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Environnement

"On peut agir pour la biodiversité en semant des graines, il n'y a pas de petits gestes"

Stephen Kerkchove est délégué général de l'association Agir pour l'Environnement, à l'origine des "zones de bzzz".
©DR/Agir pour l’Environnement

L'association Agir pour l'Environnement a lancé une campagne de mobilisation et de sensibilisation sur les insectes pollinisateurs en nous proposant d'installer des "zones de bzzz". Interview de Stephen Kerckhove, délégué général de l'association qui compte plus de 20 000 membres.

L'association que vous dirigez a plus de 22 ans déjà !

Nous avons pas mal grandi depuis, avec un projet qui reste très centré sur la mobilisation citoyenne en faisant pression sur des décideurs politiques et économiques.

Et vous ne dépendez financièrement d'aucune subvention...

C'est une décision que nous avons prise il y a trois ans, en se rendant compte que les subventions étaient une drogue dure. On s'y habituait et nous avions du mal à ne plus les utiliser. D'autant que lorsque nous mettions en place des campagnes de pression sur les gouvernements, on nous rappelait rapidement qu'on ne mord jamais la main qui nous nourrit. Et nous avions remarqué un deuxième effet pervers aux subventions, celui de se retrouver à perdre le lien direct avec les adhérents dont nous ne dépendions pas financement. Aujourd'hui, nous vivons chichement et nous comptons 24 000 adhérents qui contribuent à hauteur de 30-40 euros par personne par an ce qui nous permet de financer l'ensemble de nos actions.

Vous êtes actuellement en pleine campagne de financement participatif pour les "zones de bzzz" ?

Cette opération est née il y a quatre ans dans le cadre d'une campagne contre les insecticides néonicotinoïdes qui impactaient très fortement les insectes pollinisateurs. Nous avons alors pensé intéressant d'articuler une campagne de contestation à l'endroit des responsables politiques avec des petits gestes joignant l'utile à l'agréable. Semer des graines mellifères pour transformer son jardin, son balcon, sa terrasse en zones de bzzz, un endroit où on fait pousser des fleurs, ce qui est joli mais ce qui attire également les insectes pollinisateurs. Au passage, cela contribue au financement de notre association.

L'abeille est devenue une icône, mais aussi une boussole de l'état de la biodiversité ?

C'est vrai, elle est devenue une icône car elle subit aussi les conséquences de l'agriculture intensive, du dérèglement climatique, de la pollution lumineuse, de l'arrachage des haies, et cet insecte est devenue une icône de cet effondrement dont on parle tant. Mais l'enjeu c'est de ne pas rester cantonné au simple symbole de l'abeille en élargissant rapidement aux autres insectes pollinisateurs. Il y a en France, un millier d'insectes pollinisateurs, et l'enjeu est de démontrer qu'il y a l'abeille mellifère et d'autres espèces moins connues mais qui subissent aussi les effets de cet effondrement.

Ce n'est pas un peu dérisoire de planter quelques graines face à ce risque d'effondrement justement ?

Mais il est tout à fait possible de s'engager pour la protection de l'environnement et de la biodiversité en semant des graines mellifères, il n'y a jamais de petits gestes, il y a une action collective qui peut prendre différentes formes. Nous ne séparons pas les petits gestes de l'action collective, c'est un tout qui passe par un premier engagement qui peut se traduire dans un second temps par un engagement beaucoup plus important.

Une interview réalisée par Valère Corréard en partenariat avec France Inter : pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici.

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