Question du jour

Huile de palme : les pratiques des multinationales au banc d'essai

Déforestation dans une concession contrôlée par le groupe HSA à Megakarya Jaya Raya - Indonésie - avril 2018.
©Ulet Ifansansati/Greenpeace

Dans un rapport publié le 19 septembre 2018, Greenpeace appelle l’industrie de l’huile de palme à agir de toute urgence pour tenir ses engagements "zéro déforestation".

Les entreprises importatrices d’huile de palme sont-elles soucieuses des pratiques de leurs fournisseurs ? Pas suffisamment, alerte Greenpeace dans un rapport intitulé "le compte à rebours final" rendu public ce mercredi 19 septembre. Une quinzaine de multinationales du secteur cosmétique ou agroalimentaire sont épinglées pour leur exposition à des producteurs d’huile de palme "sales".  Parmi elles figurent Colgate-Palmolive, L’Oréal, Kellogg’s, Nestlé, Mondelez, Pepsico ou Unilever. Ces groupes se fourniraient notamment auprès de 25 producteurs d’huile de palme qui ont, à eux tous, détruit "plus de 130 000 hectares de forêt et de tourbière, une zone qui fait presque deux fois la taille de Singapour", indique le rapport.

Déforestation massive

Greenpeace fait également référence à des chiffres recueillis auprès du ministère indonésien de l’Environnement : 24 millions d’hectares de forêt tropicale détruits entre 1990 et 2015 en Indonésie. Outre le non-respect des droits des travailleurs constatée dans certaines de ces plantations, les conséquences néfastes de cette déforestation massive sont nombreuses : destruction d’écosystèmes, émissions de gaz à effet de serre ou encore propagation de maladies respiratoires causées par les incendies volontairement démarrés pour défricher le terrain.

Le rapport insiste particulièrement sur la responsabilité du plus gros négociant mondial d’huile de palme, Wilmar International, qui continuerait à se fournir auprès de producteurs à bannir en dépit de tous les engagements pris par le groupe depuis 2013 dans le cadre de sa politique "zéro déforestation, zéro destruction des tourbières et zéro exploitation de la main d’œuvre" (No Deforestation, No Peat, No Exploitation – NPDE). La société de négoce avait alors affirmé qu’en deux ans, son entreprise ne vendrait que de l’huile de palme provenant de plantations responsables. Cette annonce suivait les objectifs pris en 2010 déterminés par les entreprises présentes au "Consumer Goods Forum" qui s’étaient engagées à atteindre un objectif "zéro déforestation" d’ici 2020. "2020 étant dans moins de 500 jours, le compte à rebours final a démarré", alerte l’ONG.

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