83 % des dirigeants interrogés estiment que la transition écologique est un "enjeu incontournable", selon un sondage OpinionWay.
©Unsplash
Entreprises

Transition écologique : les dirigeants des petites et moyennes entreprises "se sentent seuls"

Mesurer son impact environnemental, réduire son empreinte carbone, électrifier ses activités… Pour les petites entreprises, la transition écologique ressemble de plus en plus à une obligation. Mais derrière les injonctions à "verdir" l'économie, nombre de dirigeants disent manquer de moyens pour agir réellement.  

Face à l'urgence climatique, les entreprises tentent de s'adapter à une transition qu'elles jugent difficile à assumer. Sept patrons sur dix de très petites entreprises (TPE) et moyennes entreprises (PME) ne se sentent pas suffisamment accompagnés dans leurs démarches environnementales. C’est le constat que dresse un sondage OpinionWay pour l'Institut mutualiste de l'environnement et de la solidarité et 2050 Now. Alors que la responsabilité des entreprises dans la crise climatique est de plus en plus questionnée, les 400 patrons interrogés souhaitent s'engager.

83 % d'entre eux estiment que la transition écologique est un "enjeu incontournable". La presque totalité des dirigeants ont même déjà mis en place au moins une action écologique dans leurs entreprises, et 65 % estiment que leur entreprise est active en matière de transition écologique. Une tendance confirmée par la multiplication des démarches RSE et de la prise en compte des critères ESG dans les stratégies des entreprises. Sous la pression des consommateurs, l'écologie devient désormais un critère central de compétitivité et d'image.

Un manque de soutien

Alors que ce premier "baromètre de l'action écologique des acteurs des territoires" mesure l'engagement écologique des TPE-PME, il souligne également les contraintes auxquels elles font face. 88 % des patrons interrogés citent "au moins un obstacle" à leur transition écologique. Coût (60 %), complexité réglementaire (41 %), contexte économique (39 %)… Autant de freins qui limitent les initiatives de ces entreprises. 

Cette situation est aggravée par les tensions géopolitiques et la hausse des coûts de l'énergie. La crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient accentue les difficultés économiques des firmes. D'un côté, tous les secteurs sont frappés par l'inflation des hydrocarbures. De l'autre, certaines grandes entreprises électrifient leurs activités afin d'économiser sur le long terme. Mais les TPE et PME, souvent moins dotées en ressources, se retrouvent rapidement bloquées. 

Quand l'écologie se heurte à la croissance

Cette tendance s'explique également par un manque de suivi et d'anticipation. Le baromètre constate que plus les entreprises sont petites, moins elles mesurent leur impact écologique. C'est notamment le cas de l'intelligence artificielle. Massivement déployée dans le monde professionnel, cette technologie représente un coût environnemental largement sous-estimé par les entreprises. Elles étaient 97 % dans ce cas parmi un échantillon de 1 000 firmes lors d'une enquête de la Fondation Thomson Reuters.

Dans ce contexte, la tension croissante entre engagement climatique et croissance économique mène à revoir les réglementations et les lois. Alors que l'Union européenne démantèle son pacte vert, le gouvernement français instaure des lois de simplification. De véritables reculs environnementaux, qui permettent aux entreprises de souffler économiquement. Mais à quel prix ? Une équation complexe, dans laquelle l'urgence écologique semble sans cesse reléguée derrière les impératifs économiques.