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Environnement

Les fourmis plus efficaces que les pesticides, selon une étude

Une étude a montré que les fourmis pouvaient être de très bonnes alliées pour les agriculteurs.
© diego_torres / Pixabay

D'après une étude parue le 17 août, les fourmis peuvent être d’une grande aide pour les agriculteurs. Ces insectes pourraient représenter une alternative durable aux pesticides, même si leur rôle protecteur a des limites.

Les fourmis sont présentes partout dans le monde. En 2000, on estimait qu'elles représentaient entre 15 et 20% de la biomasse animale terrestre. Ce sont des insectes sociaux, qui vivent dans de vastes colonies organisées autour d’une reine. Certaines espèces peuvent aussi communiquer entre elles, s’échanger de la nourriture (c’est la trophallaxie), projeter de l’acide pour se défendre, ou encore soulever des charges représentant 100 fois leurs poids !

Dans une étude parue le 17 août dernier dans Proceedings of the Royal Society B, des scientifiques ont mis en avant une autre caractéristique intéressante des fourmis : elles peuvent être très utiles pour protéger les cultures.

Les fourmis, alliées des agriculteurs

Cette étude constitue la "première synthèse probante à propos de la contribution des fourmis à la lutte contre les parasites". Les sept chercheurs et chercheuses se sont appuyés sur 52 études scientifiques. Ils ont étudié l’impact de 26 espèces de fourmis sur 17 types de cultures dans différents pays du monde (Etats-Unis, Australie, Brésil…).

Leur résultat est le suivant : "différentes espèces de fourmis agissent de plusieurs manières comme des contrôles biologiques". Ces insectes améliorent les rendements agricoles en tuant les parasites. Plus il y a de fourmis, moins il y a de parasites. Certaines espèces de fourmis sont même plus efficaces que les pesticides, selon la conclusion de l’étude. A noter également que cette méthode de protection est bien moins coûteuse, puisque naturelle.

… mais aussi des pucerons

L’étude nuance cependant ses conclusions, car la présence de fourmis dans les cultures a tendance à favoriser les parasites qui produisent du miellat. C’est notamment le cas des pucerons, mais aussi des cochenilles ou encore des mouches blanches. Ils secrètent une substance sucrée attirant les fourmis, qui s’en nourrissent et protègent en échange les parasites : c’est ce qu’on appelle le trophobiose.

Les fourmis protègent les pucerons en échange du miellat qu'ils produisent.
© IlonaBurschl / Pixabay

Mais les auteurs soulignent que "les bons services procurés par les fourmis l’emportent sur les mauvais services". Et il existe des moyens pour empêcher les fourmis de favoriser les pucerons, par exemple en mettant à leur disposition une source alternative de sucre. De plus, favoriser les fourmis n’empêche pas d’utiliser certains pesticides quand celles-ci ne permettent pas d’éliminer tous les parasites.

De nouvelles solutions pour une agriculture avec moins de pesticides

Les fourmis peuvent donc, dans une certaine mesure, contribuer à une agriculture plus rentable et plus durable. Elles pourraient se substituer aux pesticides, qui ont des effets néfastes sur la santé des écosystèmes et des êtres humains. Leur présence dans les cultures permet également de favoriser la biodiversité.

C’est d’autant plus vrai que l’étude montre que l’efficacité des fourmis est plus grande dans les systèmes d’agroforesterie. En mêlant arbres et cultures, ceux-ci proposent des conditions de vie attirantes pour les fourmis (nourriture, sites de nidification …).

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