Environnement

Art recyclé : quand les déchets marins se muent en œuvres

Infinity : tissage de cordes de pêche en nylon sur poche d’huitre.
©Odile Lefur/Tidelines
Green Sunburst : tissage circulaire en cordes de pêche.
©Odile Lefur/Tidelines
Hippocampus : déchets plastiques utilisés comme tampon, sur du papier fait main, inspiré de la technique japonaise du gyotaku.
©Odile Lefur/Tidelines
Tan-Tan : tissage circulaire en cordes de pêche, déchets plastiques et coquillages.
©Odile Lefur/Tidelines
Diptych : tissage plat en corde de pêche sur poche d’huitre.
©Odile Lefur/Tidelines
Pelote : collier de boules de cordes de pêche en nylon.
©Odile Lefur/Tidelines
Welcome : assemblage de flotteurs, cordes de pêche, poches d’huitre et bois flotté.
©Odile Lefur/Tidelines

Transformer des déchets marins en œuvres d'art, Stéphanie Lerner l'a fait. Cette artiste engagée, amoureuse des océans, a passé des années à ramasser des ordures sur les plages pour leur donner une seconde vie.  

Stéphanie Lerner, ex-chargée de communication reconvertie en artiste engagée et grande voyageuse, ramasse depuis toujours des objets trouvés sur le sable :"J'ai passé mon enfance en Afrique et je ramassais déjà plein de choses sur les plages, comme des coquillages", explique-t-elle. Mais au fil de ses voyages et des bords de mer qu'elle a arpentés, l'artiste a été rattrapée par la réalité : "Récemment, j'ai eu une prise de conscience : j'ai réalisé que je trouvais plus de plastique et de déchets à ramasser que de coquillages ou bouts de bois". 

De bouts de plastique à œuvres d'art

De ce constat lui est venu une idée : collecter ces déchets marins pour leur donner une seconde vie, en les transformant en œuvres d'art. Cordes de pêche, bouts de plastique, bois flotté, coquillages ou poches d'huître, rien n'a échappé à l'artiste, des plages bretonnes à celles d'Agadir en passant par les lagons jamaïcains. L'ampleur de sa collecte représenterait une pièce de son appartement

Ses œuvres, aux inspirations africaines, ont été entre autres conçues à partir de totems, de figurines et de tissages colorés plats ou en relief. Stéphanie Lerner s'est même essayée au dessin. Inspirée de la technique japonaise du gyotaku, elle a également utilisé certains déchets comme tampons encreurs. L'esthétisme des œuvres se mêle à l'engagement de l'artiste.

Aujourd'hui, pour la première fois, Stéphanie Lerner présente une soixantaine de ses créations à travers l'exposition "Tidelines" - textuellement la marée et l'horizon. On y découvre une sorte de parcours initiatique du déchet, présentant aux visiteurs ses conséquences et ses enjeux. Rendez-vous jusqu'au 22 avril à la galerie 3F à Paris, dans le quartier des Abbesses du 18ème arrondissement (58 rue des Trois Frères).