"Dans le contexte de remise en cause du multilatéralisme environnemental que nous connaissons, nous considérons ces résultats comme exceptionnels", se vante la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors d'une conférence de presse. Au terme de deux jours de discussions, les 23 et 24 avril, les représentants des sept nations les plus riches se sont mis d'accord sur six avancées.
Des déclarations communes ont été adoptées sur les thèmes de la sécurité et l'environnement, du financement de la biodiversité, de l'océan, de l'eau, de la santé environnementale et de la résilience du secteur immobilier face aux catastrophes naturelles. Mais une question demeure : où est le réchauffement climatique ? Une absence qui avait été anticipée en amont du G7 : "La priorité de la présidence, c'est de préserver l'unité du G7. Si l'on commence à parler de climat, il n'y a plus de G7", expliquait un porte-parole du ministère de la Transition écologique au journal Le Monde.
Un consensus fragile sous pression américaine
Ce silence sur le climat n'est pas anodin. Il traduit les profondes divisions entre les membres du G7 sur cette question centrale. C'est en réalité une concession accordée à Washington, dont l'administration freine la lutte contre la crise climatique. Entre le retrait de l'Accord de Paris et le rejet des énergies renouvelables au profit des hydrocarbures, Donald Trump ne souhaite pas entendre parler de climat. "Le changement climatique (...) est la plus grande arnaque jamais menée contre le monde à mon avis", avait-t-il lancé en 2025 à la tribune de l'ONU.
Face à cette opposition assumée, les autres pays ont choisi une stratégie de compromis. "Nous n'avons pas souhaité aborder ce sujet de front car si nous l'avions fait, nous aurions pris le risque de voir certains partenaires quitter la table des négociations et donc de ne rien obtenir du tout", a souligné Monique Barbut. Les États-Unis étaient donc bien présents, mais peu investis. En témoigne l'envoi de la numéro deux de l'Agence américaine de protection de l'environnement, Usha-Maria Turner. Celle-ci représente une institution dont l'influence ne cesse de reculer dans le pays.
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"Remettre à jour les objectifs climatiques"
Mais le G7 n’est pas en échec total sur la question climatique, selon la ministre canadienne de l'Environnement : "Quand on parle de la protection de la nature, c'est aussi prendre l'action pour le changement climatique. Quand on parle de comment on va protéger les océans, on parle aussi de quels sont les impacts du changement climatique sur les océans", explique-t-elle. Une manière de défendre une approche indirecte, où le climat est abordé à travers des politiques sectorielles.
Dans un communiqué, le Réseau Action Climat s'insurge quant à lui contre le manque d'engagement des pays. "Sans les États-Unis sur ce point, les pays membres du G7 ont évoqué du bout des lèvres la nécessité de remettre à jour leurs objectifs climatiques. La moindre des choses, pour se conformer aux recommandations du GIEC et respecter, au moins théoriquement, l'accord de Paris, serait de les relever drastiquement", déplore Clément Sénéchal, chargé des politiques climatiques à Greenpeace France.