sexe, l'activité, l'âge, et la région du monde", a fait valoir Sandrine Dury, économiste qui a coordonné le rapport rédigé par une cinquantaine de chercheurs du Cirad, auprès de l’AFP.

Chlordécone : les ministres auditionnés en commission d'enquête

La commission d'enquête sur la pollution au chlordécone aux Antilles suit son cours. Cette semaine, différents ministres ont été auditionnés. 

Lundi 14 octobre, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a appelé à bâtir un nouveau plan chlordécone, prévu en 2020, "plus ambitieux", pointant "l'urgence" de l'accès à une alimentation non contaminée par cet insecticide. "Ce plan chlordécone, nous voulons le co-construire avec les habitants", a déclaré Mme Buzyn lors de son audition à l'Assemblée nationale par la commission d'enquête parlementaire. Elle a également détaillé certaines mesures déjà préconisées : "absolument éviter les légumes racines, faire tester son jardin, acheter des légumes et fruits contrôlés". Reprenant à l'identique les formulations utilisées par Emmanuel Macron il y a un an à ce sujet, Mme Buzyn a déclaré que "l'Etat (devait) prendre sa part de responsabilité" dans ce dossier et a évoqué "un aveuglement collectif". 

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a quant à elle reconnu mardi 15 octobre, devant cette même commission, que la responsabilité de l'Etat était "certaine", "reconnue et engagée". Interrogée par le député de Martinique Serge Letchimy, elle a, elle aussi, rappelé que le président de la République avait déjà évoqué une responsabilité collective, dans laquelle l'Etat devait prendre sa part, concernant l'usage du chlordécone sur les sols antillais. 

Enfin, le jeudi 17 octobre, c'est le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume qui a affirmé sa volonté de "viser le zéro chlordécone" dans l'alimentation en Martinique et en Guadeloupe, et de renforcer la cartographie des sols pollués par l'insecticide, classé cancérogène de niveau 2B par l'OMS. "Les autorisations provisoires de vente et les homologations étaient bien moins encadrées à l'époque qu'actuellement, le principe de précaution des cultures guidait bien plus les décisions que celui de protection de la santé publique et de l'environnement, a-t-il fait valoir. Les travaux de votre commission d'enquête vont permettre de mieux comprendre comment ce produit a pu être autorisé pendant des années aux Antilles alors même que sa toxicité et son pouvoir persistant dans l'environnement étaient connus". 

Pour rappel, le chlordécone a été massivement utilisé entre 1972 et 1993 en Guadeloupe et Martinique. Ce pesticide est aujourd'hui suspecté d'être à l'origine des nombreux cancers de la prostate diagnostiqués sur ces territoires, alors que l'on peut affirmer que 95 % des Guadeloupéens et 92 % des Martiniquais en sont contaminés. 

Du nouveau à l'Assemblée pour le projet de loi de finances

Rue de l'Université, plusieurs mesures ont été votées ce 17 octobre dans le cadre du projet de loi de finances pour 2020.

L'Assemblée nationale a d'abord voté en faveur du durcissement du malus automobile pour dissuader l'achat de véhicules polluants et ce malgré l'opposition de plusieurs députés LR contre une "écologie punitive". Le nouveau barème prévoit un seuil de déclenchement du malus, passant de 117 à 110 grammes de CO2 rejetés par km : 50 euros pour les véhicules rejetant 110 grammes de CO2 par km, jusqu'à 12 500 euros pour les véhicules dont les émissions sont supérieures à 172 grammes par kilomètre. 

Cette décision fait par ailleurs écho aux déclarations de l'Agence internationale de l'énergie, survenues la veille, le 16 octobre, nous apprenant que les véhicules type SUV, en plein boom dans les villes, ont été la deuxième source d'augmentation des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dans le monde entre 2010 et 2018, menaçant de réduire à néant les tentatives du secteur automobile de réduire ses émissions de CO2.

Parmi les nouvelles mesures du budget 2020, l'Assemblée nationale a également voté une augmentation de "la taxe Chirac" sur les billets d'avion pour financer des infrastructures de transport, là-encore, au grand dam de la droite qui craint une fragilisation des compagnies aériennes françaises. L'article prévoit l'augmentation de cette taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA) dans la limite de 230 millions d'euros au bénéfice de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). Elle se traduira par une hausse des billets de 1,50 à 3 euros sur les vols en classe économique et de 9 à 18 euros pour les classes affaires. Elle ne sera cependant pas appliquée aux liaisons entre le continent et la Corse ou les collectivités d'Outre-mer. 

Enfin, l'article 4 de la loi voté par les députés répond à un engagement pris en 2017 par Emmanuel Macron : le remplacement progressif d'un crédit d'impôt ouvert à tous pour la rénovation énergétique des bâtiments par une prime réservée aux ménages modestes. La mesure a été jugée complexe et contre-productive par une partie de la droite : "Vous excluez de l'aide des gens supposés aisés", a par exemple regretté le député LR Marc Le Fur.

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