QUESTION DU JOUR

Biodiversité : près de 30% des colonies d'abeilles ont péri l'hiver dernier

©Dilomski/Shutterstock

Une enquête nationale menée par l’Anses et le ministère de l’Agriculture et présentée le 24 octobre dernier aux apiculteurs révèle que 30 % des colonies d'abeilles françaises ont péri durant l'hiver. dernier. Des chiffres qui font vivement réagir l'UNAF, l'Union nationale de l'apiculture française.

"Un constat douloureux pour les apiculteurs : 30 % de mortalité de ruches au cours du seul hiver 2017/2018", déplore l'UNAF dans un communiqué publié le 25 octobre. L'Union nationale de l'apiculture française y rappelle "la désolation dans de nombreuses exploitations apicoles" en avril dernier, au sortir de l'hiver, et précise qu'à la suite d'une journée de mobilisation le 7 juin dernier, "pour obtenir la reconnaissance par l'État de ces difficultés", le ministère avait décidé de lancer une enquête

Menée entre juillet et août, cette enquête révèle que près de 30 % des colonies françaises ont péri au cours de l'hiver dernier. Sur environ 46 000 apiculteurs interrogés, plus de 13 000 ont répondu. Selon l'UNAF, on évoque habituellement le taux de 30 % de mortalité sur l'année (en saison et en hiver). "Et avec ce seuil, pratiquer l'apiculture est déjà intenable", précise l'Union. "Comme pour le reste de la biodiversité, les oiseaux et les insectes volants, le déclin de nos abeilles s’accélère. Nous pressons les pouvoirs publics de sortir notre agriculture de sa dépendance aux pesticides. Il faut saisir l’opportunité de la renégociation de la PAC pour réorienter notre modèle agricole", estime Gilles Lanio, Président de l’UNAF. 

Notamment dans le viseur des apiculteurs et des associations environnementales : les néonicotinoïdes, ces "substances insecticides" qui suscitent des inquiétudes en Europe quant à leur possible impact sur les abeilles. Depuis le 1er septembre 2018, sont interdits en France "l'ensemble des produits de la famille des néonicotinoïdes", avec certaines dérogations jusqu'au 1er juillet 2020. Cet été, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a par ailleurs annoncé une aide de trois millions d'euros "pour les apiculteurs touchés par la mortalité des abeilles", afin de renouveler les essaims. Une aide qui fait toutefois débat auprès des apiculteurs. "Nous sommes très dubitatifs", indiquait en juillet dernier à l'AFP Marie-France Roux, porte-parole de la Fédération française des apiculteurs professionnels. Selon elle, précise l'AFP, "cette aide ne permettra pas de financer à 100 % les rachats d'essaims et les apiculteurs devront mettre de leur poche".

A votre échelle, avez-vous constaté un certain déclin de la biodiversité française ?

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