Les énergies renouvelables apparaissent comme un élément clé de la décarbonation de notre économie et de notre souveraineté énergétique. Mais certains freins persistent. Edmond de Rothschild Asset Management pilote, au sein du Think tank "2030, Investir demain", le groupe de travail consacré à la souveraineté européenne et plus précisément au lien entre souveraineté et durabilité. Dans ce cadre, Jean-Christophe Guimard, Co-Fondateur et Président de PEARL Infrastructure Capital, détaille, à l’occasion de cette interview vidéo, ces freins, mais aussi les solutions à apporter et en particulier les projets financés par les fonds Pearl Infrastructure Capital, acteur en private equity dans la transition énergétique et écologique, et membre de la plateforme d’Edmond de Rothschild Private Equity.
Plus d’énergies décarbonées stables, pilotables et stockables
"L’essentiel de l’Europe a fait de gros investissements dans les énergies solaires et éoliennes. Mais elles ont l’inconvénient d’être intermittentes et de déstabiliser de ce fait les réseaux électriques, provoquant parfois des pannes, comme en Espagne l’année dernière, mais aussi le marché de l’électricité est de plus en plus perturbé, avec sur certaines périodes des prix de gros négatifs, du fait de l’afflux d’énergie solaire ou éolienne" analyse Jean-Christophe Guimard. Or les réseaux électriques sont anciens et ont été bâtis autour d’importantes unités de production centralisées. Ils n’ont pas été conçus pour une multitudes d’unités de production d’énergies renouvelables délocalisées et intermittentes.
"Aussi il faut plus d’énergies décarbonées stables, pilotables et stockables, la biomasse, le biométhane, les déchets et les biocombustibles, qui ont un potentiel non négligeable, ainsi que le nucléaire. En complément, il est nécessaire de mettre en œuvre des solutions de flexibilité hybrides de type logicielle, des outils permettant de mieux gérer l’offre/demande d’électricité, ainsi que des installations de stockage, comme des batteries, qui pourraient mieux soutenir les réseaux" juge-t-il.
Piloter en temps réel et à l’échelle locale la consommation et la production électrique
Concrètement le fonds Pearl INFRASTRUCTURE CAPITAL II SCA, RAIF a ainsi investi dans Energy Pool, une entreprise française spécialiste de l’optimisation de la consommation d’énergie. "Notre indépendance énergétique passe par une meilleure gestion de nos réseaux électriques. L’objectif de l’"energy management" est de piloter en temps réel et à l’échelle locale la consommation et la production électrique, à travers des systèmes logiciels, pour soulager les réseaux. C’est ainsi qu’Energy Pool gère la flexibilité énergétique, en traitant avec les consommateurs industriels, directement au niveau d’un site industriel, et aussi en anticipant les phénomènes d’intermittence des énergies renouvelables" détaille Jean-Christophe Guimard.
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La biomasse répond au double objectif de décarbonation et de souveraineté
En parallèle, le fonds a aussi financé la création d’une centrale énergétique fondée sur la biomasse, dans l’est de la France, qui répond au double objectif de décarbonation et de souveraineté. Il s’agit de la plus grosse usine en France de cogénération à partir de bois issu de recyclage. Elle permet de fournir de l’électricité à environ 50.000 foyers, mais également de fournir la totalité des besoins d’énergie thermique nécessaire à une des plus importantes unités de fabrication de papier carton en France, soit 1.000 GWh. "Le bois déchet utilisé, environ 250.000 tonnes de bois par an, provient soit de meubles en fin de vie, soit d’opérations de déconstruction ou de démolition d’habitations : c’est un approvisionnement 100 % local donc la production de ce biocombustible est très favorable à notre souveraineté. Ceci d’autant plus que 100 % des technologies utilisées pour construire ce type d’installation viennent d’Europe" se félicite Jean-Christophe Guimard.
Il conclut ainsi que "le cumul de ces sources d’énergies, biomasse, déchets, biogaz et les divers biocombustibles pourraient représenter, à horizon 2050, jusqu’à un quart de nos besoins primaires énergétiques en Europe".
En partenariat avec Edmond de Rothschild Asset Management et Pearl Infrastructure Capital