Destinations engagées

La belle verte : un écolodge au cœur de la Bretagne

©La belle verte

Chaque fin de semaine, ID vous propose de découvrir des destinations touristiques françaises éco-responsables. Rendez-vous dans l'écolodge "La belle verte", en Bretagne.  

À une cinquantaine de kilomètres de Rennes, dans la commune bretonne de Saint-N’Hervé, se trouve l’écolodge "La belle verte", qu’a monté Hélène Rozé Cénet en 2013. L’hébergement a obtenu l’Ecolabel européen en 2016 et a remporté la palme du tourisme durable l’an dernier. Entrevue avec la fondatrice, qui explique son engagement écologique.

Quels types d’hébergements peut-on trouver à l’écolodge "La belle verte" ?

Nous proposons quatre hébergements : deux écolodges autonomes d’un point de vue énergétique pour deux à quatre personnes, un gîte écologique pour six personnes que l’on a rénové avec des matériaux sains et une tiny house pour deux à trois personnes que l’on a fait construire au mois de mai. Il s’agit d’un petit site d’hébergement, et cela est volontaire. Ici, chacun a son espace, on n’est jamais surchargés. C’est aussi cela pour moi le tourisme durable qui vient contrer le tourisme de masse, où dès que l’on va dans un site d’hébergement, il y a 50 cabanes ou emplacements. Je ne vois pas cela dans le sens d’un business. J’ai envie de pouvoir accueillir les gens, de pouvoir discuter avec chacun. Si on avait plus d’hébergements, je n’aurais plus le temps de le faire. Je privilégie le bien-être des clients et le mien.

Pourquoi avez-vous décidé d’ouvrir ce type de lieu ?

J’ai toujours travaillé dans le tourisme et je me suis installée en Bretagne en 2007. La maison que j’avais achetée avec mon mari à l’époque était beaucoup trop grande. Le projet est donc venu un peu tout seul. J’en avais un petit peu marre d’être salariée donc je me suis lancée. Je voulais avant tout proposer du tourisme en lien avec mon mode de vie et mes convictions.

©Simon Bourcier/La belle verte

Votre mode de vie est plutôt écologique. En quoi est-ce que cela se retrouve dans vos hébergements ?

Nous produisons notre électricité et notre eau chaude, nous compostons tous nos déchets et avons des toilettes sèches. Nous essayons également de tendre, dans notre gestion, au zéro déchet : la lessive, les produits d’entretien et de nettoyage sont faits maison, le jardinage est fait main et sans produits phytosanitaires. On essaie à tous les niveaux de limiter notre impact sur l’environnement. Nos constructions sont passives, elles sont faites en terre, en bois et en paille. Si demain il n’y a plus personne, elles pourront se refondre dans la nature. Pour valider toute cette démarche, nous avons demandé l’Ecolabel européen. Nous sommes maintenant labellisés depuis environ deux ans et demi.

Est-ce cela que viennent chercher les clients ?

L’Ecolabel, les clients le connaissent pour les aliments, mais pas ou peu pour l’hébergement. Certains viennent cependant pour la démarche écologique du lieu, mais d’autres viennent plutôt pour faire une coupure, une pause au vert.

C’est pour cela que vous proposez des activités nature et des séjours sur mesure ?

J’aime me laisser porter lorsque je pars en vacances. Donc je propose aux clients de réserver un massage, des bains nordiques, des activités nature ou des repas – je fais intervenir un traiteur bio et végétarien qui peut livrer des repas sur place. Nous proposons également des séjours bien-être avec une naturopathe, qui tourne autour de la détox alimentaire et du lâcher prise, pour les gens qui veulent aller plus loin dans leur démarche. Il y a également des séjours pour les personnes qui veulent se lancer dans le zéro déchet : on leur apprend à faire leur propre lessive, leurs cosmétiques, leurs savons, leurs éponges, à cuisiner zéro déchet – faire ses courses au supermarché en pensant à ne pas produire de déchets, ce n’est pas facile. Il n’y a pas de dates fixées. Les personnes peuvent venir en constituant un groupe d’au moins quatre personnes afin qu’on leur organise des ateliers.

Quels sont vos projets à venir ?

Nous allons proposer un séjour "solaire", avec la possibilité de venir en train et de récupérer un véhicule électrique pour venir à l’écolodge sans produire d’énergie grise. Par ailleurs, j’ouvre une formation de deux jours pour apprendre à créer son écolodge, en partenariat avec une personne qui a travaillé dans les institutions du tourisme pendant 15 ans. Je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup de porteurs de projets qui voulaient ouvrir ce type d’hébergement, mais qu’aucune formation n’abordait concrètement le tourisme durable : au quotidien, ce qu'il faut mettre en place pour que son hébergement soit durable – par exemple comment gérer des toilettes sèches, comment intégrer le jardinage dans sa gestion d’entreprise, comment gérer la lessive ou les produits ménagers...

©La belle verte

La Belle verte

La Pihourdière
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