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Entretiens

"Tous les pans de l’économie doivent contribuer à la transition écologique"

Tristan Fava et Laurent Trulès, gérants du fonds Dorval European Climate Initiative.
©Dorval AM

Lancé fin 2021, le fonds Dorval European Climate Initiative investit dans des entreprises dont les produits et services "apportent des solutions aux enjeux climatiques". Ses gérants, Laurent Trulès et Tristan Fava, reviennent sur les spécificités du fonds.

Pouvez-vous présenter le fonds en quelques mots ? 

Le lancement du fonds Dorval European Climate Initiative a nécessité plus d’un an de travail préparatoire. Il s’inscrit dans le prolongement de la stratégie ISR de Dorval AM (100 % de nos fonds ouverts sont labellisés ISR) et renforce notre volonté de "donner de la valeur à vos valeurs" pour l’un des plus grands défis du siècle, le changement climatique. Eligible au PEA, Dorval European Climate Initiative investit dans des sociétés européennes (majoritairement de la zone euro), de toutes capitalisations et dont les produits et/ou services ont un impact positif sur l'environnement et/ou qui contribuent à l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris. Ses caractéristiques extra-financières traduisent l’exigence que nous nous sommes fixée : classé article 9 au sens de la règlementation SFDR, il bénéficie de la double labellisation ISR et Greenfin et l’allocation d’actifs est réalisée au sein des activités éligibles à la Taxonomie européenne et des 8 éco-activités définies par le label Greenfin pour, respectivement, à minima 90% et 75% du portefeuille. Cette exigence "extra-financière", nous avons également souhaité la hisser jusqu’à nous comparer, sur le plan des performances financières et extrafinancières, à un indice de référence lui-même aligné sur l’Accord de Paris, l’EURO STOXX Total Market Paris-Aligned. Ce qui n’est pas fréquent aujourd’hui car très ambitieux. Au-delà de l’exclusion des énergies fossiles, cet indice a une intensité carbone 50 % inférieure à celle d’un indice classique et présente un objectif de réduction des émissions de carbone compatible avec l’Accord de Paris, c’est-à-dire de 7 % par an. Enfin, et nous en sommes fiers, le fonds contribue au financement de la fondation EPIC qui lutte contre les inégalités touchant l’enfance et la jeunesse, grâce à des organisations sociales rigoureusement sélectionnées pour leur fort impact, à travers le reversement de 10 % des frais de gestion nets de rétrocessions du fonds.

Pour atteindre les objectifs extra-financiers tout d’abord, nous travaillons à comprendre quelles sont les solutions qui peuvent présenter le meilleur impact positif pour l’environnement et l’atteinte de l’Accord de Paris.

Quelle stratégie adoptez-vous ? 

Notre stratégie est simple : disposer à tout moment d’un portefeuille qui non seulement traduit notre exigence d’intensité ISR mais qui respecte également les principes fondamentaux de la gestion d’actifs. Ce double engagement est, selon nous, un gage de pérennité : afficher une réelle ambition pour la réponse aux enjeux climatiques ne doit pas l’emporter sur notre responsabilité de gestion fiduciaire, bien au contraire. Pour atteindre les objectifs extra-financiers tout d’abord, nous travaillons à comprendre quelles sont les solutions qui peuvent présenter le meilleur impact positif pour l’environnement et l’atteinte de l’Accord de Paris. Quelles sont les technologies qui existent ou émergent pour répondre aux différents enjeux de la transition écologique ? Qu’il s’agisse par exemple, de l’isolation thermique dans les bâtiments, de la capture du carbone dans l’énergie ou encore de la contribution de nouveaux modes de production s’appuyant sur l’activité agricole et forestière. Et c’est un défi passionnant. Nous identifions ensuite les entreprises qui portent ces solutions et les évaluons sur un ensemble de critères extra-financiers pour 70 % de la note finale : l’appartenance de l’entreprise à une éco-activité, la mesure de l’exigence climatique à travers l’intensité verte du chiffre d’affaires et notre notation propriétaire sur les trois dimensions ESG (environnementale, sociale et de gouvernance) assise sur 196 critères potentiels.

