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Six militants écologistes condamnés pour avoir décroché le portrait d’Emmanuel Macron

© LOIC VENANCE / AFP

La campagne de désobéissance civile #décrochonsmacron est née en février dernier et vise à dénoncer l’inaction climatique du gouvernement. Ces actions ne sont pas restées sans réponse : le tribunal de Bourg-en-Bresse a condamné certains militants à des amendes allant jusqu’à 500 euros. 

Cette campagne a été lancée le 21 février dernier, par le mouvement citoyen ANV-COP21 (Action Non-Violente). Depuis, des militants se sont régulièrement rendus dans des mairies pour décrocher les portraits officiels du président. Ces actions symboliques non-violentes ont pour objectif de dénoncer l’inaction climatique du gouvernement, comme nous l'expliquait Félix, après la première action. 

L’objectif affiché de la campagne est de parvenir à décrocher 125 portraits d’ici le sommet du G7 – qui se déroulera à Biarritz du 24 au 26 août. Pourquoi 125 ? 125 jours… C’est le temps qu’il a suffi à la France pour dépasser son empreinte écologique cette année. Depuis le 5 mai dernier, nous avons consommé toutes les ressources naturelles que la planète peut renouveler en une année. "Cet enjeu est trop grand pour que nous cédions face à la répression : nous appelons à réquisitionner 125 portraits d’ici au G7 qui se tiendra à Biarritz en août pour que cet événement international soit l’occasion de dévoiler aux yeux du monde entier le double discours tenu par le président Macron en matière de climat", explique Rémi Donaint d’ANV-COP21 (repris dans le communiqué). 

Résultat des courses ?

Au total, 61 portraits ont déjà été réquisitionnés. La réponse des autorités ne s’est pas faite attendre : 99 personnes ont été auditionnées - dont 61 placées en garde à vue -, 50 domiciles ont été perquisitionnés et 10 procès sont prévus – pour un total de 36 prévenus. 

Les procès :

  • Bourg-en-Bresse : 28/05
  • Strasbourg : 26/06
  • Bonneville : 27/06
  • Lyon : 02/09
  • Paris : 11/09
  • Orléans : 13/09
  • Mulhouse : 09/10
  • Grenoble : 04/11
  • Saint-Etienne : 17/12
  • Lyon : 12/02/20

Le tout premier procès se déroulait à Bourg-en-Bresse : le tribunal a condamné cinq militants d’ANV-COP21 de Villefranche-sur-Saône à une amende de 500 euros avec sursis, et 250 euros fermes pour le sixième - pour vol en réunion avec ruse. Ils avaient participé à une action de décrochage de portrait le 3 mars 2019 à la mairie de Jassans-Riottier. Le procureur requérait, lui, des peines sans sursis de 2000 euros d’amende. 

Nous regrettons que le tribunal n’ait pas reconnu l’état de nécessité dans lequel nous nous trouvons en prononçant la relaxe. Ces amendes […] sont disproportionnées avec les 8,70 euros que coûte le portrait. Cette décision n’est pas à la hauteur des enjeux actuels, elle ne fait que renforcer notre détermination à agir, toujours de manière non-violente et déterminée. Anne-Sophie Trujillo Gauchez, une des militantes condamnées.

De son côté, le gouvernement condamne fermement ces actions, à l’image du ministre de la transition écologique François de Rugy :