chronique

Soyons la « génération future » pour un avenir durable

Vers une prise de conscience des enjeux de demain ?
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La question centrale est sans aucun doute celle de savoir si les générations futures pourront exercer leurs droits.  Le droit à un environnement sain ne devrait pas avoir à se négocier, il en va de l’avenir des futures générations.

Comment vivront-elles ? quels sont les défis auxquels ces futures générations doivent s’attendre ? A quelles adversités devront-elles faire face ? Voilà autant de questions auxquelles nous sommes aujourd’hui dans l’incapacité de répondre car aucune solution crédible, juridique ou matérielle, n’existe pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique de notre planète.

Comprendre les enjeux et se responsabiliser permettraient de tenter de trouver une solution afin de préserver de meilleures conditions de vie pour les générations futures. Aujourd’hui, nous ne faisons que payer les dégâts causés par les générations précédentes, moins soucieuses et moins au fait des sujets d’environnement et de préservation de notre écosystème.

Vers un cadre juridique tourné vers les générations futures ?

Ce n’est pas pour autant que nous utilisons à l’heure actuelle des moyens permettant d’inverser la tendance. Les ressources disponibles sont aujourd’hui utilisées de façon disproportionnée, ce qui laisse une charge d’autant plus lourde peser sur nos enfants. La solution, à l’air de prime abord simple : tenter de préserver la planète dans l’état dans lequel les générations précédentes l’ont laissé. Voilà une solution peu ambitieuse, ne visant aucunement à relever la barre, mais ayant le mérite d’éviter un constat encore plus accablant que celui d’aujourd’hui pour les générations à venir.

La nécessité d’avoir un cadre juridique adapté pour les futures générations est primordial à double titre :

  • Il permettrait d’avoir un cadre juridique propice au bon respect de notre écosystème pour les années à venir ;
  • Il permettrait de fixer des règles « de bonnes conduites » à suivre pour encourager les citoyens à modifier leurs habitudes en des comportements plus « durable ».

Par exemple, la responsabilisation des entreprises passe par la considération des problématiques RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) qui permettrait la prise en compte à l’échelle de l’entreprise de tous les aspects extra financiers liées à son activité, et dans lesquelles le développement durable et la protection de la planète ont largement leur place. C’est une ligne de conduite que se fixe et que doit respecter l’entreprise.

La démultiplication de COP et plus largement de rencontres internationales afin de trouver des solutions crédibles de préservation de notre climat démontrent cette volonté globale de trouver une solution pour répondre au problème, mais encore faut-il que les décisions prises soient suivies d’effets. Les réunions internationales, ont le mérite de poser un cadre juridique intéressant pour les futures générations, permettant de savoir notamment quelle voie prendre pour améliorer nos politiques publiques de protection de l’environnement.

Et si la génération future c’était nous ?

Cela fait désormais plusieurs décennies que nous tentons de repousser le problème de générations en générations, sans qu’aucun effort notable soit constaté. Bien qu’au niveau des Etats ou des organisations supranationales, des accords ont été pris ; bien qu’une prise de conscience collective soit en train d’émerger ; bien que des mesures dissuasives voir même répressives soient mises en œuvre, il est l’heure de sonner un nécessaire sursaut collectif pour changer la donne.

Nous sommes donc la génération qui subira l’aggravation potentielle de la situation si nous ne faisons rien

La jeunesse a besoin de ce sursaut, pour espérer prospérer. Le modèle de société change, les outils de communication évoluent, le quotidien des personnes est bouleversé, notamment par l’arrivée des nouvelles technologies et du numérique. Tout cela a un prix, et qui se répercute directement et en premier lieu sur notre environnement. Nous sommes donc la génération qui subira l’aggravation potentielle de la situation si nous ne faisons rien.

Un mouvement global doit émerger. Soyons donc précurseurs, en ce que la « génération future » soit la nôtre, celle du XXIème siècle. L’incitation à agir coûtera de toute manière chère ; cela impliquera des sacrifices, et il faut donc en appeler à la responsabilisation de chacun des acteurs. Mais ce qui est certain c’est que plus on agit vite, moins le coût sera important. Si nous continuons à laisser les choses se dérouler ainsi, le changement climatique sera la plus grande faillite de l’économie de marché que le monde n’ait jamais connue.

Le développement durable doit se baser plus que jamais sur le vivre ensemble, en encourageant la solidarité et le respect de l’environnement. Nous sommes la « génération future », alors agissons.

Me Arnaud TOUATI

Avocat Associé - Barreau de Paris et Luxembourg

et Sacha Gaillard

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