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Politique

Investissements climat : le retard persiste en France

Président de la République Emmanuel Macron.
©Alberto Pizzoli/AFP

Les financements nocifs au climat restent en France largement supérieurs aux dépenses bas-carbone, en particulier dans les transports, alerte l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE) dans un bilan paru jeudi.

En 2019, ménages, entreprises et administrations ont réalisé 48 milliards d'euros de dépenses favorables au climat, surtout dans le bâtiment (rénovation énergétique), les véhicules à faibles émissions et la production d'énergie décarbonée, selon ce Panorama des financements climat d'I4CE. Ces financements ont crû de manière quasi continue dans les années 2010, notamment de la part des pouvoirs publics.

Mais cette même année 2019 (il est trop tôt pour évaluer 2020), les Français ont aussi placé 71 milliards d'euros dans des secteurs et technologies reposant largement sur les énergies fossiles : voitures, transport aérien, note le centre de recherche. Ces investissements sont essentiellement des achats de véhicules trop émetteurs de CO2, autant de dépenses qui vont "soutenir la consommation d'énergies fossiles pour les années à venir". "Les investissements climat ne sont pas les seuls à progresser : les investissements fossiles persistent, ce qui retarde la réduction des émissions de gaz à effet", a résumé jeudi Maxime Ledez, chargé de recherche chez I4CE. "L'autre mauvaise nouvelle concerne le retard d'investissement : la France n'investit toujours pas assez pour le climat", ajoute-t-il.

Pour tenir les objectifs : 13 à 17 milliards d'euros de plus chaque année d'ici 2023 

Selon le rapport, le pays devrait investir 13 à 17 milliards d'euros de plus chaque année d'ici 2023 (par rapport au montant de 2019), pour atteindre ses objectifs climatiques. Et entre 2024 et 2028, il faudra investir deux fois plus par rapport au niveau de 2019.

La France s'est engagée, via sa stratégie bas carbone, à réduire ses émissions de 40 % en 2030 (par rapport à 1990) et à la neutralité carbone en 2050. Pour y répondre, il faut anticiper "dès maintenant" les suites du plan de relance, qui ne mène que jusqu'en 2022 (avec un volet climat estimé à environ 10 milliards d'euros par an), et se projeter sur le prochain quinquennat, insistent les experts, appelant les futurs candidats à s'exprimer sur leur budget climat.

I4CE estime à 9 milliards d'euros les financements publics supplémentaires nécessaires chaque année, par rapport aux niveaux moyens de 2016-18.

Outre l'argent, d'autres instruments de politique publique seront indispensables : outils fiscaux, accompagnement technique des ménages et collectivités, réglementations. L'examen actuel du projet de loi "Climat et résilience" serait l'occasion d'agir, pointent les chercheurs. Un autre outil serait la lettre de cadrage climat que le gouvernement s'est engagé à envoyer à chacun de ses ministres.

Lettres sans réponse

Ces lettres, et leur suivi annuel et publié, "nous semblent de nature à mettre les préoccupations climatiques au centre" de l'action publique, a estimé le directeur d'I4CE, Benoît Leguet. Selon lui, quatre ministres, de la Transition écologique, de l'Economie, de l'Agriculture et de la Cohésion des territoires, en ont été jusqu'ici destinataires. Mais "leurs réponses étaient attendues fin janvier, je ne les ai pas encore vues", a-t-il souligné.

Avec AFP.

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