La consigne fait son grand retour dans l'Hexagone depuis 2025 avec l'initiative "ReUse".
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Politique

Consigne du verre : la France rattrape-t-elle son retard ?

Bouteilles réutilisées, déchets réduits, consommation plus durable : la consigne du verre revient progressivement en France après plusieurs décennies dominées par le tout-jetable. Soutenu par les nouvelles réglementations environnementales, ce modèle ancien tente aujourd'hui de retrouver sa place dans les habitudes des consommateurs.

À la fois ancestrale et tendance, la consigne du verre invite à repenser la consommation de manière plus durable. C'est un système circulaire simple : le consommateur rapporte sa bouteille en verre au point de vente, elle est ensuite lavée et revendue au producteur. Grâce à ce système ingénieux, qui n'a pourtant rien de nouveau, l'empreinte carbone d'une bouteille se trouve largement diminuée. 

Contrairement au recyclage traditionnel, qui consiste à broyer puis refondre le verre à 1500 °C, la réutilisation directe du contenant permet de réduire fortement la dépense énergétique. Le système de récupération des bouteilles a dominé en France jusque dans les années 1980, période durant laquelle les emballages à usage unique ont envahi les grandes surfaces. Si le dispositif a presque disparu des foyers français, il a persisté et même évolué dans le secteur des CHR (cafés, hôtels, restaurants).

Un retour porté par les industriels

La consigne fait son grand retour dans l'Hexagone depuis 2025 avec l'initiative "ReUse". Lancée par l'éco-organisme privé Citeo, chargé par l'État de gérer le recyclage des emballages ménagers, elle est expérimentée dans quatre régions (Bretagne, Hauts-de-France, Normandie et Pays de la Loire). En tout, mille magasins issus de huit enseignes différentes participent à l'expérimentation, aux côtés d'une cinquantaine d'industriels de l'alimentaire et de la boisson.

Il est encore difficile d’observer l'impact concret du retour de la consigne, mais les chiffres sont encourageants. L'objectif est de créer un parc d'emballages d'une taille inédite : 30 millions d'emballages R-Cœur mis en circulation d'ici fin 2026 et partagés entre les différents acteurs pour optimiser les étapes de récupération, de collecte, de transport, de tri et de lavage. À terme, près de 16 millions de consommateurs sont concernés par cette expérimentation à grande échelle dans l'ouest et le nord de la France.

Une réponse aux objectifs environnementaux européens

Si cette initiative marque un tournant dans la manière de penser les emballages ménagers, elle est le fruit de la pression du contexte réglementaire. En 2020, la France, mauvaise élève de l'Union européenne dans la gestion de ses déchets plastiques, a adopté la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC). Elle vise une réduction de 20 % du plastique à usage unique d'ici fin 2025, et leur suppression intégrale en 2040. Pour tenir cette trajectoire ambitieuse, des objectifs de réduction, de recyclage de la matière et de réutilisation des emballages sont fixés. Malgré ces annonces, la France reste en retard sur plusieurs pays européens comme l'Allemagne ou la Belgique, où le réemploi des bouteilles n'a jamais réellement disparu.