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Politique

Réchauffement climatique : les scientifiques se rebellent

Lors d'une action du groupe Scientist Rebellion à la COP26 de Glasgow, le 8 novembre 2021, un militant avait apporté un tambour "disobey".
©ANDY BUCHANAN/AFP

A l’occasion de la publication du dernier volet du rapport du GIEC, le 4 avril, un groupe de savants appelé Scientist Rebellion, a opté pour la désobéissance civile face à l’inaction climatique des instances dirigeantes. Pourquoi ces scientifiques décident de passer à l’action ? ID fait le point.

Les scientifiques passent à l’offensive. Un millier d’universitaires, chercheurs et académiciens se sont  mobilisés du 4 au 9 avril dernier dans 25 pays à travers une série d’actions non-violentes visant les gouvernements, les institutions et universités, qui pourraient, selon les membres du groupe, agir contre le réchauffement climatique. En Espagne, 53 scientifiques ont ainsi été arrêtés après avoir jeté du faux sang sur les marches du parlement. A Berlin, des scientifiques se sont enchainés et englués au sol, tandis qu’en Equateur, les manifestants ont demandé au ministère d’arrêter les exportations de pétrole. Dans une tribune publiée dans Le Monde en février 2020, 1 000 scientifiques avaient déjà appeler à mener des actions de désobéissance civile. Aujourd'hui, ils passent à l'action. 

Un groupe inspiré d’Extinction Rebellion

Créé en 2020 par deux doctorants de St Andrew College en Ecosse, Scientist Rebellion s’inspire largement d’Extinction Rebellion, un mouvement international appelant à la désobéissance civile pour lutter contre l'inaction des autorités face au réchauffement climatique. Le groupe de scientifiques entend mener des actions non-violentes afin d’attirer l’attention du public et des dirigeants sur l’urgence climatique. Conscient du pouvoir des savants à "inspirer les autres à se soulever", comme le souligne la lettre de revendications, le mouvement s’attaque principalement aux instances dirigeantes et aux universités.

Ses premières actions ont consisté à jeter de la peinture verte sur les murs de la Royal Society pour protester contre le manque de réaction de l’une des plus anciennes institutions scientifiques du monde sur le greenwashing opéré par le gouvernement britannique. Plus tard, le groupe a orchestré diverses opérations coup de poing lors de la COP26 à Glasgow en novembre 2021. Des scientifiques se sont enchainés les uns aux autres afin de bloquer le pont King George V, reliant par la route, le centre de la ville, comme le rapporte la revue Nature.

Alerter sur la "catastrophe à venir"

Ces scientifiques estiment avoir donné les clefs du changement aux gouvernants, sans pour autant voir quelconque action de leur part. Ils espèrent aujourd’hui inspirer les citoyens à agir, eux aussi, pour un changement radical de société en montrant, par leur mobilisation, l’urgence face à l’impuissance des nombreux cris d’alarme du monde scientifique. Un membre de la Nasa, Peter Kalmus, est intervenu dans une vidéo publiée par The Independent lors d’une action devant un bâtiment de JP Morgan, une holding qui finance les énergies fossiles. "Je suis ici car les scientifiques ne sont pas écoutés", clame le militant en blouse blanche devant les portes de l’immeuble, avant de fondre en larmes en évoquant la "catastrophe" à venir.

Demandant la décarbonation de la société par la décroissance économique en taxant les 1 % les plus riches, le groupe de scientifiques espère pousser à l’action les dirigeants et institutions pouvant prendre part à un changement radical de système. Les militants revendiquent aussi l’inclusion dans toutes les formations universitaires de cours sur la crise climatique et énergétique et leurs causes. Leur volonté est alors d'informer les citoyens "en tirant la sonnette d'alarme".

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