Une chaîne logistique ne se transforme pas à coups de bonnes intentions. Une filière de réemploi ou un service non plus. À travers son podcast "Parlons impacts positifs", le Groupe La Poste donne la parole à celles et ceux avec qui elle agit. Leurs expériences dessinent un même constat : pour rendre les pratiques plus responsables, il faut souvent commencer par les construire à plusieurs.
Selon les projets, ces démarches collectives transforment les pratiques à des niveaux très différents. Elles peuvent faire évoluer les façons de travailler, rapprocher enjeux environnementaux et sociaux, ou encore accompagner des changements plus structurels à l’échelle des territoires. Trois façons complémentaires de faire passer l’impact de l’intention à la pratique.
Quand la coopération change l’échelle
La première se joue au cœur même des organisations. Une solution plus responsable n’a d’effet durable que si elle s’intègre aux pratiques quotidiennes, peut être reproduite et, parfois, déployée à plus grande échelle. Plusieurs coopérations menées avec le Groupe La Poste en donnent une illustration claire.
Chez Enedis Pays de la Loire, la question est simple : que faire des vêtements professionnels usagés ? Pour éviter qu’ils ne deviennent des déchets, l’entreprise s’appuie sur Recygo, qui met à disposition des contenants dédiés sur ses sites. Une fois remplis, ils sont récupérés lors des tournées du Groupe La Poste, puis les vêtements sont triés et orientés vers des filières de valorisation. À la clé, 12,1 tonnes équivalent CO2 évitées. Mais pour Bruno Trias, directeur RSE d’Enedis Pays de la Loire, l’intérêt du dispositif tient aussi à ce qu’il ouvre derrière lui : "Ce projet, il est mesurable, il est concret, il est visible et il est surtout réplicable à très grande échelle."
Chez Vertbaudet, la transformation touche cette fois toute une mécanique logistique. L’enseigne préparait environ 120 000 cartons par an pour ses magasins. Avec Chronopost, elle les remplace progressivement par 2 500 bacs réutilisables, tout en regroupant livraison et collecte dans un même passage. L’intérêt ne se limite alors plus à la réduction des déchets : les flux sont simplifiés, les trajets optimisés et le quotidien des équipes facilité. "Quand un projet est bien pensé, la responsabilité environnementale peut devenir un levier d’efficacité, de robustesse et de qualité", résume Antoine Millamon, responsable flux et transport.
Dans le bâtiment, franchir un nouveau cap suppose encore autre chose : donner aux acteurs les moyens d’adopter durablement les nouvelles pratiques. La Poste Immobilier, Icade, Sequndo, Valobat et leurs partenaires travaillent ainsi à généraliser le réemploi des matériaux de second œuvre. Leur démarche a notamment débouché sur un guide opérationnel destiné à traduire cette ambition en fiches pratiques et outils directement mobilisables.
Un même projet, plusieurs impacts
Mais faire évoluer les pratiques ne consiste pas seulement à réduire leur impact environnemental. Certaines démarches permettent aussi d’y associer des bénéfices sociaux ou sociétaux.
En Loire-Atlantique, la Fondation Territoriale 44 a ainsi fédéré sept entreprises autour d’une collecte de matériel informatique. Au total, 825 ordinateurs ont été réunis, dont 160 apportés par le Groupe La Poste, avant d’être mis à disposition d’associations locales, notamment engagées dans l’inclusion numérique. Une opération qui illustre bien ce double bénéfice. Comme l’explique Fanny Lepoivre, déléguée générale de la Fondation Territoriale 44, "elle permet à la fois d’offrir une seconde vie à des ordinateurs et aux associations d’éviter l’achat de matériel neuf".
Cette logique de coopération peut aussi modifier la manière même de concevoir un service. Avec le TechLab d’APF France Handicap, le Groupe La Poste associe directement des personnes en situation de handicap à certaines phases de conception. Lors de la refonte du document utilisé pour envoyer un courrier recommandé, des postiers en situation de handicap ont participé aux tests afin d’en améliorer l’usage. L’enjeu n’est plus de corriger l’accessibilité une fois le service conçu, mais d’intégrer dès le départ la diversité des usages.
Le territoire comme échelle de transformation
À mesure que les projets gagnent en ampleur, la question change encore de nature. Il ne s’agit plus seulement d’adapter une pratique ou un service, mais de donner aux territoires les moyens d’engager des transformations qui s’inscrivent dans la durée.
En Eure-et-Loir, le département a ainsi engagé 150 millions d’euros pour rénover ses 39 collèges publics d’ici 2030. La Banque Postale accompagne le programme avec un prêt vert de 7 millions d’euros et un prêt social de 8 millions. Sur les dix premiers établissements rénovés, les économies d’énergie atteignent déjà 32 %.
À Nancy, le trolleybus électrique financé avec l’appui de La Banque Postale raconte lui aussi une transformation qui dépasse son objet premier : 12 kilomètres de ligne, 25 stations, une voirie repensée et 300 arbres plantés le long du parcours. "Le transport n’est pas une fin en soi. On voulait aussi transformer la ville", souligne Patrick Hatzig, vice-président de la métropole du Grand Nancy.
D’un projet à l’autre, le Groupe La Poste n’occupe donc jamais exactement la même place. Réseau logistique, filiale spécialisée, expertise immobilière, financement, présence territoriale… les leviers changent selon les besoins. Mais le fil rouge, lui, reste le même : réunir des compétences complémentaires pour qu’une solution puisse sortir du discours, entrer dans les pratiques et, lorsque les conditions sont réunies, changer d’échelle.
En partenariat avec le Groupe La Poste.