Environnement

Le crowdfunding pour réensauvager le monde

©ASPAS

L’association ASPAS s’apprête à acquérir 490 hectares dans le Vercors pour les rendre à la vie sauvage. La moindre intervention humaine y sera proscrite. Il est possible de contribuer à cette libération d’un espace naturel via le Crowdfunding en cours.  

Faire, de nouveau, confiance à la nature. Choisir des zones sauvages, y exclure toute intervention humaine (ni pêche, ni chasse, ni gestion forestière…), pour que les équilibres naturels se remettent en route et créent la biodiversité foisonnante dont ils sont capables quand notre espèce ne vient pas y mettre le bazar. C’est le formidable travail entrepris par l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS). Elle vient de signer un compromis de vente pour acquérir 490 hectares dans le Vercors. L’objectif est d’y laisser la vie sauvage s’épanouir librement. Le terrain coûte 2,2 millions d’euros. Des mécènes financent le projet à hauteur de 1,5 millions d’euros. Pour le reste, chacun peut contribuer à ce réensauvagement du monde, en participant à la campagne de Crowdfunding qui court jusqu’au 30 novembre.

Un vallon isolé

Ce terrain du Vercors est déjà un bout de paradis. Au fond d’un vallon isolé, loin de toute agriculture intensive, arbres et arbustes montagnards alternent avec des prairies remplies d’orchidées et de papillons. Des falaises abritent des rapaces. Sources et rivières ruissellent pour former des mares et des étangs. On y croise cerfs, loups, aigles, gypaètes, vautours fauves et moines, sangliers, renards, mustélidés (belettes et compagnie), libellules peu communes, et une foule d’insectes rares.

"Libre évolution"

En rendant toute leur puissance aux lois de la nature, l’ASPAS applique ce qui s’appelle désormais "la libre évolution". L’association expérimente déjà ce laisser-faire sur quatre autres réserves, dans la Drôme, en Côtes-d’Armor et dans l’Hérault. Ailleurs en Europe, la "libre évolution" est mise en pratique ici et là, sous la surveillance de scientifiques. Le réseau Rewilding Europe, dont font partie les réserves de l’ASPAS, regroupe des expériences similaires dans 10 pays et sur 40 000 hectares cumulés. "Grâce à la libre évolution, explique Gilbert Cochet, administrateur de l’ASPAS, une forêt va pouvoir s’épanouir. Des trajectoires qu’on ne connaît pas encore maintenant vont être prises et nous aurons des surprises et toutes les espèces vont pouvoir se développer."