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Politique

Convention citoyenne : trop timide, le projet de loi climat s'annonce décevant

Nicolas Ameglio, membre de la Convention citoyenne pour le climat.
©XOSÉ BOUZAS / HANS LUCAS / AFP

Maintenant que le gouvernement a dévoilé les grandes lignes du projet de loi issu de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), plusieurs de ses participants regrettent une version édulcorée de leurs propositions à l'heure où les voyants climatiques sont au rouge.

A l'issue de deux jours de visioconférences entre ministres, représentants de la Convention citoyenne pour le climat et députés, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a rendu public mardi soir les premiers arbitrages. Pour certains citoyens membres de la CCC, le compte n'y est pas. "Ce n'est pas possible de traiter notre Convention comme ça. A quoi servent nos travaux s'il n'y a pas de volonté politique derrière ?", déplore Isabelle Robichon. Plus mesuré, Sylvain Burquier retient "beaucoup d'éléments qui montrent qu'on a envie d'y aller, mais il n'y a pas le courage nécessaire pour aller au-delà des petites touches". "Tout est amoindri", dit-il à l'AFP. "Même si je suis critique et tenace, beaucoup d'entre nous sont plus que jamais prêts à aider Barbara Pompili à emporter les arbitrages ministériels", assure William Aucant, sur Twitter.

Emmanuel Macron rencontrera lundi prochain à 17h à Paris des membres de la CCC, a indiqué l'un d'eux, Grégoire Fraty, sur Twitter. "L'occasion de nous présenter le projet de loi climat issu de nos travaux. On espère ainsi des annonces sur les derniers arbitrages : obligation de rénovation des bâtiments, régulation de la pub...", ajoute-t-il.


Les premiers contours du projet de loi annoncés

Concernant le logement, le gouvernement veut supprimer les passoires thermiques en 2028 et bloquer les loyers pour les bailleurs. L'obligation de rénovation pour les propriétaires occupants est encore discutée. La CCC prône la rénovation énergétique obligatoire des bâtiments d'ici à 2040, avec un système progressif de prêts et subventions. Le gouvernement compte également diviser par deux la vitesse d'artificialisation des sols, très importante en France. Implantation de nouveaux centres commerciaux sur des espaces naturels serait interdite, avec des dérogations possibles en-dessous de 10 000 m2. "Cela laisse la porte ouverte à un nombre bien trop grand de dérogations", s'inquiète le député LREM Matthieu Orphelin. La CCC quant à elle propose d'interdire toute artificialisation des terres tant que des friches sont disponibles dans une zone et de "prendre immédiatement des mesures coercitives pour stopper les aménagements de zones commerciales périurbaines". Concernant les transports, le gouvernement confirme la création de zones à faible émissions (ZFE) dans 35 villes en France pour lutter contre les émissions de CO2 et la pollution. Pour freiner l'essor du transport aérien, très polluant, les vols domestiques aériens seront interdits quand une alternative existe en train en moins de 2H30, contre 4 heures demandés par la CCC. Trop peu de lignes seraient concernées, dénoncent des ONG. Dans l'alimentation, le gouvernement compte expérimenter des menus végétariens quotidiens dans les cantines scolaires, éventuellement augmenter la taxe sur les engrais azotés à partir de 2024. Une manière de reporter les mesures "à la Saint-Glinglin", critique l'ONG Les Amis de la Terre. Il est également prévu de supprimer les avions publicitaires, expérimenter une étiquette "oui pub" sur les boites aux lettres et interdire les publicités pour les énergies fossiles. La CCC défend l'interdiction de la publicité des produits les plus émetteurs de gaz à effet de serre.

Les propositions "évincées les unes après les autres"

"Les mesures structurantes de la CCC sont évincées les unes après les autres", critique Clément Sénéchal de Greenpeace. Le projet de loi, sensé reprendre 40 % des 146 propositions de la CCC retenues par Emmanuel Macron, doit aboutir d'ici l'été 2021. "Beaucoup de représentants d'intérêts divers vont tenter de minimiser la portée de tel ou tel point", reconnaît Barbara Pompili dans Le Parisien. "Il faudra se placer à la hauteur de l'enjeu : réduire de 40 % nos émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 pour respecter l'accord de Paris", dont le 5e anniversaire sera marqué samedi par un sommet en ligne, défend-t-elle. Impossible avec ce projet de loi, rétorque la fondation Nicolas Hulot.

Mercredi, un rapport de l'ONU a lancé un nouvel avertissement : le monde file toujours vers 3°C de réchauffement climatique, avec son lot de catastrophes.

Avec AFP. 

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