Politique

Elisabeth Borne, remplaçante de François de Rugy : des réformes des transports à l'écologie

©Ludovic MARIN/AFP

Après la démission de François de Rugy, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, est nommée au poste de ministre de la Transition écologique et solidaire. Elle conserve sa casquette aux Transports mais ne récupère toutefois pas le titre de ministre d'Etat, occupé par son prédécesseur. La passation de pouvoir est prévue cet après-midi. 

La ministre des Transports Elisabeth Borne a été nommée mardi soir ministre de la Transition écologique et solidaire en remplacement de François de Rugy, a annoncé l'Elysée. Elle gardera également le portefeuille des Transports, sans pour autant prendre le titre de ministre d'Etat de son prédécesseur, a précisé l'Elysée.

"La confiance que m'accordent le Président de la République et le Premier ministre est un immense honneur", a-t-elle réagi sur Twitter. "Déterminée à poursuivre ce combat essentiel qu'est la transition écologique et solidaire. Au travail dès demain, avec @brunepoirson et @EmmWargon".

La nomination de la ministre, dont le portefeuille était déjà placé sous la tutelle du ministère de la Transition écologique, "est une évidence", a commenté la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Une "femme de terrain" qui récupère le ministère maudit ? 

Ancienne directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Ecologie en 2014, Elisabeth Borne est aussi "une femme de terrain", après avoir été préfète de la Région Poitou-Charentes et préfète de la Vienne, fait valoir une source gouvernementale. "Elle a construit une relation avec les élus locaux à travers les différents textes qu'elle a eu à défendre, elle connaît très bien ses secrétaires d'Etat", Brune Poirson et Emmanuelle Wargon, et "est opérationnelle tout de suite pour défendre la loi énergie-climat" actuellement au Sénat, souligne cette même source.

Cette ingénieure de 58 ans, sortie de l'Ecole Polytechnique en 1981, haute fonctionnaire marquée à gauche, est déjà la troisième à prendre en charge le maroquin de l'environnement sous le quinquennat d'Emmanuel Macron, après les mandats écourtés de Nicolas Hulot puis François de Rugy.

Directrice de 2015 et 2017 de la RATP, Mme Borne n'incarne pas spécialement les sujets écologiques, à l'inverse de M. de Rugy ou de M. Hulot. Mais "quand on parle de réchauffement climatique, la clé est dans les transports", souligne le même conseiller de l'exécutif. Au ministère des Transports, Elisabeth Borne a notamment oeuvré à la réforme de la SNCF avant d'élaborer la loi d'orientation des mobilités, qui doit revenir en nouvelle lecture à la rentrée à l'Assemblée et au Sénat, faute d'accord entre les deux chambres : un autre chantier d'envergure, qu'elle est en train de boucler. Ce texte a notamment une composante environnementale affichée : il s'agit notamment de "verdir" les transports en prenant en compte les "nouvelles mobilités" et les impératifs de lutte contre la pollution. Il doit, entre autre, fixer un cadre pour la circulation des trottinettes électriques, rétribuer les salariés allant travailler à vélo, ou permettre aux communes de créer des "zones à faible émission" (ZFE) interdisant la circulation de certains véhicules polluants à certaines heures.

Dans une carrière essentiellement consacrée au service public, notamment dans les cabinets socialistes dans les années 1990, chez Lionel Jospin à l'Education ou Jack Lang à la Culture, Elisabeth Borne a aussi fait un passage dans le privé, en charge des concessions du groupe Vinci en 2007. Un an plus tard, elle a rejoint la Mairie de Paris comme directrice de l'urbanisme.

Passation de pouvoir prévue cet après-midi

La passation de pouvoir entre François de Rugy, démissionnaire du poste, et Elisabeth Borne aura lieu ce mercredi à 13h30, a annoncé le ministère. La cérémonie se déroulera sur le perron de l'Hôtel de Roquelaure, siège du ministère, précise-t-il dans un communiqué.

Réactions politiques sur Twitter

Gilles Le Gendre, chef de file des députés LREM :

Au nom des députés @LaREM_AN, je salue la nomination de Elisabeth Borne comme ministre de l'Ecologie. Notre groupe apprécie de travailler avec la ministre qui a déjà porté deux lois essentielles du quinquennat : la réforme de @SNCF et la loi sur les nouvelles #mobilités.

Aurélien Taché, député LREM :

Une excellente nouvelle pour la transition écologique et solidaire ! L'alliance des convictions et des compétences, ce qu'est et devra toujours être l'ADN @enmarchefr !

Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture :

Bon courage et pleine réussite chère Elisabeth Borne. Travaillons ensemble à la transition agroécologique pour une agriculture compétitive, innovante et durable.

Julien Bayou, porte-parole d'Europe Écologie Les Verts :

Borne nommée ministre de l'écologie. Elle n'est pas ministre d'Etat. Une ministre des transports qui a accompagné le déclin des petites lignes et la réduction du fret ferroviaire (et pas uniquement Rungis Perpignan). Encore le décalage entre les discours et les actes.

Julien Odoul, membre du bureau national du RN :

Deux enseignements : le banc de touche de l'équipe Macron est terriblement pauvre. L'écologie est rétrogradée en 2e division en perdant son ministère d'Etat quelques semaines après le verdissement de l'acte 2 du quinquennat.

PCF :

Nommer à l'Ecologie celle qui s'apprête à remettre 25.000 camions sur les routes en fermant la ligne Perpignan-Rungis, c'est fort!

Avec AFP. 

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