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Quelle alternative à la voiture en zone rurale et en périphérie des villes ? Le nouveau défi des transports publics

©Mostovyi Sergii Igorevich/Shutterstock

Comment offrir une option alternative à la voiture en zone rurale ou en périphérie des villes où les transports publics sont déficients ? La question agite le petit monde de la mobilité, qui cherche des réponses à ce défi lancé l'an dernier par les "gilets jaunes".

"Il ne faut pas que les métropoles, qui ont vraiment des projets de transport très innovants, nous fassent oublier qu'il y a une grande partie de la population qui aujourd'hui n'est pas desservie", rappelait cette semaine Anne Gérard, la présidente d'Objectif transport public, un groupement associant élus et opérateurs, aux Rencontres nationales du transport public, à Nantes.

Les habitants de ces régions 'sont condamnés, en quelque sorte, à utiliser leur voiture, avec tout ce que ça veut dire en matière de coût (...) et d'environnement'.

Il y a en France "70 % de personnes dépendantes de leur voiture et 40 % de la population réside dans des territoires sans transports publics. C'est un enjeu très fort", soulignait cette élue (PS) de Poitiers. Un constat partagé par le futur patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. Les habitants de ces régions "sont condamnés, en quelque sorte, à utiliser leur voiture, avec tout ce que ça veut dire en matière de coût (...) et d'environnement", explique-t-il à l'AFP.

Il n'est évidemment pas question de prolonger loin dans les campagnes les métros et les tramways des grandes villes. Quant aux navettes autonomes pour tous, elles ne sont pas pour demain. Il va donc falloir faire preuve d'un peu d'imagination et de bonne volonté. 

Trouver des synergies

Le défi est double : permettre aux habitants de ces zones d'aller travailler, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres de chez eux, et d'avoir accès aux commerces et aux services. L'opérateur Transdev promeut en particulier l'exemple du "buurtbus" néerlandais : l'opérateur fournit des minibus et en laisse les clefs à des bénévoles, organisés en associations, qui les conduisent sur des parcours réguliers. Son concurrent Keolis (filiale de la SNCF) suggère de son côté de trouver des synergies avec le transport sanitaire.

"Il y a des solutions pas chères, mais qui ne peuvent se faire qu'à la bonne échelle", note le PDG de Transdev Thierry Mallet. D'ailleurs, "nous ne décongestionnerons pas les agglomérations si nous ne trouvons pas des solutions pour la périphérie", remarque-t-il. Pour ce faire, il faudrait commencer par établir une bonne cartographie des territoires, ajoute M. Farandou, actuellement à la tête de Keolis.

Parmi les solutions évoquées, on peut citer la construction de parkings-relais sur tout le territoire et des systèmes de navettes régulières vers les villes ou pour se rabattre vers des TER plus fréquents. Avec, bien sûr, une tarification intégrée. Les opérateurs proposent aussi de développer le transport à la demande.

"Avec le développement de l'intelligence artificielle, on est convaincu qu'on va être capable de développer des solutions flexibles et dynamiques, qui permettront d'avoir un service relativement correct", remarque Frédéric Baverez, le directeur de Keolis France.

Covoiturage

La technologie doit en effet permettre de regrouper les gens pour remplir les véhicules sans trop compliquer les itinéraires, selon lui. Idem pour le covoiturage, auquel croient aussi les élus.

"Le covoiturage, ça parle à ceux qui veulent lutter contre le réchauffement climatique, et puis ça parle aussi à ceux dont la grille de lecture est 'combien de temps je mets pour aller bosser et combien ça me coûte'", observe Johanna Rolland, la maire (PS) de Nantes. "Les 'gilets jaunes', quand ils vont regarder que ça leur coûte 40 euros de moins par mois pour aller bosser, ils pourront covoiturer !" M. Farandou évoque une autre astuce, les cars scolaires: "certains d'entre eux ont de la place qu'il faudrait ouvrir aux habitants". Sur le plan législatif, la Loi d'orientation des mobilités (LOM), en cours d'examen, prévoit que tout le territoire national soit couvert par une autorité organisatrice des transports qui sera l'intercommunalité ou à défaut la région, laquelle sera chargée de coordonner tous les modes sur sont territoire.

"Ca ne marchera bien que si les communautés de communes s'emparent du sujet", estime Roch Brancour, vice-président (Les Républicains) chargé des transports des Pays-de-la-Loire. "Il faut qu'il y ait une animation sur le terrain. Or, les régions ne peuvent pas animer sur le terrain", ajoute-t-il. Reste un élément important, ignoré par la LOM : trouver les ressources pour financer de ces nouveaux services.

Avec AFP. 

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