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Environnement

Métaux rares de nos smartphones: vers une filière de recyclage ?

Le métal qui compose les médailles des JO 2020 a été récupéré sur des smartphones usagés.
©Capture d'écran/tokyo2020.org

Cobalt, lithium, néodyme, indium, mais aussi or ou argent... Ces éléments chimiques, plus ou moins "rares" sont devenus essentiels au fonctionnement des nouvelles technologies. Malgré leur rareté et leur portée stratégique, les filières de recyclage de ces métaux sont encore peu développées. 

Selon Back Market, si quelque 25 millions de téléphones mobiles sont achetés chaque année en France, seuls 10 % d’entre eux sont recyclés. La filière de recyclage des téléphones offre deux destins bien différents, suivant leur état, à ces appareils qui nous sont désormais indispensables. D’une part, s’il est encore en état de fonctionnement, notre smartphone sera reconditionné et revendu sur le marché de l’occasion. De l’autre, s’il n’est plus utilisable, il sera démantelé et ce sont ses composants séparés qui pourront connaître une nouvelle vie.

Alors que jusqu’à 110 millions de téléphones dormiraient dans nos tiroirs en France selon l'ADEME, cette dernière méthode de recyclage montre qu’une revalorisation est possible pour tous ces objets, même les plus endommagés. C’est notamment de cette manière qu’ont pu être collectés les métaux utilisés pour fabriquer les médailles olympiques des Jeux Olympiques de 2020, qui doivent finalement se tenir cet été 2021 à Tokyo, comme l’avait annoncé le comité olympique à l’été 2019. Grâce à une vaste opération de collecte de téléphones, 32 kg d’or, 3,5 tonnes d’argent et 2,2 tonnes de cuivre et d’étain (dont est constitué le bronze) ont pu être extraites des appareils. Ce sont des métaux dont la rareté est relative, mais l'initiative a tout de même permis de se passer de l'extraction de nouvelles ressources. 

Demande croissante et ressources finies

Avec d’une part la croissance des besoins en composants comme les métaux rares, à l’image du lithium et du cobalt nécessaires aux batteries, et de l’autre la finitude des gisements de ces éléments chimiques, la nécessité d’une filière d’économie circulaire plus efficace se fait de plus en plus manifeste. Selon Michel Latroche, directeur de recherche au CNRS, le recyclage constitue une condition nécessaire pour "s’affranchir des gisements miniers et de leurs contraintes géographiques et environnementales", comme il en fait état dans Le Journal du CNRS.

En effet, en termes de géographie, la France et plus largement l’Europe restent très dépendantes de la Chine, qui contrôle l’écrasante majorité du marché. Ces dernières années, la demande en terres rares pour les technologies de la transition écologique s’est ajoutée à la demande "traditionnelle" des appareils électroniques, augmentant encore le rythme des extractions. De nombreux projets voient donc le jour, de plus ou moins grande ampleur. Certaines entreprises apportent leur pierre à l’édifice en se lançant dans le recyclage, à l’image de la normande WeeCycling. Le projet Extrade est l'un des plus ambitieux dans ce domaine : celui-ci ambitionne à terme de "contribuer à la création d’une ou deux nouvelles filières de recyclage en France".

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