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Entreprises

Second Sew : "Je trouvais ça contradictoire d'habiller nos enfants avec des vêtements qui détériorent leur avenir"

DR / ©Second Sew

Second Sew propose des vêtements éthiques pour bébés et enfants, faits à partir de tissus revalorisés. Entretien avec Camille Brun-Jeckel, fondatrice de cette entreprise d'upcycling. 

Pouvez-vous expliquer le concept de Second Sew ?

Second Sew signifie deuxième couture. La marque propose des vêtements éthiques pour bébés et enfants réalisés à partir de tissus déjà existants, c'est une petite entreprise d'upcycling. Tout est fait à la main et fabriqué en France. 

Comment décrivez-vous votre métier à votre entourage ? 

J'utilise des tissus qui ont déjà eu une première histoire dans le but de leur en donner une nouvelle à travers des vêtements pour bébés et enfants. L'industrie textile est la seconde industrie la plus polluante au monde. Je trouvais contradictoire d'habiller nos enfants avec des vêtements qui détériorent leur avenir. J'essaye aussi d'être dans une démarche zéro déchet : toutes les chutes de tissus sont réutilisées pour faire des coussins.

Quel est le point de départ pour cette entreprise ? 

C'est la concordance de plusieurs choses. La toute dernière est l'arrivée de ma fille. Je ne voulais pas endommager l'environnement dans lequel elle allait grandir à travers des actes de consommation. Il me semblait donc nécessaire d'utiliser des ressources déjà existantes. J'avais quand même envie qu'il y ait une certaine originalité, qu'elle ait des vêtements à elle, c'est pour cette raison que j'ai commencé à lui en faire moi-même à partir de textiles que j'avais déjà chez moi. Ensuite, il y a eu le fait d'être de plus en plus sensible à l'écologie, au respect des droits humains et au respect de l'environnement. Avant de travailler à Second Sew, je travaillais en association humanitaire et j'ai parfois été témoin du non-respect des droits de l'Homme et surtout de l'enfant. C'est également en voyageant que j'ai pu voir la dégradation de l'environnement. Dans ma démarche, je voulais vraiment avoir le minimum d'impact sur l'environnement et sur les droits humains. 

Je pense que c'est un concept qui peut facilement prendre de l'ampleur rapidement. 

Pouvez-vous nous détailler le processus, entre le moment ou vous imaginez le vêtement et celui où il arrive sur votre site ? 

L'histoire d'un vêtement part en général d'un modèle déjà existant. Soit je m'inspire de modèles que je portais étant petite, soit d'un vêtement que j'ai repéré en brocante ou chez Emmaüs. C'est à partir de ce moment-là que le modèle émerge. Au fur et à mesure, je déniche des tissus divers et variés comme des draps, des nappes ou des rideaux et je détermine quel textile irait bien avec quel modèle. Ensuite, je coupe les textiles et les pièces détachées sont envoyées à Calais dans un atelier de confection avec des femmes en insertion professionnelle. Tout l'assemblage est réalisé là-bas et une fois prêt, tout m'est renvoyé à Paris. C'est ainsi que commence la commercialisation. 

Avez-vous un travail pédagogique à faire au niveau des prix ? 

Je pensais vraiment avoir la nécessité de le faire mais je n'en ai pas eu besoin. Dès que je raconte l'histoire du vêtement, les clients sont tout de suite séduits et adhèrent directement à l'idée. Il s'agit de la revalorisation du textile ; tout est local et les gens ne se posent que rarement la question du prix. Même si c'est l'inverse qui devrait se passer, les clients ont l'air plutôt réceptifs au niveau du rapport qualité/prix. 

Comment voyez-vous l'avenir en tant qu'entrepreneure et quels seront vos défis à relever pour devenir viable d'ici quelques années ? 

Le défi premier est de faire adhérer le plus grand nombre de personnes à la revalorisation du textile même si pour les bébés et les enfants, ce n'est pas du tout un obstacle. Il va également falloir faire connaître le concept et faire coopérer les clients à acheter moins mais mieux. Quand je remarque la facilité que j'ai à travailler avec des entreprises françaises telle que l'atelier d'insertion à Calais, je pense que c'est un concept qui peut facilement prendre de l'ampleur rapidement.

Pensez-vous que les enfants peuvent être un bon prétexte pour changer ses pratiques vestimentaires ? 

Effectivement, cela peut être un test pour les petits. C'est surtout important car c'est la base de départ des changements de mentalité et de conscience le fait d'habiller son enfant avec des tissus issus de la revalorisation textile, même si les enfants eux-même ne s'en rendent pas compte. C'est une manière de leur expliquer au fur et à mesure de leur croissance qu'il faut faire attention à sa manière de s'habiller et de consommer pour protéger au mieux son environnement. Nous faisons partie de la génération qui vit la transition écologique mais nous sommes là, en tant que parents, pour accompagner la future génération à mieux consommer et leur apprendre à vivre cette transition qui arrive. 

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter : pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici : 

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