La propulsion vélique, soit des cargos qui s'aident du vent pour naviguer, est une industrie naissante en France, avec trois usines et 1 100 emplois créés en trois ans, mais qui reste fragile. L'objectif de cette proposition de loi, portée par la députée et ancienne ministre Horizons Agnès Firmin-Le Bodo, "est d'apporter de la stabilité à ce secteur qui se développe" en lui offrant un cadre juridique clair et des soutiens financiers. Lors des débats, les députés ont rappelé que la décarbonation du secteur maritime est autant un enjeu climatique qu'économique à l'heure où la guerre au Moyen-Orient fait flamber les tarifs du fret.
"L'incertitude ce n'est pas le vent, l'incertitude c'est le pétrole", a lancé dans l'hémicycle le député écologiste Damien Girard. "Le vent (...) ne dépend ni d'un détroit stratégique, ni d'une puissance étrangère, ni d'une crise des marchés. Faire le choix d'une filière vélique forte, c'est donc faire le choix d'une énergie que personne ne peut nous couper", a également défendu Jean-Michel Brard (Horizons).
Des incitations à passer à la propulsion vélique
Le texte adopté en première lecture par les députés définit juridiquement ces navires marchands, englobant à la fois les nouveaux navires dont la propulsion est principalement assurée par le vent et les navires existants qui se sont équipés d'un dispositif auxiliaire de propulsion vélique. Ainsi la propulsion par le vent peut être utilisée pour contribuer de manière principale ou complémentaire à la navigation. En outre le texte prévoit des incitations économiques comme le rétablissement des exonérations de charges patronales (supprimées dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025) au bénéfice des armateurs maritimes qui emploient un équipage à bord de navires à propulsion vélique principale.
À lire aussi : Fret routier : pourquoi la transition patine ?
Selon Mme Firmin Le-Bodo, cette suppression a contribué à ce que l'entreprise Towt, pionnière dans le secteur, dépose le bilan. Une offre de reprise a été validée la semaine dernière par le tribunal des activités économiques du Havre et conserve 40 des 45 emplois initiaux. Le texte prévoit également l'intégration à titre expérimental de la filière dans les certificats d'économie d'énergie et une orientation des recettes du marché carbone vers la décarbonation du secteur.
Avec AFP.