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Politique

Energie : Macron dénonce les prix "excessifs", les fournisseurs circonspects

©LUDOVIC MARIN/AFP

Après les boulangers, tous les artisans: le président Emmanuel Macron a annoncé jeudi que tous les artisans et très petites entreprises frappés par la hausse des prix de l'énergie pourraient "renégocier" en janvier les "contrats excessifs" en gaz et électricité, mais les modalités restent entièrement à définir.

L'annonce pourrait concerner bouchers, pressings et tous les artisans qui se sentaient oubliés du gouvernement... Pour "tous ceux qui ont négocié des contrats excessifs", "ce qu'on va demander, dès maintenant, aux fournisseurs d'énergie c'est de revenir vers chacun et de les renégocier", a déclaré Emmanuel Macron dans la salle des fêtes de l'Elysée, où se tenait la traditionnelle cérémonie de la galette de l'Epiphanie.

Des attaques ciblées du RN

La mesure annoncée par M. Macron concernerait toutes les très petites entreprises (TPE), c'est-à-dire celles de moins de dix salariés, alors que le gouvernement avait déjà annoncé mardi des mesures ciblées sur les boulangers, comprenant la résiliation sans frais de leur contrat "au cas par cas", en cas de "hausse prohibitive". Le gouvernement, qui subit les attaques du Rassemblement national, auteur d'une "Lettre aux boulangers de France", avait déjà convoqué mardi les fournisseurs d'électricité et de gaz pour les rappeler à l'ordre et leur demander de faire des efforts. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a même menacé de divulguer le nom des fournisseurs qui ne respecteraient pas une charte de bonne conduite signée à l'automne.

"Tous ces contrats qui sont au-dessus des prix de référence donnés en fin d'année dernière par la Commission de régulation de l'énergie", c'est-à-dire autour de 280 euros du mégawattheure pour l'électricité, "seront renégociés en janvier", a affirmé jeudi le président. L'Elysée n'a toutefois pas détaillé combien de TPE étaient concernées par ces contrats décrits par M. Macron comme "déraisonnables", "abusifs" et "aberrants", des critères qui restent flous.

Les fournisseurs s'interrogent

"Quels sont les fondements juridiques ?" s'interroge un important fournisseur, qui a souhaité ne pas être identifié. "Nous attendons des précisions", a réagi laconiquement Engie, qui fournit des millions de Français en gaz.

EDF, lui, déclare prendre acte de la déclaration du président, mais indique que même sans nouvelle mesure gouvernementale, la "très grande majorité" des TPE clientes d'EDF "connaîtront une hausse de facture inférieure à x3 entre 2022 et 2023." Une nouvelle réunion est prévue vendredi à 16H00 à Bercy, entre le ministre de l'Economie, celle de la Transition énergétique et les fournisseurs.

L'appel de Macron "entendu"

Depuis mardi, le branle-bas de combat a commencé chez les fournisseurs, sous pression du gouvernement.

Le premier en volume, Engie, a pour l'heure indiqué dans une déclaration qu'il veillait déjà "à proposer des offres en cohérence avec le barème" des prix de référence publié chaque semaine par le régulateur de l'énergie. "Nos équipes travaillent actuellement à la révision de nos tarifs de fourniture d'électricité pour les très petites entreprises", a expliqué de son côté un fournisseur d'électricité alternatif, assurant que l'appel du président avait été "entendu".

Le problème est que les artisans et petits entrepreneurs comme les boulangers qui avaient souscrit entre juillet et novembre leur contrat d'énergie à prix fixe, pour une prise d'effet en 2023, ont acheté leur énergie à prix d'or. Les prix étaient très élevés l'été dernier mais sont depuis redescendus à des niveaux plus raisonnables. "Or quand les prix baissent comme en ce moment, il n'est pas possible de revenir en arrière" pour espérer en profiter, explique un autre fournisseur.

Pour autant, ce fournisseur relativise : "Une petite partie de ces petites entreprises va payer très cher son énergie mais c'est loin d'être la majorité". Certains énergéticiens redoutent le risque financier que feraient peser des renégociations en cascade. En cas de révision, "on va quand même devoir revendre sur les marchés à 240 euros de l'électricité qu'on a acheté 600 en novembre", commente ce même fournisseur.

Avec AFP. 

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