Au Groupe La Poste, les décisions d’achat intègrent des enjeux sociaux et environnementaux qui transforment à la fois les pratiques internes et les relations avec les partenaires.
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RSE : comment le Groupe La Poste fait de ses achats un levier d’impact et de transformation

Au Groupe La Poste, les décisions d’achat intègrent des enjeux sociaux et environnementaux qui transforment à la fois les pratiques internes et les relations avec les partenaires. Entre performance, impact et résilience, la fonction achats voit son rôle s’élargir.

Dans une entreprise, les achats sont loin de se résumer à une ligne de dépenses. Ils peuvent représenter entre 50 et 80 % du chiffre d’affaires d’une organisation, selon AFNOR Certification. Derrière chaque contrat se jouent ainsi des choix de prix, de qualité et d’approvisionnement, mais aussi des questions liées aux ressources mobilisées, aux conditions de production ou aux pratiques tout au long de la chaîne de valeur.

À l’échelle du Groupe La Poste, ce levier change de dimension. Le groupe réalise près de 18 milliards d’euros d’achats par an, en France et à l’international, auprès de plus de 35 000 fournisseurs en France, dont près de 80 % sont des TPE, PME ou ETI. Cette ampleur donne à la fonction achats une place stratégique dans le déploiement des engagements ESG du Groupe.

Sa politique d’achats responsables s’organise autour de trois dimensions complémentaires : sociétale, sociale et environnementale. Elle s’inscrit également dans les engagements d’entreprise à mission du Groupe La Poste, en cherchant à traduire ces orientations dans les décisions d’achat comme dans les pratiques de son écosystème.

Quand la RSE entre dans la décision d’achat

Concrètement, le prix, la qualité ou les contraintes opérationnelles restent déterminants dans l’évaluation d’une offre. Mais ils ne sont plus les seuls éléments à guider la décision.

"La démarche consiste moins à arbitrer entre économie et RSE qu’à rechercher une performance globale", résume Vincent Criscuolo, responsable conformité et achats responsables du Groupe La Poste. Coût sur le cycle de vie, maîtrise des risques ou continuité des opérations peuvent ainsi être examinés aux côtés des critères plus traditionnels.

Cette logique se traduit dès le choix des fournisseurs. Fin 2025, 84 % des consultations, c'est-à-dire des mises en concurrence avant d’attribuer un marché, intégraient un critère RSE pesant au moins 10 % dans la note. Le premier Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (SPASER) publié en 2026 par le Groupe La Poste fixe désormais un cap à horizon 2030 : intégrer dans 100 % des consultations des critères RSE éliminatoires ou représentant plus de 10 % de la note finale.

Cette généralisation ne revient pas pour autant à appliquer une grille identique à tous les achats. "Les exigences sont définies à partir des risques et opportunités propres à chaque catégorie, puis traduites en critères mesurables et adaptés à la maturité du marché", précise Vincent Criscuolo. 

L’objectif n’est pas seulement de sélectionner les entreprises les plus matures, mais de les accompagner dans leur progression.

Un métier qui se joue plus en amont

Cette manière d’acheter modifie aussi ce qui est attendu des équipes. "La montée en puissance des achats responsables fait évoluer l’acheteur vers un rôle de pilote de la performance globale", estime Vincent Criscuolo. À fin 2025, 100 % des acheteurs avaient été formés aux achats responsables. 

Mais la transformation ne s’arrête pas à la filière achats. Une partie du travail se joue dès l’expression du besoin, avec les prescripteurs, c’est-à-dire les équipes qui définissent ce qui doit être acheté. Durée de vie d’un produit, ressources mobilisées, réparabilité, réemploi ou pertinence d’une autre solution peuvent être examinés avant même la consultation. Les enjeux ESG entrent ainsi dans la réflexion dès la conception du projet, et pas uniquement au moment de comparer les offres.

Pour accompagner ce changement, la fonction s’appuie notamment sur la cartographie des enjeux, des outils de pilotage et des indicateurs de suivi. L’acheteur doit désormais être capable d’identifier les risques et leviers propres à sa catégorie, mais aussi de travailler avec les métiers et les différentes expertises mobilisées autour de la décision.

Une relation inscrite dans la durée

Le rôle des achats ne s’arrête pas au choix du fournisseur. "L’objectif n’est pas seulement de sélectionner les entreprises les plus matures, mais de les accompagner dans leur progression", souligne Vincent Criscuolo. Réunions de suivi, évaluations ou plans de progrès permettent de prolonger le dialogue et de vérifier dans le temps les engagements pris.

Cette responsabilité concerne aussi les conditions dans lesquelles les prestations sont réalisées. À horizon 2030, le Groupe prévoit d’intégrer, sur son périmètre, des exigences liées aux droits humains, aux libertés fondamentales ainsi qu’à la santé et à la sécurité au travail dans 100 % des consultations concernant les catégories d’achats à fort impact.

La politique d’achat constitue également un levier d’inclusion. En 2025, plus de 49 millions d’euros ont été dépensés auprès de structures inclusives et plus de 175 000 heures d’insertion ont été contractualisées. Sa portée est aussi territoriale : la feuille de route prévoit notamment des dispositifs dédiés pour accompagner l’accès des entreprises locales aux appels d’offres et mieux mesurer la contribution des achats aux dynamiques économiques des territoires.

Faire des achats un levier d’adaptation

À ces enjeux s’ajoute désormais celui de l’adaptation. Face aux effets du changement climatique, il ne s’agit plus seulement de réduire l’empreinte des biens et services achetés, mais aussi d’anticiper les conditions dans lesquelles ils pourront continuer à répondre aux besoins de l’entreprise.

À horizon 2030, le Groupe La Poste prévoit d’intégrer des exigences liées à l’économie circulaire et à l’adaptation au changement climatique dans 100 % des consultations des catégories d’achats à fort impact d’ici 2030.

"L’enjeu est de ne plus seulement acheter une solution performante dans les conditions actuelles, mais de vérifier qu’elle restera disponible, adaptée et opérationnelle dans un contexte climatique plus instable", explique Vincent Criscuolo. Une approche qui relie directement choix d’achat, continuité d’activité et robustesse de la chaîne de valeur.

Le cap fixé pour les années à venir est désormais celui du changement d’échelle, avec davantage de pilotage, de mesure et de diffusion de ces pratiques. "La prochaine étape est de passer d’une démarche structurée à une démarche pleinement généralisée et démontrable", résume Vincent Criscuolo.

Cette dynamique vient également d’être reconnue par le renouvellement, en 2026 et pour trois ans, du label Relations fournisseurs et achats responsables (RFAR). Obtenu une première fois en septembre 2023 par La Poste, La Poste Immobilier, La Banque Postale et CNP Assurances, ce label reconnaît l’engagement du Groupe en faveur d’une performance durable. Il vient aussi conforter sa démarche d’achats responsables et les relations durables qu’il construit avec ses fournisseurs.

En partenariat avec le Groupe La Poste.