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Environnement

Décarbonation de l'industrie : la France lance sa filière hydrogène en Normandie

Lancement de la filière hydrogène en France avec le financement d'un électrolyseur d'Air Liquide en Normandie.
©INA FASSBENDER/AFP

Air Liquide a reçu mardi une promesse de soutien de 190 millions d'euros de l'État pour financer un électrolyseur en Normandie. Le premier jalon d'une filière de décarbonation du bassin industriel autour du Havre et d'une "reconquête industrielle" et énergétique bâtie autour de l'hydrogène, en France et en Europe.

Le projet, baptisé "Normand'Hy", porte sur la création d'une usine à Port-Jérôme (Seine-Maritime) d'ici à 2025 en partenariat avec le groupe allemand Siemens qui produira de l'hydrogène "vert" à partir de l'électrolyse de l'eau et d'électricité renouvelable, a dit le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, présent à la cérémonie de lancement. Avec 200 mégawatts, "ce sera le ou l'un des premiers électrolyseurs de cette taille en exploitation au monde" a précisé le PDG du groupe Benoît Potier. Air Liquide dispose d'un autre électrolyseur au Canada, qui produit de l'hydrogène vert, actuellement le plus important du monde en capacité, avec 20 MW.

De l'hydrogène pour décarboner 

L'usine doit ainsi permettre de réduire de 250 000 tonnes par an les émissions de CO2 du site industriel en 2025, soit l'équivalent des émissions de 100 000 voitures par an. Cette future usine sera associée à celle déjà existante d'Air Liquide à Port-Jérôme, produisant de l'hydrogène "gris" à partir de gaz, mais décarboné grâce à un procédé maison d'extraction du CO2, baptisé CryoCap, pour le compte du pétrolier Exxon, et à une troisième usine, située tout près, à Gonfreville, qu'Air Liquide va bientôt racheter à TotalEnergies et exploiter, a précisé M. Potier.

Le projet "Normand'Hy" s'étendra à la décarbonation de tout le bassin industriel normand, le long de la Seine. Il associera aussi par la suite des producteurs d'engrais comme Borealis ou Yara International, implantés localement et désireux de faire baisser les émissions de CO2 de leur production par captation du carbone. "C'est la preuve que la France peut être un des champions mondiaux de la production d'hydrogène décarboné, avec des électrolyseurs, des réservoirs à hydrogène, de la production d'hydrogène sur le territoire français et dans des usines françaises" a dit M. Le Maire. Le ministre a rendu un hommage appuyé au PDG d'Air Liquide, Benoit Potier, qui va céder la place opérationnelle à son numéro deux, François Jackow, en juin, en estimant que sans son action à la tête du Conseil mondial de l'hydrogène, la filière hydrogène française n'aurait pas vu le jour.

Devenir indépendant en énergies 

Évoquant la guerre lancée par la Russie en Ukraine et les menaces qu'elle fait peser sur l'approvisionnement en gaz du reste de l'Europe, il a souligné que "la transition écologique allait nécessairement devoir être accélérée au regard des événements tragiques que nous connaissons". Elle "peut aussi être une opportunité pour la France", a-t-il estimé. "Nous avons des savoir-faire, des technologies, des ingénieurs, des ouvriers, des entreprises comme Air Liquide, ou Mc Phy ou d'autres PME qui sont à un niveau d'excellence mondial" a-t-il relevé. "Il faut que nous nous appuyions sur ces atouts français pour accélérer la décarbonation de l'économie, la transition écologique, et devenir totalement indépendants en matière énergétique" a-t-il soutenu.

Le projet d'Air Liquide fait partie des quinze projets français envoyés par le gouvernement à la Commission pour bénéficier d'une aide publique au titre des programmes PIIEC de soutien à l'industrie de rupture et à la recherche. La Commission qui a reçu au total une centaine de projets de la part des 27, doit les étudier d'ici l'été. Les quinze projets français retenus, dont Bercy a publié la liste mardi, "sont la preuve de notre détermination totale à réaliser la reconquête industrielle dans le cadre de nouvelles chaînes de valeurs" a dit M. Le Maire. Selon la carte de France diffusée par Bercy, ils se situent essentiellement dans six zones géographiques (Nord, Ile-de-France, Normandie, Belfort, Vallée du Rhône, axe Marseille-Béziers-Aix) ainsi que deux projets en Nouvelle Aquitaine, portés par des sociétés comme Alstom, Air Liquide, Arkema, Hyvia, Elogen, John Cockerill, Plastic Omnium, Hynovi, Symbio, ou Genvia.

Avec AFP. 

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