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Environnement

Recyclage : le tri des poubelles de salles de bain en retard

Le taux de recyclage des emballages ménagers, qui s'est amélioré de 3 points l'an passé en France, pourrait encore progresser si chacun faisait un effort pour trier aussi ses poubelles de salle de bain, estime l'organisme national qui coordonne la collecte des déchets.

Au total, 3,8 millions de tonnes d'emballages ménagers ont été recyclées l'an passé sur un "gisement" de 5,3 millions de tonnes mis sur le marché par l'agroalimentaire, les cosmétiques et autres industries de consommation, indique vendredi Citeo, soit un taux de recyclage global des emballages ménagers de 72 % en 2021.

Verre, aluminium, papier, carton, le recyclage s'est amélioré pour tous les matériaux. Mais, à l'heure où l'ONU vient de déclarer l'"état d'urgence des océans" menacés d'asphyxie notamment par les déchets plastiques, le taux de recyclage du plastique reste plus bas en France que chez ses voisins européens, admet Citeo.

Et la progression est lente. Sept ans pour passer d'un taux de recyclage des emballages plastique de 23 % en 2015, à 30 % en 2021. L'an passé, la progression la plus spectaculaire est venue des papiers-cartons (+7 points sur un an, à 72 % de taux de recyclage), entraînée par la hausse exponentielle des livraisons à domicile de paquets en emballages cartonnés qui, une fois bien triés dans les bacs jaunes, partent au recyclage.

Est et ouest à la pointe

L'aluminium des canettes, capsules de bouteilles et aérosols, a vu son taux de recyclage augmenter de 2 points à 58 %. Celui de l'acier des boîtes de conserve est resté à 100 %, tandis que le verre a gagné un point, à 88 %.

Pour améliorer les performances, le directeur-général de Citeo Jean Hornain appelle tout le monde à trier aussi les poubelles de salle de bain, en général un peu oubliées par rapport à celles des cuisines. "Beaucoup d'aérosols pharmaceutiques ou cosmétiques en aluminium n'arrivent jamais au recyclage", car les poubelles de salle de bain finissent souvent dans les poubelles destinées à l'incinération ou à l'enfouissement, a relevé M. Hornain lors d'un entretien avec l'AFP.

Selon nos études, 89 % des gens disent qu'ils trient leurs déchets, mais seulement 51 % assurent le faire quel que soit l'endroit où ils se trouvent."

"Selon nos études, 89 % des gens disent qu'ils trient leurs déchets, mais seulement 51 % assurent le faire quel que soit l'endroit où ils se trouvent", dans leur cuisine ou dans leur salle de bain, chez eux, dans la rue, ou au travail, ajoute-t-il. Selon lui, un Français trie en moyenne 54 kilogrammes d'emballage par an, auxquels s'ajoutent 20 kg de papier et carton.

Ce chiffre moyen cache de grosses disparités géographiques : l'est et l'ouest du pays (Bretagne, Vendée, Alsace..) trient bien mieux que le reste du territoire, notamment que les grands centres urbains.

Bouteilles plastiques en consigne ?

"En moyenne, dans les grandes métropoles urbaines, on est plutôt autour de 40 kg de déchets triés par an et par personne", souffle M. Hornain en se refusant à départager Paris et Marseille.

Il salue l'extension géographique des consignes de simplification du tri, qui bénéficient désormais à deux tiers des Français appelés à jeter toutes les sortes de résine plastique sans distinction dans les seules poubelles jaunes destinées au recyclage.

"D'ici 2023, un tiers du pays doit encore être couvert par ces consignes qui facilitent le geste de tri" et permettent de facto d'augmenter les volumes de recyclage, a-t-il dit, même si certaines molécules (paquets de chips, pots de yaourt) n'ont pas encore de solutions techniques de recyclage. "C'est long, c'est compliqué et ça peut perturber, mais le tri des déchets concerne des process industriels lourds, 700 communautés de communes et plus de 60 millions de français", explique M. Hornain.

"Pour réussir à recycler 50 % du plastique en 2025, l'objectif fixé par l'Union européenne, il faut vraiment créer des filières de recyclage" par molécule, dit-il. Or malgré une flopée d'annonces récentes par le gouvernement qui subventionne des industriels, aucune usine nouvelle n'a encore vu le jour. De leur côté, les industriels du plastique plaident pour une collecte plus sélective encore, avec la mise en place de consignes pour les bouteilles. Chaque bouteille rapportée rapporterait quelques centimes. La France devra se prononcer d'ici 2023 sur le sujet.

Avec AFP. 

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