Une finance responsable qui peine encore à élargir son public, mais qui trouve davantage d’écho chez les jeunes générations. C’est le principal enseignement de la neuvième édition du sondage "Les Français et la finance responsable", réalisé par l’Ifop pour le Forum pour l’investissement responsable (FIR). Alors que les grands indicateurs évoluent peu en 2026, les moins de 35 ans se démarquent par l’importance qu’ils accordent aux impacts environnementaux et sociaux de leurs placements.
Ainsi, 52 % des épargnants disent prendre en compte ces enjeux dans leurs décisions, contre 55 % en 2025. Une moyenne derrière laquelle se cache un net clivage générationnel : ils sont 68 % parmi les 18-24 ans et 65 % chez les 25-34 ans, contre 53 % des 35-49 ans et seulement 40 % des 65 ans et plus.
Les plus jeunes sont aussi davantage convaincus de pouvoir agir par leur épargne. Près de deux tiers des 18-24 ans (65 %) pensent que leurs placements peuvent avoir un impact réellement positif sur l’environnement et la société, contre 47 % de l’ensemble des épargnants. Et parmi ceux auxquels aucun investissement responsable n’a encore été proposé, 44 % des 18-24 ans et 39 % des 25-34 ans se disent prêts à franchir le pas.
Mais cette appétence ne se traduit pas encore par des pratiques plus répandues chez les jeunes, souligne le FIR. Plus largement, seuls 14 % des épargnants déclarent avoir déjà investi dans un fonds d’investissement responsable, soit autant qu’en 2025. Une proportion qui monte cependant à 21 % parmi les détenteurs de produits d’épargne autres que les livrets, contre 18 % un an plus tôt.
Une finance responsable encore mal identifiée
D’une manière générale, le sondage montre que l’investissement responsable souffre toujours d’un déficit de notoriété. Seuls 17 % des épargnants disent le connaître, un niveau inchangé sur un an. Les labels restent eux aussi peu identifiés : 22 % des épargnants déclarent en avoir déjà entendu parler et seulement 3 % sont capables de citer spontanément le label ISR.
L'une des raisons avancées : la faible mise en avant de ces placements. Seuls 16 % des épargnants indiquent que leur banque ou leur conseiller leur a déjà proposé de l’investissement responsable, une proportion qui ne progresse pas par rapport à 2025. Or, parmi ceux qui se sont vu proposer un tel investissement, 62 % déclarent l’avoir effectivement réalisé.
Un constat qui met en lumière le rôle privilégié du conseiller bancaire ou financier. Selon le sondage, il reste l’interlocuteur vers lequel les épargnants se tournent en priorité pour s’informer : 66 % le considèrent comme le mieux placé sur le sujet, loin devant les proches (10 %), les ONG et associations de consommateurs (7 %), les pouvoirs publics (6 %) ou encore la presse et les médias (5 %).
Climat, pollutions et droits humains toujours en tête
Sur le fond, les attentes évoluent peu. Les pollutions restent le premier sujet jugé prioritaire pour les investisseurs responsables, cité par 77 % des épargnants, devant les droits humains (75 %) et le changement climatique (73 %).
Les secteurs associés à la transition énergétique apparaissent également comme les plus compatibles avec l’investissement responsable : 79 % citent le photovoltaïque, 73 % l’éolien et 66 % l’hydrogène. À l’inverse, seuls 24 % jugent le pétrole compatible, 16 % le charbon et 10 % le tabac.
Reste à convaincre sur les effets concrets de ces placements. Si 47 % des épargnants estiment pouvoir avoir un impact positif grâce à leur épargne, seuls 35 % jugent positif l’impact actuel des produits d’investissement responsable. Et une majorité de 57 % le considère encore comme neutre.
Enfin, interrogés cette année sur les enjeux de souveraineté à privilégier, les Français placent nettement en tête l’énergie (44 %), devant l’alimentation (31 %), la santé (18 %) et le numérique (7 %).