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Guillaume Pépy : "Nous devons avoir abandonné le glyphosate dans deux ans, et on le fera"

©Alexandros Michailidis/Shutterstock

La SNCF va abandonner le glyphosate, dont elle est une grande utilisatrice pour désherber ses voies et leurs abords immédiats, d'ici à son interdiction en 2021, a assuré son patron Guillaume Pepy jeudi 29 août.

"Nous devons avoir abandonné le glyphosate dans deux ans, et on le fera", a déclaré M. Pepy sur RMC et BFMTV. "C'est la loi, et on fait tout aujourd'hui pour le faire", a-t-il ajouté, reconnaissant que "ça coûtera plus". SNCF Réseau, qui consomme 0,4 % du glyphosate utilisé en France, a lancé "dix expérimentations" pour trouver d'autres solutions, a raconté M. Pepy.

Parmi elles, il a cité "des substances naturelles qui tuent les herbes et les plantes qui poussent au milieu des voies" et "d'autres technologies" avec la chaleur, l'électricité ou la pose de films empêchant la croissance de la végétation. "On n'a pas une solution miracle mais on a plusieurs solutions", avait dit en avril à l'Assemblée nationale Thomas Joindot, responsable de l'ingénierie de conception et de maintenance de l'infrastructure chez SNCF réseau. Mais "on a encore beaucoup d'incertitudes sur les coûts, sur l'efficacité, sur l'impact environnemental et sur les délais", avait-il ajouté.

Désherber les voies ferrées et leurs abords s'avère indispensable, selon la SNCF : la végétation pourrait retenir l'eau et déformer la plateforme (et donc les rails). Les touffes d'herbe pourraient en outre gêner les rayons laser vérifiant l'écartement des voies ou perturber les tournées d'inspection des cheminots. Quant aux pistes longeant les voies, elles doivent impérativement être dégagées pour que les agents puissent se déplacer rapidement et évacuer les voyageurs en cas de problèmes.

SNCF Réseau dépense 30 millions d'euros par an pour traiter les voies et les pistes. Après l'interdiction du glyphosate, la facture pourrait, selon ses calculs, atteindre 500 millions avec les moyens actuellement à disposition, peut-être 350 millions "avec des standards dégradés".

Le président de la Société Nationale des Chemins de Fer a, par la même occasion, annoncé sa volonté de commander "une quinzaine" de trains régionaux à hydrogène au constructeur ferroviaire Alstom, permettant de lancer la filière en France. "Ca sera une première en France", a-t-il relevé, ajoutant qu'il espérait voir circuler ces trains dans "deux ans, à peu près" - ce qui correspondrait à l'objectif gouvernemental de faire rouler des prototypes avant la fin du quinquennat. Un avantage de l'hydrogène, c'est que "tout au long du trajet, le train n'émet aucun polluant", puisqu'il ne rejette que de l'eau, a rappelé M. Pepy.

Si son utilisation est vertueuse, la source de l'hydrogène peut poser problème : actuellement, 95 % de l'hydrogène consommé en France est issu d'énergies fossiles. Une autre méthode par électrolyse de l'eau existe, mais elle est encore chère et peu répandue. Une usine de production d'hydrogène à partir de biomasse - bois - va sortir de terre à Strasbourg en 2021. Elle permettra l'alimentation en carburant du réseau de bus de la ville. 

Avec AFP

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