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Question de la semaine

Une semaine sous le signe de l’urgence climatique à l’ONU : on rembobine 

©Drop of Light/Shutterstock

L’urgence climatique est sur toutes les lèvres. Cette semaine, elle s’est invitée au siège new-yorkais de l’ONU à l'occasion du sommet Action Climat 2019 : on revient sur les moments clés qui ont agité les foules. 

Le brûlant sujet du climat prend de plus en plus de place dans les débats publics tant on mesure l’urgence de la situation. Cette semaine, l’ONU en a fait son cheval de bataille pour son dernier sommet auquel étaient conviés les décideurs politiques.  

Le secrétaire général, Antonio Guteres, a appelé les pays membres de l’organisation à se rassembler pour participer au sommet Action Climat 2019, le 23 septembre en son siège new-yorkais. Son exigence : que les États revoient à la hausse leurs engagements climatiques. Finalement, ces longues réunions se sont soldées par de nombreuses discussions, mais toutefois peu d'actions très concrètes. Voici les quelques points qui ont fait le cœur de l'actualité cette dernière semaine. 

66 pays s'engagent pour la neutralité carbone en 2050

66 États (sur les 136 pays membres) ont adhéré à l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050, selon les annonces faites par l’ONU à la suite de cette journée de discussions. En ce sens, ils s’engagent à réduire et à compenser leurs émissions. 

L'organisation a également précisé que 68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs plans climat d’ici l’an prochain, année de la COP 26 et de la redirection des engagements des 195 pays signataires de l’Accord de Paris. Enfin, 30 pays ont adhéré à une alliance pour stopper la construction des centrales à charbon dans le même temps.

Les grands absents des réunions 

Moins de la moitié des 136 chefs d’Etats ont participé à ce sommet Action Climat du 23 septembre. Parmi les grands absents, les États-Unis, le Brésil, l’Australie entre autres.  

Certains d'entre eux ont pourtant répondu présent les jours suivants, notamment à l’Assemblée générale de l’ONU le lendemain, mardi 24 septembre. Quant à Donald Trump, celui-ci s’est défendu le lundi matin : "Je ne snobe rien du tout. Je suis très occupé", a-t-il justifié. 

Le GIEC alarme sur l’état des océans 

En marge du rassemblement new-yorkais, le groupe d’experts scientifiques de l’ONU s'est réuni à Monaco. Les discussions qui devaient s’achever le lundi 23 au soir, ont finalement tardé toute la nuit jusqu’au mardi midi. Les débats ont été ralentis par l’Arabie Saoudite, selon plusieurs participants : le premier exportateur mondial de pétrole s’opposait à une préconisation antérieure du groupe d'experts, pour une réduction drastique des émissions de CO2.

Les experts du GIEC ont finalement confirmé l’adoption du texte sur Twitter. "Le rapport spécial du GIEC sur l'océan et la cryosphère vient d'être approuvé", s'est félicité Jean-Pierre Gattuso, l'un des auteurs du rapport. 

L’intervention de Greta Thunberg très commentée

La jeune militante écologiste Greta Thunberg s’est exprimée lundi après-midi avec un discours qui a fait couler de l’encre. "Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses !", a martelé la jeune Suédoise devant les dirigeants du monde entier. 

Très applaudie par l'assemblée à la fin de son discours, la jeune fille a toutefois été très critiquée par l’opinion publique.

L'action en justice des jeunes militants contre plusieurs pays, dont la France 

Mais Greta Thunberg ne s'est pas contentée de remonter les bretelles aux dirigeants mondiaux à l'ONU. Le même jour, elle a aussi entrepris une action en justice aux côtés de quinze autres jeunes militants de 12 pays différents, âgés de 8 à 17 ans. Le but : dénoncer l’inaction de cinq pays pour lutter contre le réchauffement climatique, comme une atteinte à la Convention de l'ONU sur les droits de l'enfant. Les pays concernés sont la France, l’Allemagne, l’Argentine, le Brésil et la Turquie.  

