Une position qui rejoint celle du ministère français de l'Economie, qui a jugé que "l'introduction de la préférence européenne dans les secteurs industriels stratégiques est une rupture majeure", mais que "ce n'est qu'un premier pas car le compte n'y est pas".
"L'Union européenne sort enfin de la naïveté, en reconnaissant l'exigence de se protéger", approuve la Plateforme automobile, qui rassemble constructeurs, équipementiers et fournisseurs français.
"Pour autant, concevoir le contenu local, comme le propose le texte en l’état, sur un périmètre géographique étendu à l’ensemble des partenaires commerciaux de l’UE, bien au-delà des vingt-sept, c’est dissoudre la notion même de préférence européenne", critique la fédération.
Que le Made in Europe puisse être Made in Argentine est vraiment problématique.
La proposition de Bruxelles prévoit en effet que les entreprises produisant dans les pays qui sont des partenaires commerciaux de l'UE pourront être intégrés au dispositif, à condition de respecter un principe de réciprocité.
C'est la Commission européenne qui déterminera, secteur par secteur et en fonction du type de financement public, les pays qui ne remplissent pas cette condition. Mais Bruxelles n'a fourni aucune liste détaillée des pays potentiellement éligibles.
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Un texte "d'une grande complexité"
"Le texte apparaît d'une grande complexité, et il faudra du temps pour le comprendre et en analyser les effets", a réagi le groupe Renault.
"Nous remarquons cependant que certains des problèmes majeurs de la filière", notamment la simplification des normes et des règlementations, "ne sont pas encore traités", a-t-on ajouté de même source.
"Que le Made in Europe puisse être Made in Argentine est vraiment problématique", a lancé un grand équipementier auprès de l'AFP, en s’inquiétant que le texte "considère comme 'Made in Europe' tous les pays avec lesquels l’UE a des accords commerciaux, comme le Maroc, la Turquie, l’Inde ou le Mercosur, dont certains avec lesquels le différentiel de compétitivité des Européens est flagrant".
"On ne voit plus trop ce que veut dire le Made in Europe avec des pays si éloignés. L’objectif était de protéger l’empreinte industrielle en Europe, si on l'ouvre à des pays avec une meilleure compétitivité on ne protège plus", conclut le groupe, pour qui "tout n'est pas joué car cela doit encore passer au Parlement européen, donc on peut encore agir".
"Par ailleurs, seuls les véhicules électriques et hybrides rechargeables sont concernés par l’IAA (Industrial Accelerator Act, ndlr): c'est moins d’un tiers du marché", critique la Plateforme automobile.
La PFA espère également que le débat au Parlement permettra de "rendre la notion de préférence européenne véritablement efficiente".
Avec AFP.