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Félix, qui a décroché le portrait de Macron en mairie : "Ce vide symbolise la politique contre l’urgence climatique"

Félix, accompagné d'une autre activiste, a décroché le portrait de Macron dans la mairie du 5e arrondissement de Paris.
©Clément Tissot Photographe - Paris

Félix, 22 ans, est un activiste membre du collectif Action Climat Paris, qui fait partie du mouvement ANV-COP21. Le 21 février au matin, avec une dizaine d'autres membres du collectif, il s'est rendu dans la mairie du 5e arrondissement de Paris pour y décrocher le portrait d'Emmanuel Macron. Des actions similaires ont eu lieu simultanément à Lyon et à Biarritz. 

À la veille d'une nouvelle journée de mobilisation pour le climat, le collectif Action Climat Paris a tenu à mener cet acte de désobéissance civile. Pourquoi une telle initiative ? ID a posé la question à Félix.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consistait l’action que vous avez menée ce matin ? 

Je suis entré dans la mairie du 5earrondissement de Paris avec une dizaine d’autres activistes du groupe Action Climat Paris. Cela a été très rapide. Nous nous sommes rendus dans la salle des fêtes, nous avons déployé nos banderoles et nous avons mis en scène le décrochage du portrait de Macron. Puis nous sommes ressortis pour prendre une photo devant la mairie. Le portrait est actuellement en lieu sûr. 

Macron avait dit de venir le chercher : voilà, nous sommes allés le chercher pour l’amener là où il n’est pas, c’est-à-dire dans la rue.

Que cherchiez-vous à montrer ? 

Nous voulions mettre en avant le vide laissé par le portrait une fois que nous l’avions retiré. Selon nous ce vide symbolise la politique gouvernementale pour lutter contre l’urgence climatique. Macron avait dit de venir le chercher : voilà, nous sommes allés le chercher pour l’amener là où il n’est pas, c’est-à-dire dans la rue. C’est là, dans la rue, que commence à se mettre en place une réelle politique environnementale, il me semble. 

Quatre activistes d'Action Climat Paris posent devant la mairie avec le portrait de Macron.
©Clément Tissot Photographe - Paris

Pourquoi choisir ce mode d’action pour faire passer votre message ?

Le collectif Action Climat Paris, dont je fais partie, met essentiellement en place des actions de désobéissance civile non violente. Nous nous interposons pour dénoncer l’inaction des gouvernements, ou bien pour souligner la politique de certaines entreprises, nocives pour l’environnement. Nous étions par exemple allés faire du nettoyage à la Société Générale, une banque qui investit massivement dans les énergies fossiles. Nous avons nettoyé plus d'une centaine d'agences à Paris ! Notre but est de mener des actions symboliques. Dans ce cas précis nous avons - littéralement - nettoyé la saleté de leurs investissements pour exiger l'arrêt de leurs financements soutenant le gaz de schiste.

Avez-vous peur qu’il y ait des représailles ?

Nous sommes conscients des risques, mais notre action est légitime. Nous sommes non-violents, nous sommes non-masqués, nous assumons nos actes et nous sommes prêts à accepter de possibles représailles, bien qu’elles soient illégitimes selon nous. Nous sommes prêts à contrevenir à la loi si nous considérons qu’il y a une injustice : l’urgence climatique prend le dessus sur le respect de la loi. 

Le gouvernement est dans la communication : il fait des discours mais agit peu. 

Que pensez-vous de la réaction de François de Rugy à l’Affaire du siècle ?

C’est la réaction à laquelle nous nous attendions. La réponse du gouvernement à deux millions de citoyens est "merci beaucoup mais on ne va rien changer!". C'est ça que l'on veut dénoncer. Cela montre le vide de leur politique : on se satisfait de pseudo-résultats en manipulant les chiffres, on arrive à se féliciter de résultats catastrophiques. Nous, nous ne sommes pas satisfaits du tout, c’est bien pour cela que nous avons mené cette action, pour montrer que nous n’allions pas nous laisser berner par ces propos vides. Le gouvernement est dans la communication : il fait des discours mais agit peu.