L’apparition éclair de Trump

Le président américain a fait une brève apparition au sommet Action Climat le lundi 23, sans toutefois s’exprimer. Si Donald Trump n’avait pas prévu de participer à cette session consacrée au climat, il est finalement apparu dans l'assemblée durant une dizaine de minutes à peine : il a écouté puis applaudi le discours du Premier ministre indien Narendra Modi appelant à la mobilisation générale, avant de quitter la salle.

En lieu et place, le président américain avait choisi de présider une réunion consacrée à la liberté religieuse, une thème comptant parmi ses "plus hautes priorités", bien plus mobilisateur pour son électorat chrétien évangélique.

Enfin, le mardi 24 septembre, Donald Trump a moqué la jeune militante Greta Thunberg à la suite de son allocution, dans un tweet pour le moins provocateur. 

"Elle a l'air d'une jeune femme très heureuse qui regarde vers un avenir merveilleux et souriant. Tellement agréable à regarder !" a ironisé le président américain, en référence à l'émotion de la Suédoise - au bord des larmes - devant les Nations unies. Greta Thunberg n'a pas tardé à riposter : elle a aussitôt modifié sa biographie Twitter pour se définir comme "une jeune fille très heureuse qui regarde vers un avenir merveilleux et souriant", d'après les mots exacts de Donald Trump - biographie qu'elle a ensuite supprimée. 

Macron vexé par Greta Thunberg

Excédant le temps de parole prévu de trois minutes par personne, Emmanuel Macron s'est une fois de plus positionné en leader de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique, à l'image de son dernier G7. À la suite de son discours, le chef d'Etat français a fait applaudir la Russie - qui a ratifié lundi l'Accord de Paris -, et confirmé la fermeture des dernières centrales au charbon du pays d'ici 2022. Sur le plan européen, il a appelé au bilan "zéro carbone et zéro déforestation" pour toutes les importations, avant du conclure par un appel à la mobilisation mondiale : "On ne peut pas laisser notre jeunesse passer tous ses vendredis à manifester".

Suite au discours Greta Thunberg, "aucun responsable ne peut rester sourd à cette exigence de justice entre les générations", a estimé Emmanuel Macron, "on a besoin de cette jeunesse pour nous aider à changer les choses (...) et mettre plus de pression sur ceux qui ne veulent pas bouger".

Mais l'action en justice des jeunes militants, notamment contre la France, n'est pas aussi bien passée aux yeux du président qui a finalement dénoncé les "positions très radicales" de la cheffe de file du mouvement, auprès d'Europe 1. "Toutes les mobilisations de notre jeunesse ou des moins jeunes sont utiles. Mais il faut qu’elles se concentrent maintenant sur ceux qui sont le plus loin, ceux qui essaient de bloquer. Je n’ai pas le sentiment que le gouvernement français ou le gouvernement allemand, aujourd’hui, sont en train de bloquer", a-t-il estimé. Enfin, le chef de l’Etat a aussi appelé les jeunes à agir concrètement sur le terrain. "Je pense surtout maintenant qu’on a besoin qu’on ait une jeunesse qui nous aide à faire pression sur ceux qui bloquent, en se mobilisant, et qui aussi participent à des actions très concrètes. Il y a des tas d’actions citoyennes qui sont utiles". 

Vos avis sur ce sommet

Ce début de semaine, ID a sollicité l'opinion de ses lecteurs sur ce sommet d'exception : "L'ONU peut-elle peser efficacement dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique ?". La question a divisé, malgré une petite majorité (58 % des votants) qui a estimé que "non, les décisions ne sont pas suffisamment contraignantes". Une partie des lecteurs estime toutefois que l'ONU peut être "le bon niveau pour agir" face à l'urgence climatique.

L’ONU peut-elle peser efficacement dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique ?

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