chronique

Développement durable et numérique : un impact qui n’est pas virtuel

Le développement durable soutenu par les évolutions numériques ?
© Igori_K/Shutterstock

L’objectif est de faire en sorte, que le numérique, devienne « l’allié incontournable » du développement durable. En effet, les nouvelles technologies, dont les Big Data, démultiplient les possibilités d’évaluer et de modéliser les impacts du changement climatique. Les innovations technologiques offrent cette possibilité, à plus grande échelle, au niveau global, de sensibiliser le public.

Un point commun entre le numérique et le développement durable : ils ne connaissent pas de frontières. Mais finalement, est-ce le numérique peut-être perçu comme un accélérateur de la transition écologique ?

Un accès plus aisé aux informations environnementales facilite nettement l’appropriation du sujet par chacun et donc une sensibilisation certaine. L’incitation et la sensibilisation semblent être les outils principaux afin de lutter contre le réchauffement climatique et plus largement afin de conduire les individus et les entreprises à des comportements plus « verts ».

L'épineux sujet de la "techno"

Les questions restantes en suspens et auxquelles les COP successives ont tenté maintes fois de répondre, sont celles notamment de savoir vers quelle technologie doit-on se tourner afin de favoriser la transition écologique et énergétique, ou bien encore, plus largement quel est le réel impact du numérique sur le développement durable. Les outils technologiques doivent être perçus, comme des outils puissants de transformation de nos sociétés et de nos économies. Le succès d’initiatives protées par des entreprises ou des associations, a mis en lumière l’un des atouts de la « révolution » digitale : donner plus de pouvoir d’agir aux citoyens et donc de transformer, parfois radicalement, nos manières de consommer, de participer à la vie publique, en bref, notre manière de voir le monde.

Tout l’objectif sera, à terme, de faire converger les potentiels de l’économie collaborative avec les intérêts du développement durable et de la transition écologique

Les enjeux liés au Développement durable et plus précisément, concernant l’économie circulaire, la mobilité et la gouvernance, sont des problématiques auxquels doivent répondre les pouvoirs publics et l’innovation numérique. Par exemple, les nouveaux acteurs de la mobilité collaborative (covoiturage, autopartage entre particuliers) peuvent générer un certain nombre de bénéfices pour le Développement durable. Mais peinant à se développer dans les milieux ruraux et périurbains, tout l’objectif sera, à terme, de faire converger les potentiels de l’économie collaborative avec les intérêts du développement durable et de la transition écologique.

Le numérique, un faux-ami ?

Bien que les révolutions technologiques puissent être perçus comme des « alliés » du développement durable, il faut néanmoins, souligner les risques que ces technologies numériques peuvent engendrer, notamment au travers de leur consommation d’énergie, et des ressources liées à leur déploiement. Les outils numériques (terminaux connectés ou objets connectés) et plus récemment la blockchain via les technologies de minage engloutissent des quantités considérables d’énergies. Cette industrie du numérique a un impact environnemental non négligeable, qui croît aussi rapidement qu’elle. L’épuisement des ressources non renouvelables, ont lieu principalement lors de la fabrication et de la fin de vie des équipements électroniques. Il s’agit donc là, et une fois de plus d’une responsabilité globale qui concerne tous les acteurs et en particulier les grands du numérique (GAFA).

Il nous incombe donc désormais, de prendre conscience des risques et d’utiliser les nouvelles technologies à bon escient

Néanmoins, il ne faut pas jeter l’opprobre sur l’évolution technologique et les innovations numériques car elles permettent notamment de mesurer la pollution, d’adapter et d’optimiser nos comportements, de mieux anticiper nos usages. Ce secteur peut donc certes poser des problèmes liés notamment au coût environnemental de production, mais il peut s’imposer également comme étant une partie de la solution pour se diriger vers une transition écologique et énergétique. Il nous incombe donc désormais, de prendre conscience des risques et d’utiliser les nouvelles technologies à bon escient.

Me Arnaud TOUATI

Avocat Associé - Barreau de Paris et Luxembourg

et Sacha Gaillard

ALTO AVOCATS