Abonnez-vous

à toute l'info durable !

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Entreprises

Towt, l’entreprise française qui relance le transport maritime à voile

Grâce à son fret maritime entièrement à voile, Towt a empêché l'émission de 300 tonnes de CO2 en 2018.
Towt

Towt, pour Transoceanic Wind Transport, est une entreprise de fret maritime basée sur un seul élément, gratuit et écologique : le vent. 

Fondée par Guillaume Le Grand et Diana Mesa à Douarnenez, dans le Finistère, c’est une des rares entreprises françaises à proposer un transport de marchandises par voie maritime avec presque zéro émission de gaz à effet de serre (en effet, il faut toujours un petit moteur pour manœuvre le navire dans les ports). "Le commerce maritime représente 4% des émissions globales dans le monde et presque personne n'en parle !", s'insurge le co-fondateur, joint par téléphone. "Où en sera-t-on en 2050 ? Comment faire après la fin du pétrole ? Ce sont ces questions qui nous ont fait persévérer dans notre projet, même si l'on nous a souvent rit au nez. Tout le monde nous a dit que c'était impossible, les affaires maritimes, les douanes, même nos parents ! Et pourtant aujourd'hui nous proposons une solution viable pour ceux qui souhaitent s'engager face à l'absurdité de la massification des échanges, qui crée un nivellement environnemental et social vers le bas." 

Le premier voilier de Towt a pris la mer en 2011. Sept ans plus tard, la société transporte 220 tonnes de marchandises par an, acheminées grâce à ses quatre gréments qui rallient le Portugal, l’Angleterre, la Scandinavie mais aussi les Caraïbes ! Bilan : 300 tonnes de CO2 qui ne seront pas diffusés dans l’atmosphère cette année. Towt permet ainsi à Biocoop d’importer de l’huile, de la bière ou encore du vin bio. L’entreprise transporte aussi du café, du chocolat ou du rhum, qu'elle commercialise aussi sous sa propre marque.

Les gréments de Towt semblent tout droit sortis d'un film d'aventure.
Towt

"C'est comme cela que nous avons commencé : en achetant et en revendant des produits. Grâce à cet import-export, nous avons été à la fois nos propres clients et nos propres fournisseurs, ce qui nous a permis d'avoir une bonne connaissance des attentes des clients et du transport des produits. Petit à petit, nos fournisseurs nous ont demandé de transporter leurs produits", confie Guillaume Le Grand. Cette marque de confiance est d'importance dans le commerce maritime, où les propriétaires des marchandises n'ont souvent pas d'informations sur le transport de leurs produits car ils n'en sont pas expéditeurs directs. "Ils ne savent pas comment les marchandises sont acheminées, sur quel bateau ni avec quelle escale", explique le co-fondateur de Towt. "Nous avons aussi cette responsabilité de marins d'en parler pour créer une filière la plus saine possible."

Avec nos vieux gréments, on préserve un patrimoine "

Pour le consommateur, le coût est plus cher… de 10 centimes pour une bouteille de vin par exemple. Pour ceux qui sont prêts à cette dépense, l’entreprise a créé un label certifiant des conditions de transport de son produit. Baptisé "Anemos", le vent en grec, il indique un numéro de voyage avec le trajet parcouru et le bilan carbone du produit, pour une traçabilité transparente.

Le label "Anemos" garanti le transport des marchandises à la voile, leur faible bilan carbone et leur trajet.

Dès 2021, le premier voilier-cargo de Towt devrait prendre la mer, et permettre d'économiser 10 000 tonnes de CO2 par an ! C'est le projet Phoenix. Avec ses 67 mètres et sa vitesse de croisière de 11 nœuds (équivalente à celle des porte-conteneurs actuels), il pourra transporter 1 000 tonnes de marchandises en une seule fois. Cela représente une économie de plus de 300 000 tonnes de CO2 sur sa durée de vie selon Guillaume Le Grand.

C'est en voyant l'amour des gens que l'on a su qu'on allait s'en sortir "

Mais il a bien failli ne pas voir le jour. Fin 2017, un incendie ravage le stock de marchandises et la maison des fondateurs. Ils perdent tout, sauf leurs voiliers. "À ce moment-là, on s'est dit : soit on arrête tout, soit on le construit, ce cargo. Avec nos vieux gréments, on préserve un patrimoine mais chaque bateau n'a que la capacité d'un camion. Il fallait voir plus grand pour garantir une pérénnité à long terme. C'est une idée que nous avions depuis la création de l'entreprise", assure Guillaume Le Grand. Grâce à la solidarité portuaire de leur ville de marins et à un crowfunding, le projet se concrétise. "C'est en voyant l'amour des gens que l'on a su qu'on allait s'en sortir. On avait le devoir de le faire, de se relever", confie-t-il. Avec 400 000 euros investis en recherche et développement et de nouveaux clients, le voilier devrait prendre la mer comme prévu d'ici deux ans, et se mettre au transport de papier ou encore de karité. Un commerce éco-responsable florissant qui intéresse aussi les grandes entreprises, soucieuses de réduire leur bilan carbone

Le futur voilier-cargo de Towt, qui pourra transporter 1000 tonnes de marchandises par voyage et économisera 10 000 tonnes de CO2 par an !
Towt