Malgré la défaite de certains candidats écologistes aux élections municipales, les électeurs plébiscitent les thématiques liées à l’environnement, selon les ONG.
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Politique

Municipales : recul des écologistes, mais pas de l'écologie selon les ONG

La défaite de certains candidats écologistes aux élections municipales n'est pas forcément le signe que les électeurs ne plébiscitent plus les thématiques liées à l'environnement, ont estimé lundi des associations de défense de l'environnement.

Plusieurs maires écologistes sortants ont été battus dimanche dans de grandes villes comme Bordeaux, Poitiers ou Strasbourg, lors du deuxième tour des municipales. Mais "on ne peut résumer ça en disant que cela signifie que les thématiques écologistes ne recueillent plus les suffrages des électeurs", a estimé auprès de l'AFP Sarah Fayolle, chargée de campagne au sein de Greenpeace France.

"La question de l'ambition écologique ne se résume pas aux seuls candidats du parti Les Ecologistes", souligne-t-elle. "Le résultat principal à retenir, c'est pas du tout celui de la formation politique écologiste, mais bien le fait que des villes et des candidats qui ont fait de l'écologie un marqueur fort ont remporté des victoires électorales", abonde Clara Sannicolo, responsable climat et territoires au sein du Réseau Action Climat (RAC), citant les villes de Paris, Lyon ou Marseille.

"Même si ce ne sont pas des candidats encartés écologistes ou qui ont fait campagne sur des thèmes écologistes, ils ne cherchent pas du tout à remettre en cause la transition écologique", souligne Mme Fayolle. Et même quand les maires sortants écologistes n'ont pas été reconduits, les candidats nouvellement élus reprennent des thèmes favorables à l'écologie, comme à Besançon où le nouveau maire LR a pris des engagements sur la végétalisation ou l'amélioration des dessertes en transport en commun, explique Clara Sannicolo.

"Une victoire pour l'écologie"

"La transition écologique fait beaucoup plus consensus au sein des élus locaux", confrontés chaque jour aux conséquences du dérèglement climatique ou à la nécessité de s'adapter, et "y compris pour des élus non écolos, poursuivre cette transition, c'est une question de bon sens", ajoute-t-elle. Globalement, "c'est une victoire pour l'écologie, perçue comme socle nécessaire de l'action politique de proximité", estime le RAC. "Loin des discours sur le +backlash+ écologique, l'opinion publique et les électeurs continuent de plébisciter les thèmes écologiques comme le montrent plusieurs études récentes", note Mme Fayolle.

En novembre, un sondage Ipos-BVA plaçait la préservation de l'environnement comme la 2e priorité des municipales pour les habitants des zones rurales. Et 63 % des électeurs se déclaraient gênés de voter pour un candidat remettant en cause les mesures de transition écologique déjà engagées dans leur commune, selon un autre sondage Ifop réalisé en janvier.

Avec AFP.