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POLITIQUE

François de Rugy annonce sa démission

©Ludovic MARIN/POOL/AFP

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy, au centre d'une polémique sur des dépenses excessives, a annoncé avoir présenté sa démission, mardi 16 juillet au matin, auprès Premier ministre, s'estimant victime d'un "lynchage médiatique" et précisant avoir déposé une plainte en diffamation contre Mediapart.

"Je suis trop attaché à l'écologie"

Le numéro deux du gouvernement, qui devait présenter mardi 16 juillet au Sénat le projet de loi énergie et climat, s'est entretenu le matin même avec Edouard Philippe. Son passage devant les députés lors des questions au gouvernement à 15h00 s'annonçait difficile. Voici ses déclarations par communiqué : 

Depuis le début de la semaine dernière, Mediapart m'attaque sur la base de photos volées, de ragots, d'approximations, d'éléments extérieurs à ma fonction. La volonté de nuire, de salir, de démolir, ne fait pas de doute. Je suis soumis à un feu roulant de questions nouvelles et contraint de parer sans cesse à de nouvelles attaques. 

Face aux contre-vérités de Médiapart, j'ai déposé ce matin une plainte pénale en diffamation par la voix du Bâtonnier Pierre-Olivier Sur et de Maître Mathias Chichportich, à qui j'ai confié la défense de mes intérêts. Les attaques et le lynchage médiatique dont ma famille fait l'objet me conduisent aujourd'hui à prendre le recul nécessaire - ce que chacun comprendra. 

La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d'assumer sereinement et efficacement la mission que m'ont confiée le Président de la République et le Premier ministre. Dès lors, j'ai présenté ma démission au Premier ministre ce matin.

Je suis trop attaché à l'écologie à laquelle j'ai consacré tout mon engagement militant, pour accepter que notre action écologique soit affaiblie par des mises en cause personnelles incessantes. En ces moments douloureux, je conserve la fierté des actions entreprises avec le soutien de la majorité parlementaire pour mettre en oeuvre des transformations importantes pour le climat, l'énergie, l'eau, la lutte contre le gaspillage et la biodiversité. Je suis également fier des mesures concrètes d'accompagnement des Français pour réussir la transition écologique ou encore du lancement de l'assemblée citoyenne de 150 Français tirés au sort, une innovation démocratique inédite. 

Je remercie le Président de la République et le Premier ministre de la confiance qu'ils m'ont témoignée en me demandant de relever le défi du ministère de la Transition écologique et solidaire. Je leur redis ma fidélité. Je pense aussi à mes collaborateurs qui ont servi avec conscience et engagement. Merci à elles et à eux. Je pense enfin à ma femme et à ma famille, que je veux aussi protéger par ma décision difficile.

Je veux dire aussi à bientôt. Plus que jamais, c'est le combat pour la République et pour l'écologie qui m'anime." - communiqué de François de Rugy, à la suite de sa démission

Les révélations par Mediapart de dîners fastueux organisés quand il présidait l'Assemblée nationale, de travaux dans son logement de fonction au ministère ou de son appartement près de Nantes avaient sérieusement fragilisé le ministre, qui s'était défendu tout le week-end sur ces informations en cascade.

"L'information a été plus forte que la communication", pour Mediapart

Le journaliste du media, Fabrice Arfi a déclaré à l'AFP, après la démission de François de Rugy sur qui il a enquêté : "Mediapart n'a fait que son travail et continuera de le faire", "La démission de M. Rugy, qui n'appartient qu'à lui et au gouvernement, montre une chose : l'information a été plus forte que la communication".

Au moment de sa démission, le site s'apprêtait à publier une nouvelle enquête sur l'utilisation de ses frais professionnels en tant que député. Mediapart avait envoyé, lundi 15 juillet, de nouvelles questions à François de Rugy concernant cette enquête, pour lesquelles le journal en ligne attendait des réponses à 14h.

"Nos questions lui ont été envoyées hier (lundi), nous attendions ses réponses pour 14h, et ce sera l'annonce de sa démission. Notre enquête révèle les détournements de ses frais de député", a affirmé de son côté, Edwy Plenel, cofondateur et dirigeant du site, sur Twitter.


Macron accepte la "décision personnelle" de l'ex-ministre

François de Rugy paraissait bénéficier du soutien de l'exécutif. De Belgrade où il était en visite, Emmanuel Macron avait dit lundi, 15 juillet au soir avoir "demandé au Premier ministre d'apporter toute la clarté" sur cette affaire afin de prendre des décisions sur la base "de faits", estimant que "sinon, ça devient la République de la délation".

Mardi, le président de la République dit avoir accepté la démission de François de Rugy, soulignant qu'il s'agissait d'une "décision personnelle" du ministre de la Transition écologique. Le chef de l'Etat dit de cette démission qu'il la "respecte pour qu'il puisse se défendre pleinement et librement", a indiqué l'Elysée à l'AFP.

"Nous n'avons aucune indication que des règles aient été transgressées", ou que le ministre démissionnaire François de Rugy, au centre de révélations sur ses dépenses, ait "commis des actes (...) contraires à la justice", a déclaré, à son tour, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye sur BFMTV. "Ce n'est pas parce qu'il y a des articles, ce n'est pas parce que des médias le disent, qu'il faut le croire forcément", a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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