Environnement

"L'affaire du siècle": 100 signataires de la pétition climat invités à débattre avec Rugy

François de Rugy a convié les signataires de la pétition "l'Affaire du siècle" au ministère de la Transition Ecologique, "pour un temps d'échange collectif".
©Bertrand Guay/AFP

François de Rugy, ministre de la Transition Ecologique, souhaite ouvrir le débat : il a lancé un appel à tous les signataires de la pétition climat, "pour un temps d'échange collectif". Si certains d'eux y sont favorables, d'autres jugent la démarche insuffisante. 

Les 100 premiers à répondre seront sélectionnés: le ministre de la Transition écologique François de Rugy a lancé vendredi un appel aux signataires de la pétition climat à venir échanger idées et propositions avec lui.

François de Rugy "souhaite vous proposer de vous recevoir au ministère pour un temps d'échange collectif qui serait l'occasion pour vous d'exprimer vos avis, idées, propositions ou initiatives pour en faire plus pour le climat", écrit le ministère sur Facebook dans un "appel aux signataires de la pétition sur le climat".

"La proposition vous intéresse ? Rendez-vous ici", poursuit le ministère en renvoyant sur une page d'inscription qui s'adresse aux plus de 2,1 millions de personnes ayant signé la pétition "l'affaire du siècle" en faveur d'un recours contre l'Etat pour inaction climatique.

"Pour des raisons pratiques liées à l'organisation de cette rencontre, seules les 100 premières personnes à s'être manifestées pourront y participer sous réserve de leur disponibilité", précise le message.

Plusieurs internautes ont signalé leur intérêt, disant s'être inscrits. "Je suis un peu naïf, mais j'aimerais tant qu'ils changent de politique. Je me suis inscrit. On verra bien. Laissons leur une dernière chance...", a écrit l'un d'entre eux.

Toujours pas de solution concrète

D'autres se montraient sceptiques, ironiques voire franchement critiques sur la démarche. "Jamais vu un dispositif aussi idiot", disait l'un. "Encore de la com", écrivait un autre.

"Nous demandons une action concrète, une grande action nationale plutôt qu'une participation à un grand débat national sur la question climatique", a réagi auprès de l'AFP Marie Pochon, coordinatrice de Notre Affaire à tous, une des quatre ONG ayant lancé le recours et la pétition.

"On attend des solutions qui sont assez claires et pas des instants d'échange sur une sélection à qui va le plus vite. C'est assez étrange comme manière de faire", a-t-elle ajouté, notant que le gouvernement n'avait "toujours pas répondu sur le fond" à la "requête préalable".

La menace d'un recours juridique

La Fondation Hulot, Greenpeace France, Notre Affaire à Tous et Oxfam France ont adressé le 17 décembre une requête préalable au gouvernement, accusant l'Etat de "carence fautive" par son "action défaillante" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les représentants de l'Etat ont deux mois pour répondre, les ONG planifiant ensuite un recours juridique devant le tribunal administratif de Paris.

Cette démarche a été accompagnée par une pétition en ligne qui a recueilli plus de deux millions de signatures en moins d'un mois, un résultat inégalé en France.

Avec AFP.