Nous savons rester à l’écart de certains acteurs présentant de belles caractéristiques ESG mais dont la valorisation nous semble trop élevée.

Évidemment, toutes les entreprises étudiées répondent à nos politiques de gestion des controverses et d’exclusions. Pour la seconde jambe de notre engagement, à savoir le respect des principes fondamentaux de la gestion d’actifs, nous nous appuyons sur l’expertise historique de Dorval AM dans la gestion actions européennes. La diversification géographique, sectorielle et des tailles d’entreprises, guide l’allocation d’actifs, également éclairée par notre scénario macroéconomique. Parallèlement, l’approche dite "financière" pèse pour 30% de la note finale des entreprises présélectionnées et mesure, entre autres, les perspectives de croissance au regard des niveaux de valorisation. Nous savons rester à l’écart de certains acteurs présentant de belles caractéristiques ESG mais dont la valorisation nous semble trop élevée.

Quels types de valeurs sélectionnez-vous ? 

Tous les pans de l’économie contribuent et doivent contribuer à la transition écologique tout comme à l’atteinte de l’objectif de l’Accord de Paris. Le fonds applique cependant une politique d’exclusion normative et sectorielle spécifique, notamment en excluant les sociétés de la filière des énergies fossiles ou encore celles ne respectant pas les 10 principes du Pacte mondial des Nations Unies. Nous sommes déterminés à concilier gestion financière et urgence climatique en cohérence avec la stratégie évoquée. Celle-ci nous permet de diversifier nos investissements autour des 8 éco-activités du label Greenfin.

Le portefeuille peut être complété par des valeurs hors écoactivités (Teleperformance, Axa) mais contribuant à l’objectif d’investissement durable du fonds. Pour illustrer concrètement notre stratégie de gestion, nous pouvons par exemple évoquer : 

La nécessité d’adapter les modes de production à l’urgence climatique et notamment de remplacer aussi vite que possible les solutions fossiles telles que le plastique par des solutions alternatives comme celles à base de bois. Nous avons choisi de traiter cet enjeu en investissant dans l’éco-activité "Agriculture et Forêts" via par exemple, Stora Enso, société finlandaise détenant plus de 2 millions d’hectares de forêts, qu’elle gère de manière durable. Stora Enso a pour ambition de "devenir un contributeur positif net" d’ici 2050 dans les domaines d’intervention définis que sont le climat, la circularité et la biodiversité. 

Le recours aux technologies de capture du carbone dans des secteurs très carbonés où peu d’alternatives de décarbonation existent aujourd’hui. Pour ce second enjeu, nous investissons dans l’éco-activité "Energie" avec Aker Carbon Capture, société norvégienne proposant une solution éprouvée de capture du carbone clé en main à ses clients (aciéries, cimenteries, etc.). L’objectif de la société est de sécuriser la capture de 10 millions de tonnes de CO2 par an d’ici 2025. 

L’importance de l’efficacité énergétique pour réduire nos émissions de CO2 en optimisant nos consommations. Ce sujet est encore plus d’actualité dans un monde où les prix de l’énergie se sont envolés avec la guerre en Ukraine et où le risque de blackout dans certains pays européens est devenu bien réel. Raison pour laquelle nous investissons dans l’éco-activité "Industrie" à travers Schneider Electric, société française leader mondial des solutions numériques d’énergie et des automatisations pour l’efficacité énergétique et la durabilité. Le fondement de Schneider Electric est de "permettre à chacun de tirer le meilleur de son énergie et de ses ressources, afin de concilier progrès et développement durable pour tous". Devenue entreprise à impact, Schneider Electric a contribué via ses solutions et auprès de ses clients à éviter 347 millions de tonnes de CO2 à fin 2021 par rapport à 2018.