chronique

Les Droits de l’Homme, nouvel enjeu du dérèglement climatique

Les droits de l'Homme, outil de lutte contre le réchauffement climatique
©LALS STOCK/Shutterstock

La protection des droits de l’Homme s’impose depuis désormais quelques années comme une préoccupation majeure sur la scène internationale. Cela s’explique en partie par la démultiplication récente du nombre d’actions en justice concernant le réchauffement climatique.

Les actions en justice relatives au changement climatique constituent une tendance relativement nouvelle. Les dérèglements climatiques ont un impact effectif sur la jouissance effective des droits de l’Homme, ce qui conduit les individus à aller devant les tribunaux pour défendre leurs droits. La prise en compte des droits de l’Homme constitue donc un facteur important de la mobilisation des individus, au niveau même international, pour lutter contre le dérèglement climatique.

La prise en compte des droits de l’Homme constitue un élément qui n’est pas négligeable de la mobilisation internationale afin de lutter contre les éléments néfastes pour l’environnement.

Ce qui est certain c’est qu’une meilleure prise en compte des droits de l’Homme peut améliorer de façon significative les effets des politiques sur le climat et avoir un impact réel pour les populations. C’est au travers des actions internationales, des différentes COP, des différents colloques et conférences que la prise en compte du dérèglement climatique impactant les droits de l’Homme se fait ressentir. C’est la Conférence de Cancun en 2010, qui a pour la première fois, mis en avant le lien entre dérèglement climatique et droits de l’Homme. La prise en compte des droits de l’Homme constitue un élément qui n’est pas négligeable de la mobilisation internationale afin de lutter contre les éléments néfastes pour l’environnement. C’est au travers de la COP20 à Lima que le développement de ce lien entre droit de l’Homme et dérèglement climatique s’est poursuivi.

C’est finalement l’ensemble des mécanismes internationaux de protection des droits de l’Homme qui ont poussé à la prise en compte des changements climatiques. D’ailleurs, la lutte contre les changements climatiques constitue un des plus grands défis de notre temps en matière de droits Humains. On parle de droits Humains, car il en va de la responsabilité de chacun. Le comportement de chaque individu aura un impact non négligeable sur les générations futures, qui souffriront bien plus encore des pertes et des dommages irréversibles, si la communauté internationale ne réagit pas et qu’un statu quo s’installe.

La garantie d’un environnement sain est donc la condition fondamentale pour assurer le respect des droits de l’Homme. Ce sont les populations les plus vulnérables qui seront tributaires du dérèglement climatique. Les femmes, par exemple, subiront de plein fouet les impacts liés aux chocs climatiques extrêmes. Selon le Programme des Nations Unies sur le Développement (PNUD), les femmes sont 14 fois plus susceptibles que les hommes d’y laisser vie. Mais c’est également le cas des peuples autochtones par exemple, directement touchés. L’impact du changement climatique touche principalement les personnes déjà victimes de la pauvreté, de leurs origines ethniques, et de leur situation géographique. Ce sont d’ailleurs, ces populations qui ont historiquement le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre.

D’où vient le problème ?

C’est en partie au sein des entreprises, que le droit de l’environnement a pris une place importante. Les entreprises du secteur de l’énergie et les industries extractives sont particulièrement concernées par les actions en justice relatives au changement climatique. Le lobby de certaines entreprises nuit aux négociations pour un environnement meilleur, en raison du fait notamment que les efforts attendus de la communauté internationale doivent émaner principalement des entreprises.

C’est de façon directe ou indirecte que les dérèglements climatiques affectent les droits fondamentaux à l’alimentation, à la santé, à la vie. Ce sont aux Etats principalement, d’intégrer cet enjeu majeur et vital, dans les discussions à venir et à favoriser significativement les échanges de bonnes pratiques entre le Climat, en général, et les droits de l’Homme.

Les droits de l’homme et le climat sont désormais les nouvelles priorités des dirigeants d’entreprises, mais pas seulement, une prise de conscience collective est nécessaire, pour que nos droits soient assurés et notre environnement préservé pour les années à venir. Business et développement durable doivent donc devenir progressivement de plus en plus complémentaires.

Me Arnaud TOUATI

Avocat Associé - Barreau de Paris et Luxembourg

et Sacha Gaillard

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